boulerecit.jpgToute petite forme aujourd’hui : je n’ai réussi à dormir que quelques heures, et les seuls efforts que j’ai faits ont été de me conduire du lit à la salle de bain, aller et retour…

Par la baie vitrée j’aperçois un lagon et quelques palmiers, je suis à Tahiti, je rêve de prendre un taxi et de partir en exploration mais j’en suis bien incapable (je ne tiens pas debout plus d’un quart d’heure de suite sans avoir les jambes flageolantes) et de toutes façons l’Homme a gardé mon appareil photo parce que la batterie du sien était déchargée…


Depuis plus de vingt-quatre heures je n’ai avalé que deux cuillères d’un rizotto infâme (seul façon d’obtenir du riz sur la carte d’un room service qui s’affiche international) et une tranche de pain. Je m’affaiblis et je me déshydrate, mais la fièvre n’est revenue que deux ou trois heures en début de nuit, puis elle a disparue. A priori je ne pense pas avoir la dengue, je ne serais même pas capable de soulever une petite cuillère. Mais je suis tout de même en piteux état et si c’est seulement une intoxication alimentaire, elle est violente.

Les heures s’écoulent lentement et je somnole parfois, repoussant toutes les deux heures les femmes de ménage qui s’obstinent à vouloir faire la chambre. Je suis un peu les infos sur LCI puis sur CNN, étrange de retrouver la réalité après neuf jours d’immersion aux Marquises où le temps s’arrête.

L’Homme doit venir me chercher à l’hôtel vers 17:00. Le catamaran les a déposés sur Nuku Hiva d’où ils prendront un vol vers Papeete. Puis nous entamerons le trajet le plus stupide qu’il m’ait jamais été donné de faire : rejoindre les Tonga depuis Papeete mais en passant par Los Angeles ! Trente-cinq heures de voyage, dont une escale de quinze heures à L.A. puis une autre escale aux Fidji.

Vous ne savez sans doute pas où se trouve l’archipel des Tonga, laissez-moi vous expliquer : prenez une ligne droite depuis Papeete et étirez-la vers votre gauche, presque au-dessus de la Nouvelle-Zélande, vous voyez ?… Géographiquement c’est comme si vous deviez faire un New York / Los Angeles, en ligne droite. Et bien non, nous allons remonter trois fuseaux horaires vers L.A., puis prendre un autre vol pour redescendre vers les Fidji pour sauter une journée à rebours (la fameuse ligne de démarcation de jour !) puis repartir vers les Tonga à moins de deux heures de vol (et arriver le lendemain, toujours à cause de la ligne de démarcation de vol).

C’est une perte de temps et surtout d’énergie considérable. En creusant le sujet j’avais réussi à raccourcir ce trajet à quinze heures, avec escale de quelques heures obligatoire, mais en ligne droite. Il eut juste fallu commencer le tournage deux ou trois jours plus tôt pour que les dates de vols soient possibles…

Ce soir donc nous décollons à 22:00 pour Los Angeles. Quand on est malade, on est heureux de savoir qu’on a trente-cinq heures de vol stupide devant soi. D’autant qu’il s’avère que je ne suis pas la seule à être malade dans l’équipe finalement.

Je me demande dans quel état nous arriverons tous sur place…

 

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