Soyons honnête je ne serais pas venue aux Bermudes si une mission professionnelle ne m’y avait envoyée. Les Bermudes ne figurent pas sur la route des voyageurs européens : voici un territoire d’outre-mer dépendant du Commonwealth (donc européen) mais pourtant rattaché à l’Amérique du fait de sa géolocalisation à 2h de vol depuis New York ou Boston, du fait aussi de l’histoire de ces 183 îles coralliennes offrant des bases militaires idéales aux Américains pendant la seconde guerre mondiale. Les Bermudes sont ainsi devenues une terre de prédilection pour de courts séjours ensoleillés sur les fameuses plages roses qui font la renommée de l’archipel.

J’ai eu l’occasion de naviguer entre quelques îles aux Bermudes afin de plonger sur les épaves (il reste tout de même peu de traces des galions de bois espagnols, les plus belles épaves sont relativement récentes). Néanmoins même si vous ne plongez pas, vous pourrez en bateau admirer les côtes qui offrent de jolis panoramas sur des plages abritées, sur des falaises rocheuses, et sur de superbes propriétés privées. Les lagons de faible profondeur permettent d’admirer facilement (sans y toucher) des raies pastenagues et des tortues marines. 

Huit des plus grandes îles de cet archipel sont reliées par des ponts, la plupart des autres îles sont inhabitées et sont des destinations parfaites pour des pique-niques sur des plages désertes même si ici la notion de propriété privée est largement appliquée. L’île principale, Grand Bermuda, abrite la petite capitale des Bermudes (Hamilton) et quelques bourgs situés le long des côtes. Les plus prisés d’entre eux ont attiré de grands hôtels le long de plages superbes, ainsi que des parcours de golf parfaitement entretenus. Oserais-je jusqu’à insinuer que les Bermudes sont une destination pour troisième âge ? Peut-être bien. La sécurité est partout, l’environnement parfaitement propre, le climat doux (de 21 à 30°C toute l’année),… Un petit côté propret qui manque à mon besoin d’exotisme. Faut-il pour autant bouder les Bermudes ? Certes non !

Vous pourrez faire le tour de l’île de Grand Bermuda en une toute petite journée tout en vous arrêtant sur les plages et en deux ou trois endroits spécifiques tels le phare, le fort Saint-Catherine (bâti en 1614) la zone touristique du Royal Navy Dockyard abritant un musée de la marine, quelques boutiques d’artisanat et autres restaurants. Ici on ne parle pas de district ou de bourg mais de paroisse. Vous traverserez ainsi les paroisses de Saint-Georges, de Saint-Catherine, de… en observant à loisir cette architecture de maisons basses coiffées de toits élaborées pour recueillir les eaux de pluies grâce un revêtement blanc unique aux Bermudes. Les maisons les plus luxueuses sont en général bâties à l’abri des regards (visibles depuis la mer) et arborent une architecture qui rappelle la colonisation.

Les deux activités touristiques phares des Bermudes sont inévitablement la plongée sous-marine et le golf. L’archipel fut l’objet de convoitise au fil des siècles par les Espagnols, puis les Britanniques, une colonisation rendue risquée par les récifs qui protègent naturellement les îles et sur lesquels les bateaux venaient s’échouer. Aujourd’hui on plonge sur les diverses épaves qui peuplent les fonds à différentes profondeurs mais souvent dans la limite des -25m (donc accessibles facilement). Le climat tempéré et ensoleillé de l’île a favorisé le développement de golfs à perte de vue en faisant de parfaits point de vue sur des îlots pour privilégiés. Des championnats internationaux y sont régulièrement organisés, avis aux amateurs.

L’autre attraction naturelle incontestable aux Bermudes ce sont les plages de sable rose. Si la plus évidente serait « Pink Beach » je vous recommande pourtant de faire une halte sur celle de Horseshoe Bay Beach (paroisse de Southampton). Demandez à être déposé(e) à l’entrée Est de la plage pour admirer les roches noires rongées par l’érosion et plantées dans le sable du lagon. Vous prendrez là quelques jolies photos de cette longue bande de sable rosé qui se termine en croissant face au lagon de jade, même si – il en fut ainsi pour moi ce jour-là – le soleil n’est pas de la partie et si le vent joue à cache-cache avec un fond de ciel orageux. 

C’était la toute première fois que je foulais du sable rose et j’étais donc impatiente de découvrir ce phénomène. Un biologiste local m’a confirmé que cette teinte rosée est issue de la dessiccation d’un minuscule crustacé (Foraminifera) ajouté à des débris de coraux et à du sable plus classique (calcium de carbone). Or il est vrai que si j’ai arpenté depuis de nombreuses plages de sable rose (notamment aux Bahamas et en Indonésie) le sable des Bermudes est véritablement unique, comme vous pourrez le constater sur la photo que j’ai prise ce jour-là sur laquelle on perçoit nettement ces débris roses. Si la couleur rose sur les photos que vous voyez sur Internet est très souvent saturée à l’excès par des photographes peu scrupuleux notez que ma photo ci-contre n’a pas été retravaillée sous Photoshop. Que le sable des Bermudes soit humide ou non, la couleur rose est belle et bien présente, contrairement au sable beaucoup plus fin des Bahamas par exemple pour lequel la teinte rosée est plus évidente lorsque le soleil commence à redescendre vers l’horizon (à partir de 16h) ou quand ce sable est humide juste après le retrait de l’écume. Le rosé nacré des plages des Bahamas est du surtout à la présence des débris infimes de nacre rose soutenu des conques, de gros coquillages que l’on trouve en abondance dans ses lagons (et dont le mollusque fait l’objet d’une salade d’une savoureuse fraîcheur !). 

Si vous n’avez pas le temps de descendre jusqu’à Horseshoe Bay faites un tour sur Elbow Beach à moins d’un kilomètre de Hamilton. Plus petite, moins spectaculaire, mais avec du sable rose également. 

Je n’ai pas gardé un souvenir inoubliable de mon séjour aux Bermudes (j’ai une nette préférence pour l’aspect moins policé des Bahamas par exemple pour comparer avec des îles caribéennes auxquelles les Bermudes sont souvent associées du fait de leur faune marine et de leur climat). Cependant je reconnais bien volontiers qu’il s’agit d’une destination fort agréable pour des voyageurs amateurs de golf et de plongée facile, avec un budget qui ne serait pas celui d’un backpacker. L’occasion aussi de déguster d’excellents homards dans les restaurants de Hamilton !

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage aux Bermudes ? Voici quelques pistes à explorer :

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