boulerecit.jpgSans doute faites-vous comme moi lorsque vous arrivez sur une destination pour la première fois : le nez collé au hublot vous aspirez littéralement le paysage qui s’étire sous le ventre de l’avion pour en voir le plus possible. C’est ce que j’ai fait bien sûr en arrivant au-dessus de Sao Paulo, au Brésil. En fin d’après-midi les rayons du soleil étaient rasants et j’ai d’abord pensé à l’approche sur Los Angeles : des kilomètres de maisons survolées, à l’infini, vers le Pacifique, ponctués par les taches bleues des piscines californiennes.

Sao Paulo, c’est différent. Ici je n’ai pas survolé de piscines mais des forêts d’immeubles serrés les uns contre les autres, comme autant de clous sur un matelas de fakir !… Pendant près de dix à douze minutes, alors que l’hôtesse énonce les règles de sécurité d’avant atterrissage, on ne voit que des buildings à perte de vue.

On parle de mégapole, je veux bien le croire…

On pense à un accident d’avion, fréquents à l’atterrissage, qui serait sans nul doute terriblement meurtrier au-dessus de ces boîtes de béton dans lesquelles s’entassent des familles nombreuses.

On pense à toutes ces vies qui, chaque jour, et plusieurs fois par heure, subissent le vrombissement assourdissant de ces oiseaux de métal éparpillant leurs passagers aux quatre coins du Brésil.

On pense à ces millions de personnes qui, jamais, ne monteront dans un seul de ces appareils, parce que c’est trop cher, trop inaccessible.

Et on se surprend à espérer que tous les aéroports du monde soient désormais construits en dehors des grandes villes, à l’écart de ces populations fragiles, et qui n’ont pas le choix.

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