boulerecit.jpgSingapour… Sans doute vous ai-je déjà parlé de son superbe, élégant, propre, fonctionnel, silencieux aéroport (ne serait-ce que pour accentuer le décalage honteux avec Roissy ou Orly). Mais je ne crois pas vous avoir raconté notre escale de quelques heures dans les ruelles de Chinatown en juillet dernier. Suivez-moi…

Les canards pas encore laqués de Singapour

Tous les voyageurs qui se respectent ont un jour entendu parler du Raffles, ce célèbre hôtel construit en 1887, déclaré monument national un siècle plus tard, l’un des plus grands hôtels victoriens au monde édifié par Sir Stamford Raffles himself (avec le concours plus ou moins volontaire de quelques ouvriers…). Ce Britannique qui voyageait en 1819 pour la East India Company décida un beau jour que Singapore, ce petit village de pêcheurs, avait une localisation idéale pour devenir une plaque tournante du commerce vers l’Asie.

L’île de Singapore City est la plus grande des 63 îles et îlots qui constituent l’état de Singapour (vous pensiez que ce n’était qu’une seule île… eh bien non !). Ici les traditions asiatiques se mêlent aux technologies de pointe, intégrant les buildings les plus audacieux à l’architecture traditionnelle. Elle rassemble Chinois, Malais, Indiens et expatriés du monde entier dont une communauté essentiellement anglophone. Une religion prônant la tolérance, la prospérité en croissance permanente et le climat équatorial constant ont fait de cette république indépendante (depuis 1965) l’une des villes les plus prospères du monde.

Les 4,35 millions d’habitants (incluant les résidents permanents et les expatriés) ont l’Asie à portée de main et rejoignent la Thaïlande, la Chine, l’Indonésie, la Malaisie en moins de quatre heures de vol maximum. Mais pourquoi voyager quand toutes ces cultures se mêlent en bas de chez vous ?…

Le quartier de Chinatown s’est édifié à partir de 1821 quand les premières jonques chinoises sont arrivées de la province de Fujian. Et au fil des deux siècles suivants, quatre grands districts se sont dessinés : Kreta Ayer (pour se restaurer et pour le shopping), Telok Ayer (temples et secteur des orateurs), Tanjong Pagar (pour sa vie nocturne et sa maquette en taille réduite des aménagements de la ville), et Bukit Pasoh (le secteur lié aux associations culturelles chinoises).

Lorsque nous avons cherché à nous restaurer après quelques heures de promenade, il n’était pas question d’entrer dans un restaurant et de perdre trop de temps. Une question ou deux à une charmante personne aux cheveux de geai, et nous voici devant le food court de Singapour, un vaste supermarché du fast-food à l’asiatique : des dizaines et des dizaines de petits traiteurs alignés de part et d’autre de deux larges allées dans un grand marché couvert.

Bruyant ? Certes. Mais tellement authentique. Comme partout dans le monde quand on découvre, il faut d’abord observer, écouter, sentir. Se servir de tous ses sens pour appréhender le lieu et les personnes. Ici, pas de doute, nous sommes dans l’un des self-services de l’île, celui où toute la communauté asiatique vient se régaler le midi, pour reprendre un peu d’énergie avant de repartir travailler. Jeunes femmes en tailleur rose, jaune ou vert et escarpins blancs, costumes sombres et chemises blanches, ce sont des employés de bureau ou des ouvriers qui s’attablent ensemble après avoir sélectionné, commandé et réglé leur plateau repas contre quelques petits dollars.

Mais que choisir parmi toutes ces propositions aussi diverses que colorées ? Des devantures éclairées aux néons, des frigos pleins de canettes de sodas aux couleurs vives, des jus de fruits onctueux préparés à la minute, des légumes frits dans un wok grésillant, des odeurs de fritures, de sauce épaisses, de poisson,…

Mais aussi des fruits frais, des soupes de nouilles de toutes les variétés, des curry indiens, des lentilles, des canards laqués, des brochettes de poulet sauce satay à la balinaise, des…

Peut-être devrais-je vous signaler ce que j’ai relevé de plus inhabituel pour une occidentale ?…

Si j’ai choisi des nouilles frites à la mode de Hong-Kong (avec des crevettes fraîches tout juste rissolées), vous auriez pu commander pour m’accompagner une soupe de mouton, ou des huîtres frites. Des boulettes de poisson ou de poulet. Un gâteau de carottes, ou un bol de porridge. Des patates douces en lamelles frites, ou encore des beignets de cacahuètes, de haricots rouges ou de légumes à la noix de coco. A moins que vous ne soyez tentés par une omelette aux huîtres, ou des rouleaux de foie, un cake aux œufs durs, ou… des têtes de poisson !

En guise de dessert j’ai opté pour un grand verre de jus de canne à sucre avec un filet de jus de citron. Mais qu’auriez-vous choisi ?… Un milk-shake banane / framboises, un soda à la rose ou au coco, du thé blanc aux chrysanthèmes, du jus d’aloe vera au miel, du lait de soja, du thé vert au ginseng, un mélange de carotte et de mangue ?…

A noter que la seule « boutique » fermée ce jour-là était celle qui offrait… des plats méditerranéens ! (en français sur la devanture). Et ce n’était pourtant pas un dimanche.

Si vous passez un jour quelques heures à Singapour, ne râtez pas cette escale à Chinatown mais faites aussi un tour du côté de Little India pour déambuler dans ces ruelles habitées par les descendants des premiers Indiens introduits à Singapour par… Sir Raffles, en 1819.


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