Chine, descente sur la Yulong River, province Guangxi © Marie-Ange Ostré

Quand je voyage j’aime découvrir rapidement les incontournables, puis aller là où les autres ne vont pas. Naviguer pour une promenade sur la rivière entre Guilin et Yuanshuo fait partie de ces moments contemplatifs indispensables à votre tour du Guangxi.

Partir en Chine, pour des Français, reste encore une aventure si vous ne passez pas par une agence de voyage et un circuit organisé : obtention du visa avant le départ, 988 pages du Lonely Planet à avaler pour décider de votre périple, un repérage virtuel rendu difficile par les caractères chinois qui diffèrent de notre alphabet et qui compliquent la localisation des villages sur une carte,…

Mais pourtant quel plaisir une fois sur place !

Faire un petit tour au Guangxi en dehors des voyages organisés fait partie des petits bonheurs du voyageur qui aime sa liberté, son libre-arbitre, et l’immersion en territoire inconnu : 9,5 millions de kilomètres carrés à découvrir du désert de Gobi jusqu’à l’Himalaya. Tout ce qui me plaît !

Pour tout dire je prépare ces jours-ci deux voyages pour 2010 et le premier plaisir de ces voyages est l’anticipation. Je ne sais pour vous, mais avant même d’établir un budget et de vérifier les vols possibles pour y accéder, la toute première étape de mon voyage consiste à le préparer sur papier et sur l’écran.

D’abord, une carte Google Earth, la mobile, celle qui tourne, celle qui me permet de voir l’éloignement des lieux et de les comprendre selon la rotondité de la Terre. Celle qui indique aussi les fosses marines non loin des côtes, celle qui montre les lagons, les zones d’eaux peu profondes (détail important pour tout plongeur).

Ensuite les cartes disponibles sur Google Map, plus précises pour localiser une ville ou une région, pour mettre sur papier les étapes et vérifier les accès.

Je rêve, je m’enthousiasme, je m’imprègne de la morphologie de la région, j’ajoute des noms sur ma liste, encore et encore, avant d’être obligée de supprimer des étapes (en pensant « pour la prochaine fois !« ). Et j’y passe des heures !

Si vous préparez un voyage en Chine vous vous rendrez vite compte que les lieux ne s’écrivent pas forcément toujours de la même façon selon les cartes et les guides (et parfois même selon les panneaux indicateurs sur place). Chercher la localisation d’un village relève souvent de la gageure. D’autant plus lorsque l’on entend le nom du village lors d’un reportage télé et qu’il est impossible de savoir comment il s’écrit ! Cela m’est arrivé tandis que je préparais mon itinéraire dans la province du Guangxi.

Malgré le pêcheur aux cormorans qu’il faut payer pour avoir droit à une minute de prises de vues…

Certains noms de provinces évoquent quelques notions d’appartenance à l’Empire du Milieu : prononcez Sichuan (bravo pour le poivre !), Yunnan (merci pour le thé !) ou Tibet (bien sûr…), et vos amis déduiront automatiquement une corrélation avec la Chine.

Mais si vous évoquez le Guangxi, on vous regardera avec des yeux ronds. Et pourtant… 237 000 km2 et 50 millions d’habitants ! Région montagneuse frontalière avec le Vietnam, peuplée de nombreuses minorités ethniques, elle fut longtemps laissée de côté par le gouvernement chinois qui réalisa récemment le potentiel touristique énorme des paysages superbes qui attirent désormais des hordes de cars bondés de touristes chinois. Et finalement peu de touristes occidentaux.

J’avais deux objectifs précis en atterrissant à l’aéroport de Guilin : admirer les pics montagneux qui bordent la rivière Li, et entrer dans les rizières pour rencontrer les minorités ethniques.

Sur un séjour de trois semaines en Chine et puisqu’il fallait choisir, j’ai délaissé la ville de Guilin pour me concentrer sur les paysages de Yangshuo (ou Yuanshuo, ou Yanshuo, choisissez…) afin d’y passer deux jours.

Une arrivée tardive, plus de soixante minutes de route de nuit sans rien voir, et la cacophonie sympathique du centre-ville de Yuanshuo qui vibre la nuit entre restaurants et boutiques-souvenirs pour le plus grand plaisir des touristes chinois qui continuent à se prendre en photo mutuellement.

Ne m’en veuillez pas de faire l’impasse sur l’hôtel chaudement recommandé par l’édition 2008-2009 du Petit Fûté, et dont j’attendais merveilles et dépaysement. Grosse déception, mais repaire de Français (j’en ai vu davantage ici en deux nuits que partout ailleurs en Chine en 3 semaines !). Le seul avantage de cet hôtel – en dehors de son tarif raisonnable – est d’avoir un agent de voyage intégré à l’hôtel et qui connaît parfaitement la région. Qui dit région touristique dit « faites appel à votre tirelire pour payer tout ce qui peut être payé », mais honnêtement cela en vaut la peine et le budget reste très correct pour un porte-feuille français.

Le Petit Fûté reste malgré tout très utile et très informatif sur ce qu’il faut voir et ne pas voir dans le secteur, suivez ses conseils (après avoir lu le Lonely Planet tout de même pour avoir une vision plus élargie).

Au petit matin faites-vous conduire en voiture jusqu’au petit village de Xing Ping : grimpez à bord de l’une des nombreuses barque-pirogues à moteur, faites confiance au monsieur assis derrière vous (même si le moteur de la barque tombe en panne trois fois au cours de la traversée) et laissez-vous aller au plaisir des yeux…

Dans le Palais d’Eté de Beijing deux semaines auparavant j’avais remarqué les estampes peintes sur les plafonds. Elles reproduisaient le paysage que j’allais admirer à mon tour quelques siècles plus tard. Ces paysages vous les connaissez sans doute : vous les avez aperçu sur les éventails ou sur les calendriers offerts par les restaurants chinois en France.

Mais descendre la Li River entre ces pics majestueux qui montent la garde comme autant de soldats défendant la nation, saluer de la main une vieille dame souriante assise au bord de l’eau, ajouter au plaisir d’une jeune mariée en la photographiant de loin tandis qu’elle vous adresse un signe reconnaissant,…

Tous ces petits bonheurs participent à la sérénité d’une promenade de plus d’une heure parmi toutes les nuances de vert jaillissant entre végétation et eau, assourdies par un ciel bas gorgée d’humidité ambiante.

Malgré le nombre des embarcations qui circulent en croisières ou en simples promenades, malgré les interpellations des marchands ambulants qui tendent, telles des incantations, bouteilles de bière et brochettes de poulet,…

Malgré aussi le pêcheur aux cormorans qu’il faut payer sur la berge pour avoir droit à une minute de prises de vues (le même qui figure actuellement sur la pub HSBC diffusée par nos chaînes télé, celui qui deviendra célèbre dans les années à venir)…

Malgré tout cela, et malgré le temps maussade que j’ai eu, vous n’échapperez pas au romantisme du lieu ni à la grandeur de ce paysage qui vous prend en otage.

Plus tard vous quitterez la Li River pour faire le tour d’un village ou deux à vélo. Vous croiserez ces hommes portant encore sur l’épaule la tige de bambou qui soutient les paniers de légumes. Vous prendrez un thé vert avec une toute jeune femme qui vient d’enfanter.

Et demain vous descendrez sur un radeau de bambou la Yulong River, plus étroite, plus sauvage aussi, pour une autre aventure. Vous ne serez pas seuls non plus, des dizaines de petites embarcations de bambou font le bonheur des touristes locaux, dans un paysage grandiose.

Mais aujourd’hui, laissez-vous envahir par la douce majesté qui émane de cette promenade sur l’eau que j’ai filmée pour vous, et que j’ai illustrée musicalement avec un classique chinois interprété par Lei Qing. Je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous pour voir la petite séquence vidéo :

httpvhd://www.youtube.com/watch?v=d5E0uzzqRHQ

 

Descendre la Li River puis la Yulong River entre Guilin et Yuanshuo est une expérience à la fois romantique et contemplative. Une vraie immersion dans cet immense pays qu’est la Chine, avec la diversité de ses régions et de ses populations, une promenade hors du temps pendant votre tour du Guangxi.

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage en Chine ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en novembre 2009 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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