Guyane, forêt amazonienne entre Guyane et Brésil © Marie-Ange Ostré

Je souhaite aujourd’hui partager avec vous la lecture d’un livre important à mes yeux, qui vaut tous les guides de voyages que vous pourrez trouver sur cette zone géographique extraordinaire : la Guyane, et tout particulièrement la région du fleuve Oyapock. Ce livre se fait rare, ne tardez plus à le commander en ligne si vous ne le trouvez plus en librairie : livre Le Mendiant de l’Oyapock, par Jules Crevaux.

Lire avant de partir, pour mieux découvrir et mieux profiter. Chaque voyage doit être prétexte à la lecture ; si certains partent le nez au vent avec pour ambition d’apprendre sur le terrain je fais partie de ceux qui préfèrent savoir un maximum avant, pour apprendre encore davantage une fois sur site. Tout ce que je sais avant de monter en avion je n’aurai pas besoin de l’apprendre sur place, j’ai ainsi le sentiment de gagner du temps pour l’essentiel, pour la vraie vie, pour l’authentique, mais aussi pour l’anecdotique. Ma curiosité est aiguisée, je cherche ce que le touriste ne verra pas, puisqu’il doit d’abord apprendre… les bases. Une autre façon d’appréhender le voyage. Ce n’est peut-être pas la meilleure, mais c’est la mienne.

Avant de partir en Guyane en décembre dernier, j’ai plongé dans le livre Le Mendiant de l’Eldorado, un journal de voyage rédigé de façon presque clinique par Jules Crevaux, médecin de l’armée pour la profession, explorateur pour le destin. En 1876 l’Amazonie reste encore à découvrir et Jules Crevaux fait partie des premiers Français à ratisser le grand bassin, dont la Guyane, pour en dresser la cartographie, noter les espèces de faune et de flore, étudier les tribus et rapporter aux musées européens des tonnes de relevés topographiques, de descriptions, d’échantillons, de plantes, de graines, d’objets artisanaux.

Ce récit a pour moi ceci de magique qu’il décrit avec précision les quelques endroits que nous avons eu l’immense plaisir de découvrir pendant notre séjour en Guyane. Quelques 130 ans après sa remontée du fleuve Oyapock, les descriptions de Crevaux sont toujours aussi précises et vraies, évoquant la végétation, les parfums, les poissons,… tels que nous les avons vus et vécus. Quelques semaines après avoir lu son livre j’avais réellement l’impression de suivre ses traces sur place à peine quelques mois derrière lui tant la Guyane reste immuable dans son paysage puisque le monde végétal reste le plus fort dans cette région face à l’agression des plus industrieux.

Bien sûr il y a ces plaies béantes dans la forêt pour quelques grammes d’or, évidemment on déboise pour faire de la place à une maigre agriculture,… mais si les Amérindiens ne portent plus de plumes, ils ont toujours les mêmes yeux, la même innocence et la même façon d’être. Et la forêt repousse, inlassablement. Les crues et les décrues s’égrènent, au fil des siècles, redessinant les mêmes courbes, les mêmes rives.

On remercierait presque Crevaux d’avoir écrit l’immuable à notre place.

Voici un vrai récit d’exploration à ne pas manquer. Si on regretterait peut-être un soupçon de poésie (il est médecin, rappelons-le), la vie d’un explorateur contemporain de Jules Verne, Darwin et Livingstone est toujours un retour dans le passé à déguster, un chapitre à la fois, avec les cris de l’Amazonie en prime. On en apprécie davantage ensuite en montant dans l’avion les gadgets électroniques qui nous rendent aujourd’hui la vie plus simple ou moins dangereuse sur place…

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