Ecosse, Glasgow City Chambers © Marie-Ange Ostré

Lorsque l’on dispose de peu de temps et que la destination semble trop riche il faut savoir aller à l’essentiel en faisant des choix. En Écosse, visiter Glasgow en 3 jours est l’un de ces défis à relever.

C’est ainsi que j’ai décidé d’avoir recours à un jeune guide local pour visiter Glasgow, et ne rien manquer d’important. Colin m’a abreuvée d’informations, d’anecdotes, de détails, tout en abordant l’actualité. Il m’a beaucoup appris en une poignée d’heures. Par exemple :

– saviez-vous que l’Écosse bat sa propre monnaie ? Des billets notamment qui doivent être acceptés partout au Royaume-Uni même si dans les faits peu d’établissements et commerces en dehors de l’Écosse accepteront votre paiement en billets écossais.

– saviez-vous que le Royaume-Uni devra voter en 2014 pour ou contre l’indépendance de l’Écosse ?… Un débat qui anime aujourd’hui tout le royaume, et pour lequel il semble y avoir – à ce jour – plus de partisans que d’opposants. L’Écosse pourrait être parfaitement autonome économiquement : elle possède d’énormes ressources de pétrole en mer du Nord, jouit d’une grande activité économique liée à la pêche, au whisky et au tourisme (dans le désordre). L’Écosse compte 800 îles (dont les Orcades, les Shetlands et les Hébrides), 2 parcs nationaux, 500 golfs (!) et la célèbre Rider Cup (golf). En 2014 se tiendront également en Écosse les Jeux du Commonwealth (l’occasion de célébrer en même temps les 700 ans d’une grande bataille entre Écosse et Grande-Bretagne, dernière fois où l’Écosse a obtenu son indépendance avant de retrouver le giron de ce qui devînt le Royaume-Uni).

– Mac est un terme gaélique signifiant « fils de », il s’écrit avec ou sans A. Les noms les plus répandus en Écosse : McLeod, McDonald, Wallace, Campbell,…

L’école des Beaux-Arts de Glasgow existe depuis 1845, elle comptait déjà 1000 étudiants en 1890…

Recommandations pour visiter Glasgow en 3 jours :

Certains diront qu’il est possible de visiter Glasgow en 24 heures, c’est sans doute vrai à condition de n’effleurer que l’essentiel. D’autres y passeront trois jours, pour entrer à l’intérieur de la cathédrale, du City Chambers, de la gare Central Station, et autres monuments architecturaux. C’est ce que j’ai fait.

On peut arpenter à pied en trois ou quatre heures seulement différents quartiers proches les uns des autres pour saisir l’histoire du lieu liée à son développement industriel, politique puis culturel.

Errez dans le secteur de Merchant City par exemple pour dénicher la petite boutique d’antiquités ou constater la réhabilitation qui a été entreprise pour conserver d’anciens entrepôts de sucre et de tabac (non loin de la rivière Clyde) et les transformer en lieux publics, en restaurants, en salles de concert. Glasgow n’a pas cherché à effacer les traces de son passé industriel, elle en a tiré parti pour accentuer son développement culturel.

Dans la ville vous ne cesserez de lever le nez, pour admirer les bâtiments et ornements. A proximité de Merchant City entrez à l’intérieur du City Chambers sur la place George Square. C’est un bâtiment imposant datant de 1888, l’équivalent de notre hôtel de ville à Paris. Suivez la visite guidée si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’histoire du bâtiment et de ses occupants à travers les divers événements qui ont émaillé l’évolution de la ville au siècle dernier, ou entrez simplement à l’intérieur avec votre guide assermenté pour admirer (sans monter) les majestueux escaliers en granit poli écossais et marbre de Carrare, et les plafonds ornés de mosaïques (plus de 1,5 million de pièces sur les voutes et plafonds).

Sur la place de George Square vous trouverez aussi l’une des rares statues représentant la reine Victoria jeune.

Les armoiries de la ville de Glasgow ont été reproduites sur le sol à l’entrée du bâtiment : la légende remonte à 1270, quand un amant sauva la vie de sa maîtresse mariée à un noble. Une jolie histoire d’oiseau qui ne sait pas voler, d’arbre qui ne grandit pas, de cloche qui ne sonne point, et de poisson qui ne sait pas nager. Vous retrouverez ces quatre symboles ainsi que la représentation d’un anneau nuptial un peu partout dans la ville.

Au cours de votre promenade vous reviendrez vers Central Station, la gare ferroviaire principale de Glasgow : Glasgow est la plus grande ville d’Ecosse, située à 50mn en train depuis Edimburgh et à 5h de Londres. On rejoint la ville d’Aberdeen au Nord pour son port et l’activité du pétrole en mer du Nord. Inverness est une destination plus réputée pour… tenter de voir le monstre du Loch Ness. Entrez à l’intérieur de la gare, et admirez son immense verrière, mais ne prenez aucune photo : interdiction de photographier l’intérieur de la gare (raisons de sécurité m’a assuré un agent peu amène).

Rendez-vous ensuite au GoMa (Gallery of Modern Art) : situé à Royal Exchange Square, à l’intérieur d’un bâtiment dont l’architecture évoque notre église de la Madeleine à Paris, il rassemble des collections d’art moderne et met en scène des séquences d’art visuel (qui plaisent aux enfants).

Glasgow School of Arts (11 Dalhousie Street), ou école des Beaux-Arts de Glasgow : je n’aurais jamais imaginé entrer un jour dans une école des Beaux-Arts dans le cadre d’une visite touristique. Pourtant je vous recommande vivement de prendre le temps de vous y rendre et d’y passer une heure, le temps requis pour une visite guidée (un document de plusieurs pages en français peut vous être prêté sur demande afin de vous permettre de mieux comprendre, n’hésitez pas à demander). C’est un bâtiment qui semble austère vu de l’extérieur, mais fascinant à l’intérieur :

Lilija (prononcez Lilia), charmante et jeune lithuanienne étudiante en dernière année d’architecture, m’a fait découvrir l’oeuvre de la personnalité locale, Charles Rennie Mackintosh. Vous entendrez parler de ce personnage en vous promenant dans la ville, il est à l’origine du design de nombreux bâtiments et il a marqué son époque en étant à la fois architecte, artiste et décorateur d’intérieur avant l’heure. Immeubles, objets d’art, meubles, rien ne lui échappe, il est omniprésent dans la ville.

L’école des Beaux-Arts de Glasgow existe depuis 1845 et elle comptait déjà 1000 étudiants en 1890 (10 ans plus tard Glasgow était considérée comme la 6ème plus grande ville d’Europe). La première école devient trop petite, la seconde – celle que vous visitez – est donc inaugurée en 1909 (les travaux ont démarré en 1897).

Je ne peux vous retranscrire ici la totalité de la visite mais comprenez que vous pénétrez dans un chef-d’oeuvre d’architecture dont le maître à conçu l’un des tous premiers systèmes de climatisation au monde (grâce à un circuit de chauffage et de ventilation ingénieux, certifié par une société de Boston en 1960 mais abandonné depuis pour trop d’entretien), et qu’il a tiré parti au mieux de la lumière (ou du manque de lumière, c’est selon) de la région. Néanmoins j’attire votre attention sur deux sites qui m’ont vraiment séduite à l’intérieur du bâtiment :

– la coursive vitrée surnommée « le Poulailler », pour sa luminosité (même par temps de pluie) et la vue qu’elle offre sur les toits de la ville ;

– la bibliothèque – souvent décrite comme la pièce-maîtresse du chef-d’oeuvre de Mackintosh – est le tout dernier intérieur à avoir été achevé dans le bâtiment. L’espace est volontairement sombre, propice à l’étude. Il s’agit d’une bibliothèque en une seule pièce mais sur trois niveaux avec trois fenêtres baies couvrant chacune les 3 niveaux à la fois. Un nombre incalculable de poutres et piliers sont ici à dessein, simulant une forêt pour stimuler le sentiment d’isolement. Des ouvrages d’art et d’architecture sont rangés sur des étagères dans des bibliothèques vitrées, consultables sur rendez-vous par les étudiants.

A la fin de la visite vous pourrez admirer quelques oeuvres de Mackintosh parmi les meubles qu’il a créés : des chaises, des tables, des horloges au système électrique.

La Glasgow School of Arts n’est pas un musée, c’est un lieu de vie : il s’agit avant tout d’une école d’Art d’excellence abritant des centaines d’employés et d’étudiants. La visite guidée est donc effectuée à l’intérieur d’espaces autorisés, et vous ne verrez sans doute pas d’étudiants au travail. La visite se fait dans une ambiance respectueuse, calme, en veillant à ne pas troubler la concentration ou le travail des étudiants et professeurs. Il n’est pas autoriser de photographier à l’intérieur du bâtiment, ceci pour préserver les meubles anciens et les oeuvres ainsi que la vie privée des étudiants.

Faut-il résumer ? Glasgow a été élue : Ville Européenne de l’Année en 2011 pour son leadership en matière d’architecture et d’urbanisme , et Ville Européenne de la Culture en 1990. Elle est aussi « UNESCO City of Music ».

Enfin on ne peut évoquer la visite de Glasgow sans parler de son incroyable vie nocturne, autre élément culturel de la ville : qui aurait imaginé que cette ville d’Écosse puisse être aussi active dès le coucher du soleil ?…

Je vous ai déjà raconté sur ce blog (une toute petite partie) des restaurants, j’ai évoqué le shopping à Glasgow, mais il existe aussi pour embellir vos soirées une multitude de salles pour des concerts live, organisés ou improvisés, et la plus étonnante est peut-être The Arches (au 253 Argyle Street) : situé sous la gare centrale, cet ensemble est composé d’un restaurant et de plusieurs salles voûtées qui forment un réseau de caves aux murs de briques dans lesquelles se produisent des groupes. The Arches est l’une des salles de concert les plus actives d’Europe. Le soir où j’y étais l’endroit était bondé, et très animé, dans une atmosphère sans façon et conviviale. Essayez quand vous viendrez à Glasgow !

Qu’il est difficile de résumer en quelques lignes tout l’intérêt culturel d’une telle ville ! Le défi consistait cette semaine à vous inciter à découvrir Glasgow et j’espère vous avoir transmis une partie de mon enthousiasme. Alors bien sûr l’hiver n’est pas la meilleure saison pour découvrir l’Écosse mais réservez donc votre billet d’avion dès maintenant pour le printemps prochain, et vous me raconterez en rentrant !

Envie d’en apprendre davantage sur mon séjour à Glasgow ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en novembre 2012 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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