Afrique du Sud, lion blanc © Marie-Ange Ostré

J’ai été invitée à me joindre à un voyage de presse en Afrique du Sud pour une petite semaine, en compagnie de deux journalistes de la grande presse quotidienne. Si notre objectif est le même, notre approche est différente.

Lorsque j’ai demandé au cours de mon séjour en Afrique du Sud, à plusieurs reprises : « combien y a-t-il de réserves animalières en Afrique du Sud ? » ma question a suscité de la surprise et… de l’embarras.

Réponse évasive : « des centaines !« .

Il semble que personne ne sache exactement combien il y a de réserves dans ce pays grand comme 1 fois et demi la France. Il faut d’abord distinguer les parcs nationaux des réserves, puis dissocier les réserves nationales (comme le célèbre Parc Kruger qui s’étend sur 20 000 km² en Afrique du Sud, un parc frontalier avec le Mozambique et le Zimbabwe) des réserves privées.

En Afrique du Sud on appelle ces dernières (en anglais) les « private game reserve« , le mot « game » évoquant les anciennes parties de chasse de l’époque coloniale où la traque était considérée comme un jeu. Pour entrer dans chaque réserve il faut appuyer sur un gros bouton qui actionne l’ouverture d’une grille à commande électrique. Le poste le plus coûteux pour une réserve animalière ?… L’entretien des clôtures, celles qui protègent du braconnage, celles aussi qui préservent les espèces de certains de leurs prédateurs. Indispensables clôtures.

Le but de ces réserves est avant tout de préserver la faune et les espaces, elles sont financées par des fonds privés et souvent par une ouverture au tourisme à petite échelle. Une poignée de ces réserves autorise la chasse ponctuellement, pour contrôler le nombre des animaux. Toutes ont en commun la lutte contre le braconnage féroce, et pour faire face aux technologies récentes utilisées par ces braconniers sans scrupules les réserves cultivent aussi le secret et filtrent les informations diffusées.

En pénétrant dans la réserve d’Inkwenkwezi j’ai le sentiment d’entrer dans l’un des films racontant Tarzan, ce personnage de bande dessinée qui dompte l’Afrique du siècle dernier, avec ses collines boisées, ses bosquets touffus et ses buissons d’épineux. Une route de terre damée sur un domaine vallonné. Un sommet, des toits de tôle à peine révélés par la cime des arbres, et ici et là des autruches qui fuient en se dandinant gauchement, des singes qui volent plus qu’ils ne s’éloignent. Oh ! Un phacochère ! Ah non : deux, quatre ! Toute une famille de ces cousins du sanglier avec une queue caractéristique balayant leur arrière-train. Mais le phacochère a fière allure, il avance en trottinant léger et le groin haut levé.

J’ignorais jusqu’à l’existence de lions blancs !

À la réception je rencontre Roger, le ranger, celui qui m’explique les us et coutumes de la réserve animalière d’Inkwenkwezi. Celui qui m’accompagne ensuite en 4×4 de brousse sur une route rendue glissante par la pluie du jour jusqu’à mon campement : une tente dressée sur pilotis, au milieu des arbres.

Fermeture à glissière, grande chambre avec un vrai lit et une vraie salle de bains ! Il fait nuit, je ne distingue pas grand-chose d’autre à l’extérieur. A l’intérieur la tente dispose de l’électricité, d’un réfrigérateur, de toilettes et de l’eau courante : je profite d’une douche à parois de verre et même d’une baignoire. Un confort simple qui peut être considéré comme luxueux mais je sais par expérience que d’autres réserves (plus coûteuses) proposent encore davantage (question de budget et de préférences).

À 19h30 Roger revient me chercher en 4×4 : le restaurant est situé à 7 minutes mais on ne se déplace pas à pied dans la réserve, surtout pas de nuit !

La pluie a cessé, et le 4×4 glisse dans les ornières boueuses creusées par les allées et venues de la journée. Un trajet un peu rock n’roll mais qui n’a pas l’air d’émouvoir Roger. Il raconte les lions, les léopards, les babouins aussi. Très dangereux les babouins ! Ici en Afrique du Sud on craint les babouins presque davantage que les lions.

Quand j’entre au restaurant je me sens aussitôt dans un autre univers, avec feu de cheminée et fauteuils profonds, confortables. Au menu ? Un buffet de grillades, à volonté. L’occasion de déguster une viande d’exception, goûteuse, de celles que l’on ne trouve pas en France.

La journée a été longue depuis le départ la veille au soir de Paris, et même s’il n’y a qu’une heure de décalage horaire entre la France et l’Afrique du Sud la nuit précédente en avion se fait sentir et Roger nous raccompagne bien vite jusqu’au chemin qui mène à nos tentes respectives. Un visiteur en descendant du 4×4 murmure à peine rassuré : « mais on ne croise pas de bête jusqu’à la tente ?« . Roger sourit, et le rassure.

Non, dans la lumière de ma torche sur le chemin gravillonné qui mène jusqu’à mon refuge de toile je ne croiserai aucun animal. Je n’entends que les stridulations de quelques insectes et les dernières gouttes de pluie qui roulent sur les feuillages.

En me glissant dans mon lit je constate qu’une ombre attentionnée a pris soin pendant mon dîner d’installer une couverture électrique chauffante sur le matelas. Alors je m’endors très vite, bien au chaud, dans une atmosphère Out of Africa, en rêvant aux animaux que je découvrirai demain…

Le lendemain je ferai du quad pendant une bonne heure dans un mélange de bush et de savane sur un sentier tracé pour ce type d’activité (un chemin à bonne distance des animaux que l’on aperçoit au loin sur d’autres collines).

Ensuite un ranger m’emmènera en 4×4 de brousse pour approcher des rhinocéros blancs et je m’approcherai d’une femelle à pied pour écouter les récits de braconnage qui font monter les larmes aux yeux. Je reculerai lentement lorsque la silhouette de pierre prendra de l’audace et que le ranger me murmurera « step back… » (« recules…« ).

À quelques centaines de mètres de là nous suivrons un rhinocéros gris broutant sur le bord de la route. Celui-ci se montrera plus hardi, presque belliqueux : le ranger sera obligé de patienter pendant vingt minutes à une bonne trentaine de mètres jusqu’à ce que le rhino décide seul de sortir de la route. Un rhino peut aisément retourner un 4×4 de brousse s’il se met en colère.

Puis j’entrerai dans un parc à l’intérieur du parc : double clôture de barbelés, avec un sas entre les deux, contenant un coffre-fort en pleine nature. De quoi y ranger à l’abri un revolver que le ranger remettra à sa place après notre visite aux lions BLANCS.

J’ignorais jusqu’à l’existence de lions blancs !

Une portée de lionceaux qui jouent avec les reliefs encore sanguinolents d’une chasse récente, quelques mâles à la crinière majestueuse, des femelles arrogantes au regard dissuasif. Je ne savais pas que le regard d’une lionne pouvait être aussi expressif, qu’elle tenterait de percer les secrets de mon âme. Ou essayait-elle de me transmettre un message ?… Quoiqu’il en soit, respect.

Les jours suivants, dans une autre réserve au centre du pays, j’admirerai des éléphants à l’état sauvage, puis des guépards en couple.

Je suis envoûtée par la magie de l’Afrique, l’unique.

Envie d’en apprendre davantage sur mes voyages en Afrique du Sud ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en décembre 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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