En ce qui concerne l’aspect gastronomique la Malaisie s’adapte à tous les budgets, des plus royaux au plus modestes. J’ai goûté à chaque catégorie avec la même gourmandise, avec la même objectivité et dans la même recherche : celle du goût, de l’originalité, de la qualité avant tout. Je ne me prends pas pour une critique culinaire de métier, non, mais j’ai acquis une certaine expérience au fil de ces dernières années pour repérer rapidement sur les cinq continents les bons produits, les épices inédites, le savoir-faire et la volonté de bien recevoir. Faisons le tour de mes préférences et coups de coeur en Malaisie.

Tout d’abord il faut relever l’abondance extraordinaire des produits disponibles et à la merci des cuisinières de toutes confessions, de toutes origines. En Asie vous le savez déjà les marchés regorgent de fruits et légumes, mais se limiter à cette liste déjà longue serait oublier la diversité des produits de la mer et des épices. J’ai eu l’occasion de visiter plusieurs marchés au cours de mon voyage en Malaisie, des grands et des petits, à Kuala Lumpur, à Langkawi et au Sarawak (Bornéo) : c’est une fête des sens ! Les yeux, les papilles, l’odorat, l’ouïe et le toucher, tout est sollicité sur n’importe quel marché malaisien.

Les occasions de vous régaler sont nombreuses, il suffit d’être observateur. A Kuala Lumpur dans le vieux quartier chinois j’ai traqué les mamies qui cuisinent sous des bâches les abritant du soleil pour goûter aux tranches d’aubergines frites ou à des mets dont je n’ai pas pu me faire expliquer la composition. A Kuala Lumpur toujours j’ai passé une bonne heure chez un seul marchand de légumes et autres curiosités gourmandes au Wet Market, en essayant de lui extorquer des secrets de conservation et de préparation de ces aliments ultra-frais.

A Kuching, la plus grande ville du Sarawak (Bornéo), j’ai passé une soirée entière à me promener au marché nocturne (Night Market, ne le manquez surtout pas) : on y accueille le touriste avec le sourire, et les Malaisiens ont à coeur de vous faire goûter à tout ce qu’ils vendent. N’hésitez pas à louer les services d’un guide local si vous souhaitez en apprendre davantage et profiter au maximum de cette visite sinon vous passerez à côté du nom de ces produits vus nulle part ailleurs et vous ne pourrez pas demander comment on les prépare (ou comment on les mange), ce serait dommage. La visite du marché nocturne de Kuching reste l’un des meilleurs moments de mon voyage en Malaisie !

Il y a eu aussi ce petit marché local dans une bourgade improbable sur la route de la jungle au Sarawak : j’y ai aperçu du serpent (illégal à la consommation en Malaisie), des poissons non-identifiés, des boissons aux couleurs flashy, les fameux layers-cake que l’on retrouve partout en Malaisie (gâteau constitué de plusieurs lamelles très fines de pâte colorées de différentes teintes), et puis tout un tas de mets frits à la minute, de crêpes fourrées de pommes de terre écrasées au curry, etc… Je n’ai pas pu résister à l’envie de goûter différents produits sans attendre l’heure du déjeuner.

Vous promener en Malaisie équivaut à tirer une conclusion (pas forcément hâtive) : les Malaisiens mangent sans cesse, mais je ne les en blâmerais pas tant la tentation est grande chaque jour. Quand vous aurez craqué sur la cuisine indienne, sur la cuisine malaise, sur les spécialités chinoises revisitées, toutes goûtées dans des restaurants avec pignon sur rue, vous ferez preuve d’un peu d’audace et ferez comme tout le monde dans ce beau pays : essayer la cuisine de rue, celle qui coûte trois sous, nourrit le voyageur à satiété, en compagnie des Malaisiens qui vous regarderont (discrètement) rougir sous le feu d’un piment accentué ou fondre de plaisir avec une boisson locale sucrée préparée à base de vermicelles ou billes de pâte de riz.

A Kuala Lumpur vous testerez les rondelles d’aubergines frites, les gâteaux de toutes sortes, les petits chaussons fourrés de viande, les fines crêpes au sucre et noix de coco, les brochettes de poulet, les…

Oui, vous ferez régime en rentrant !

Chaque fois que je pars je m’arrange toujours pour rencontrer un Chef dans un restaurant ou entrer chez l’habitant pour repartir avec quelques recettes ou astuces de cuisine, pour vous. A Kuala Lumpur j’ai eu la chance de suivre un vrai cours de cuisine, une leçon de cuisine malaise chez l’habitant. Nora Borhan intervient chez des V.I.P. depuis quelques années en cuisinant d’abord chez elle avant de mettre la dernière main à des dîners fins qui font sa réputation, et elle enseigne depuis peu à des jeunes de 17 à 25 ans pour transmettre son savoir.

J’ai suivie cette femme élégante chez elle pour apprendre (et filmer) quelques recettes simples à réaliser : un curry de crevettes, du poulet grillé aux épices, des salades composées, des sauces piquantes avec ou sans arachides, du poisson grillé, et des tranches de yam accompagnant le sagou en dessert ! 

Justement, mon dessert favori en Malaisie ? Le sagou ! Nora l’a préparé pour moi, afin que je puisse aussi vous en montrer une photo : servi froid en coupe, avec un demi centimètre de lait de coco et un filet de sucre de palme… Le sagou est une fécule alimentaire extraite du sagoutier, il serait encore l’aliment de base des Papous en Papouasie Nouvelle-Guinée et de deux ethnies du Sarawak en Malaisie : les Punans et les Mentawais. Dans l’assiette le sagou ressemble fortement en texture et par son mode de cuisson au tapioca, plus connu sous nos latitudes, et c’est tout aussi bon. 

Si vous partez bientôt en Malaisie, ou si vous souhaitez le faire, n’hésitez pas à contacter Nora Borhan à travers l’office de tourisme pour profiter de son savoir-faire. Elle est passionnée par la cuisine de son pays et partage avec la même fougue ses secrets et son savoir-faire.

Avec ma règle du « tout essayer » j’ai testé des restaurants de luxe et d’autres bien plus modestes. Ma conclusion est qu’à partir de 5 Euros vous pouvez faire un festin n’importe où dans ce beau pays. Ensuite le prix augmente en fonction du cadre, du confort et bien sûr du nombre de plats. Reste à déterminer vos préférences : cuisine malaise, cuisine chinoise, cuisine indienne ? Toutes ces influences sont au menu de la cuisine et de la gastronomie en Malaisie et pour rassurer les plus frileux d’entre vous je vous garantis qu’il suffit de préciser « non spicy » (non pimenté) pour goûter à des plats parfaitement acceptables par nos papilles d’Européens même si la majorité de la cuisine malaise ne comporte pas ou très peu de piment, inutile d’avoir peur.

Savez-vous quelles sont les épices nommées « Five Special » en Malaisie ?… Cardamome, girofle, cannelle, anis, poivre noir. A broyer finement dans un mortier avant d’ajouter à vos plats et salades pour en relever la saveur !

En Malaisie le problème n’est pas tant de savoir si vous allez aimer, mais plutôt de savoir si vous allez pouvoir résister très longtemps ! Car les tentations sont partout.

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