Afrique du Sud, Marie-Ange Ostré et éléphant d’Afrique © Marie-Ange Ostré

Dès la création de mon blog de voyages en 2004 j’ai inventé le terme « blog-trotteuse« , expression reprise depuis par d’autres blogueurs voyageurs. Pourtant mon besoin de parcourir le monde remonte à bien plus tôt.

Il était une fois une enfant de 13 ans, confite de lectures en tous genres et issue de générations de marins et de capitaines au long cours. Elle ne rêvait que d’une chose, comme toutes les gamines de son âge à l’époque : être hôtesse de l’air… Vocation vite étouffée dans l’œuf par la réponse paternelle sans appel : « il n’est pas question que tu sois un jour la bonne des passagers !« . Une formule lapidaire et restrictive qui a modifié l’ambition mais pas l’envie de voyager.

Des années plus tard, je calcule aujourd’hui les milliers de kilomètres que j’ai parcouru en tous sens sur cette belle planète au cours de l’année 2005 qui s’achève : 113 781 km !

76 831 km en avion + 36 950 km effectués en voiture (j’étais au volant pour les 2/3). Soit au total près de 3 fois la circonférence de la Terre.

Joli score. Il faudrait encore ajouter tous les kilomètres effectués dans les voitures de location sur place, mais aussi les trajets en kayak, en pirogues, en bateaux, en catamaran, en pédalo (12km en une après-midi dans une mangrove en Martinique !), en petit avion de tourisme (au-dessus des Bahamas pour une séance photos), etc…

Que de cartes d’embarquements, de sandwiches insipides dans les aéroports, d’heures d’attente en raison de la neige paralysant Orly (le 3 mars), de grève de bagagistes (le 3 mars aussi !), de bagages non livrés à destination (Guyane, le 6 décembre), de magazines achetés pour tuer le temps en vol, de collations caoutchouteuses servies par certaines compagnies aériennes, etc…

Mais aussi que de souvenirs !…

J’ai pris environ 7 000 photos cette année avec mon Olympus, dont quelques-unes très réussies sur chaque destination. Au moins 3 000 photos sur lesquelles trône l’Homme. Normal, je suis là pour les photos de tournage et il est le point-clé, qui m’en voudrait ?

Certains…

Cette année j’ai eu très froid (au-dessus de la Mer de Glace, en chaussures à crampons) puis très chaud (en Guyane, hygrométrie galopante, vêtements à tordre).

J’ai été malade (sous l’eau en Martinique, trop fatiguée) puis en pleine forme (sur le fleuve Oyapock dans une pirogue Amérindienne, Guyane).

J’ai râlé et pesté (Martinique, à propos de l’Homme) et j’ai aussi beaucoup ri (partout, avec toute l’équipe).

J’ai été nostalgique (en Martinique avec Albert Falco qui me rappelait mon grand-père) puis enthousiaste (Guyane, encore…).

J’ai eu faim d’un repas équilibré (après 2 jours et demi de voyage interminable entre Paris et le Sud du Pantanal, au Brésil) et j’ai fait des repas de gastronome (Paraty au Brésil et un peu partout dans les provinces françaises).

J’ai touché du doigt un nouveau métier (éclairagiste sous-marin aux Bahamas, en Martinique, puis au Brésil) et j’ai confirmé une passion (la photographie, partout !).

J’ai eu peur (le 4×4 qui glisse et dérape avec l’Homme seul au volant sur une saleté de chemin boueux sur les hauteurs des Pyrénées), j’ai été impressionnée par la faune (l’anaconda de 5 mètres que j’ai photographié à moins d’un mètre de sa petite langue fourchue pendant que le vétérinaire me murmurait « reculez…« ). Ou amusée (les singes capucins sautant de branches en branches au-dessus de nos têtes au Brésil).

Je me suis sentie mal à l’aise (trop de bestioles grouillantes dans la forêt équatoriale en Guyane…), j’ai été soulagée (après une plongée difficile en siphon noyé par -45 mètres de profondeur aux Bahamas), je me suis fait très mal (une belle chute sur des roches glissantes en Guyane, mais la caméra est sauve…), j’ai vécu de vrais dépaysements (Mato Grosso au Brésil et Guyane), et j’ai fait de belles rencontres (une famille Séminole aux Bahamas, les Amérindiens en Guyane, et Albert Falco en Martinique).

De nos escales en provinces françaises, je garde un kaléidoscope d’images qui dépendent grandement des paysages mais aussi du climat (beaucoup de déplacements sous la pluie et sous la neige). Je me suis aussi régalée à l’occasion de certains tournages.

Quelques souvenirs au hasard, liés souvent à notre épicurisme : escapade sur l’Aiguille du Midi face au Mont-Blanc, un déjeuner de Pâques gargantuesque dans un moulin du XVIIème siècle dans le Lot, un dîner de rois dans un Logis de France à l’écart de Chamonix, une navigation en Zodiac entre Ouessant et le Finistère sur le légendaire courant Fromveur qui donne l’impression d’être en péril au-dessus d’un tambour de machine à laver, une chambre de rêve à Vézelay, une chambre de charme dans le Cantal, une autre royale à Sarlat, une plongée souterraine dans l’une des sources de la Seine avec l’Homme en guise d’initiateur de choc dans une eau à 10°, un plat de crevettes géantes en sauce à l’anis étoilé à Cayenne, un vent du diable sur une plage de l’Etang de Berre, le marché de Gruissan et ses calmars en sauce, un plateau de fruits de mer dans une auberge du Finistère, les pâtes à l’encre de seiche dans un restaurant familial et savoureux en Italie en compagnie d’un Italien charmant (et de son épouse), les charcuteries et le confit de canard du pays basque, et tant encore…

De nos périples éclair à l’étranger, il reste aussi des images, des sons, des parfums, des saveurs : la vieille ville historique de Paraty au Brésil et sa baie magique, un feu de cheminée aux Bahamas quatre jours avant Noël, une traversée sur le catamaran d’Albert Falco entre Saint-Pierre et le Rocher du Diamant en Martinique, ma première plongée avec Didier Noirot (un autre ancien de la Calypso de Cousteau) qui devait être une plongée de réadaptation mais qui s’est terminée à -44 mètres dès le premier jour, les routes de sable rouge sang du Mato Grosso do Sul avec ses émeus dans le paysage, les cris des oiseaux et des singes au Brésil et en Guyane, ma chute à genoux dans le marigot boueux en forêt amazonienne (je ne me suis jamais relevée aussi vite !), les saudades envoutantes des musiciens du Cap-Vert, le contrôle d’identité sur une route guyanaise par les forces armées françaises fusil au poing, etc…

Il y aurait tant à raconter…

Si c’était à refaire ?… Je retournerais aux Bahamas, mais sur d’autres îles : Eleuthera, Bimini,… Et bien sûr au Brésil ! Et en Guyane, ou dans n’importe quel coin d’Amérique du Sud, à condition d’être accompagnée par un grand mâle en état de défendre une blonde de passage sur un continent bâti pour des hommes.

Le programme pour 2006 ?… Nous ne savons pas encore. Nous partons normalement en Guadeloupe en seconde quinzaine de janvier. Ensuite, c’est le grand inconnu. Mais nous rêvons d’autres territoires à conquérir au gré des émissions de l’Homme, au bon vouloir des chaînes qui tardent à signer la co-production de ses projets. Sur la carte de mes envies : tout cet océan Pacifique de l’Asie jusqu’aux côtes d’Amérique du Sud (Micronésie, Philippines, Célèbes, Papouasie Nouvelle-Guinée, Indonésie, Australie, Nouvelle-Zélande, Fidji, Polynésie…). Toute une zone riche en plongées exceptionnelles, en populations remontant aux origines du monde et en paysages vertigineux, à la faune et à la flore richissimes. Mais aussi l’Amérique du Sud pour ce qui reste à conquérir, et les grands froids des contrées où personne ne va. Plus modestement la Mer Rouge, peut-être pour faire comme tout le monde.

En cette veille de Noël 2005 le calendrier est vierge, rendez-vous au 31 décembre 2006 !

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