blog de voyages plongée aux Maldives09:20, je monte à bord du dhoni maldivien sur lequel on été chargées les bouteilles de plongée qui sont déjà équipées, vérifiées, prêtes à l’emploi. Je plonge ce matin avec Thomas Wälchli qui dirige le centre de plongée Soleni pour l’hôtel Soneva Fushi et un autre plongeuse, cliente de l’hôtel, de nationalité allemande. Deux plongeuses qui se moquent des conditions météo et qui n’ont qu’une envie, se laisser glisser sous la surface. Le ciel est terne, avec sa couche nuageuse gris plomb. Nous sommes au début de la saison des pluies, mais ma nouvelle amie et moi sommes heureuses de n’être finalement que deux à braver les éléments : à bord, quatre hommes d’équipage, et Thomas, Suisse-Allemand souriant, détendu, désireux de nous montrer le meilleur.

Pendant les trente minutes de trajet nous échangeons tranquillement tous les trois au sujet des plongées aux Maldives, partageant souvenirs de raies mantas (j’en ai vu trente hier) et désirs de dauphins. Comme un remerciement à notre présence, un jeune Maldivien tend le doigt vers l’horizon et nous filons vers la pointe du dhoni : une douzaine de dauphins dansent sur les flots, plongeant, émergeant, s’approchant du bateau, facétieux, gracieux. Cela ne dure qu’une minute, mais une minute enchanteresse.

Quelques instants plus tard Thomas fait stopper le bateau au-dessus d’un site, enfile masque et palmes et saute à l’eau pendant qu’on nous aide à nous équiper. Bonnes élèves, nous sommes fin prêtes lorsqu’il remonte sur le bateau : « la visibilité n’est pas correcte, nous allons sur un autre site de l’autre côté de l’île« . Qu’à cela ne tienne, nous sommes ravies qu’un moniteur prenne la peine de vérifier ce détail d’importance avant de nous mettre à l’eau !

Deux minutes après, l’opération se répète et nous pouvons alors ajuster notre masque qui a été dûment nettoyé, rincé par nos hommes d’équipage, chacune le sien. Saut droit, vérification de surface en quelques secondes, immersion dans le bleu, à quelques dizaines de mètres du site de Kakka Thila, dans l’atoll de Baa. C’est au retour que ma binôme posera la question : « pourquoi ce nom étrange ?« . Thomas une douzaine d’années plus tôt était moniteur sur des bateaux de croisières plongée dans l’atoll, un jour il a exploré ce site qui ne portait pas de nom. Et comme le Chef à bord le lui avait désigné pour en avoir entendu parler sur un autre bateau, Thomas lui a accordé le plaisir de lui donner son nom : en divehi, la langue maldivienne, Chef se dit Kakka. Ainsi fut baptisé le thila du Chef !

Et comme le soulignera ma binôme allemande avec un délicieux sourire : « un nom plutôt mal approprié par rapport à la beauté du site !« … Qui a dit que les Suisses n’ont pas d’humour ?…

Kakka Thila est en réalité un site à explorer plusieurs fois. Dès notre descente dans le bleu, avec une visibilité moyenne mais normale en cette saison de début des pluies, nous approchons le thila, cette mini montagne sous la mer surplombée d’un plateau récifal au-dessus duquel la faune virevolte. Dix mètres, quinze mètres, vingt mètres, et fonce sur nous une raie aigle de belle taille ! Elle remonte des profondeurs à une allure telle que je pense un instant à une torpille prête à nous percuter, mais dix mètres avant l’impact elle prend soudain conscience de notre présence incongrue et vire brutalement sur bâbord avant de disparaître dans le bleu !

Raie aigle aux Maldives sur le site de plongée de Kakka Thila, atoll de Baa

Nous nous regardons tous les trois, désireux de savoir si les autres ont bien vu cette apparition, et avec un sourire nous filons plus bas, jusqu’au pied du thila.

Nous allons en faire le tour à vitesse réduite, prenant le temps de fouiller la roche, les anfractuosités. Ici des bancs de balistes bleus en rang serré, là des lutjans dormant dans le courant léger qui nous fait progresser sans effort, sans palmage. Voulons-nous vérifier le comportement d’une petite murène à museau vert ? Nous nous arrimons d’un doigt à une roche et partageons notre plaisir ensemble. Un poisson-ballon avec ses gros yeux surpris et son sourire naïf ? Des poissons-clowns se dissimulant frileusement au coeur d’anémones à jupe rose thyrien ? Un stop de quelques minutes pour prendre une photo, pour capturer l’instant.

Il ne fait pourtant pas froid : si Thomas est habillé en surfer, ma compagne et moi sommes en combinaison néoprène 3mm dans une eau à 29° en surface, 27° à -30 mètres. Pas de quoi attraper froid ! La semaine dernière alors qu’un ouragan passait au-dessus de Sri Lanka à 50 minutes d’avion des Maldives, la température de l’eau était montée à 32° en surface, 30° au fond. Les coraux de surface ont commencé à blanchir, mais la température est descendue grâce aux pluies intenses. Le blanchiment s’est arrêté.

Nous allons traîner un bon moment entre – 25 et – 30 mètres, fouillant les crevasses habitées par des hordes de poissons de verre, observant requins-nourrices et pastenagues d’une taille à concurrencer « mes » mantas d’hier. Plus loin ce sont des alcyonnaires qui retiennent mon attention, je trouve les nudibranches et j’évite le poisson-scorpion (quel fourbe celui-là ! il a failli m’avoir !). Dans le bleu, à droite, nous croisons carangues, balistes titans, bancs de fusiliers, gros poissons-perroquets. Plus loin c’est une classe de plataxs qui va nous distraire un moment. Comme d’habitude ces placides sont curieux, et au moindre geste de notre part, ils approchent, tournent autour de nous, et nous accompagnent pour un bout de chemin avec leur gentil sourire et leur calme apparent.

Requin nourrice des Maldives, site de plongée de Kakka Thila, atoll de Baa

Sous nos pieds, poissons-anges empereurs, royaux, jaunes à taches,…

Des crevettes stenopus agitent leurs antennes dans une danse qu’elles veulent sans doute offensive, ailleurs c’est un banc de poissons licornes qui nous fera patienter un moment.

Petit à petit nous remontons lentement vers la surface. Avec mes deux plongées successives d’hier, et cette « profonde » de 30 mètres aujourd’hui mon ordinateur affiche un palier indispensable. Une bonne excuse pour traîner un peu sur le récif et jouer avec les poissons-clowns, les demoiselles, les anthias qui offrent un feu d’artifice de couleurs. Ce petit monde pétille, crépite, explose !

C’est pourtant un énorme banc de poissons-cochers qui nous éblouit en fin de plongée. Stationnés là, dans le bleu le long du tombant, ils dansent au gré du courant, projetant leur pyjama rayé de jaune orange et noir en un ballet sans fin sous les yeux impassibles de leurs congénères blasés. Les poissons perroquets croquent le corail à grand bruit et les coris jouent avec des girelles aux lèvres botoxées…

Quand après 55 minutes d’immersion nous crevons la surface, et rions de la pluie qui s’abat sur nos têtes ! Pendant que le dhoni s’approche, nous comparons nos impressions avec force exclamations et ravissements. Une plongée en petit comité, mais une belle plongée. A refaire.

Nudibranche des Maldives, site de plongée de Kakka Thila, atoll de Baa

Sur le bateau nous sommes choyées comme des enfants, on nous aide à remonter à bord, on nous guide vers le siège le plus proche tout en soutenant notre bouteille et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire nous voici réfugiées sous une serviette épaisse à siroter un thé Earl Grey comme je les aime en fin de plongée : corsé, et légèrement sucré. Je n’ai pas froid, et la pluie d’eau douce sur nos visages salés est bienvenue, mais quel confort. Un biscuit à la cannelle et une tranche de pastèque plus tard, et nous voici de retour sur l’île de Soneva Fushi. On me propose une voiturette de golf pour me ramener jusqu’à ma villa dans les arbres mais je préfère marcher un peu sous la pluie, sur ces chemins de sable couronnés par les palmiers, les bananiers, les vacoas géants. Hier j’ai même admiré un banyan qui doit bien avoir une centaine d’années !

Marcher sous la pluie me permet de rassembler mes souvenirs, de faire mon palier de décompression après cette belle plongée. Bien sûr la visibilité n’était pas parfaite mais j’y voyais tout de même à plus de vingt-cinq mètres, ce qui n’est pas si mal ici aux Maldives en début de saison des pluies. Thomas m’a affirmé qu’il propose près de 40 sites de plongée à la ronde, situés entre 5 et 50 minutes depuis le Soneva Fushi. De quoi se faire plaisir pendant quelques années. Pas étonnant que les clients plongeurs reviennent chaque année pour plonger avec le centre de plongée Soleni…

Au fait soleni signifie poisson-fantôme en divehi… ghost-pipefish pour les connaisseurs !

Partir pour les Maldives avec… Qatar Airways
Mes hôtels aux Maldives… hôtel Four Seasons Landaa Giraavaru , hôtel Soneva Fushi , hôtel Soneva Gili
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