La Réunion, caméléon ou endormi

Je re-pars en voyage sur La Réunion, cette île d’outre-mer que les Français connaissent pourtant encore si peu, ou si mal. J’ai envie de vous montrer, de vous donner envie d’y aller avec moi !

J’ai pris l’habitude depuis plus de cinq ans d’écrire : « à l’heure où vous me lisez je suis… » pour vous annoncer mon départ, voire même mon voyage en cours. Mais ce matin je ne résiste pas à la tentation de confirmer avant même de boucler mon sac cette nouvelle échappée belle que je m’apprête à faire dans quelques jours qui se comptent sur les doigts d’une main. Je pars cette fois en pèlerinage vers une île sur laquelle j’ai laissé un petit bout de moi lorsque je l’ai quittée il y a un peu plus de six ans, je pars pour La Réunion.

La Réunion : 2 500km2, 63km de long pour 45km dans sa plus grande largeur.

800 000 Réunionnais vivent sous le soleil de l’océan Indien, à 700km à l’Est de Madagascar et à environ 170km à l’Ouest de l’île Maurice.

Trois cirques montagneux en font l’île la plus riche de l’océan Indien en terme de microclimats ; le volcan de la Fournaise y est en activité au moins une fois par an (j’aime à dire « en ébullition » puisque l’image me semble plus concrète), et l’île culmine à 3 010 mètres au-dessus du niveau de la mer grâce au Piton des Neiges, le sommet le plus haut… de l’océan Indien.

Montagnes, volcan, plages, lagons, plaines, forêts,… Un large panel de paysages que les passionnés aiment découvrir à pied, en voiture ou même en ULM. Des paysages d’une telle beauté que ces mêmes visiteurs époustouflés (et essoufflés !) en tombent irrémédiablement amoureux.

Que celui qui ose prétendre que La Réunion n’est pas une île attachante lève le doigt ! Et pourtant je connais des esprits chagrins qui ronchonnent sur le thème du « il n’y a rien à faire sur une île ». Quelle méconnaissance du terrain. Et quelle étroitesse d’esprit…

Vous lecteurs qui me suivez depuis longtemps, vous savez mon attachement pour cette île Bourbon comme on l’appelait au temps des pirates. Et peut-être frémissez-vous déjà à l’idée de ce que je suis en train de me concocter comme programme ? Parce que j’y pars en roue libre cette fois, cheveux aux vents et papilles à l’affût. Ce matin je ne sais toujours pas où je dormirai dimanche soir ! Mais quitte à dormir sur la plage de Boucan-Canot, je pars…

Mes proches s’inquiètent : « il y a un cyclone qui s’approche des Mascareignes !« . Je viens de vérifier : une grosse tempête passe au-dessus des Mascareignes, elle est loin, très loin… Et je ne résiste pas à vous livrer ci-dessous une image des prévisions effectuées hier soir par les services de meteo.fr : ils ont du être rédigés par des Réunionnais, dans ce style inimitable et savoureux mêlant le vocabulaire technique au français d’antan.

Permettez que je passe au décodeur ces prévisions météo pour rassurer tout le monde : la houle est forte au Sud, comme souvent. Le centre de l’île et les Hauts (traduisez les « cirques montagneux ») seront rapidement sous ciel couvert. L’Ouest se réveillera sous le soleil, comme d’habitude (demandez où vivent les « métros » sur La Réunion… forcément à l’Ouest, sous le soleil !). Et il y a du vent à l’Est. Normal…

La Réunion, cyclone sur photo satellite

Ah, petit détail : à 07:00 du matin il fait déjà 26° à Saint-Denis, le chef-lieu de notre département d’outre-mer et 26° à l’Ouest où j’irai installer mon Mac et mes appareils photo pour trois belles semaines. Par contre en observant cette photo satellite de Météo France prise ce matin je suis un peu plus sceptique devant ce beau cyclone que l’on voit se former au Sud-Est de l’île Maurice et dont la queue indique qu’il remonte en droite ligne vers… les Mascareignes ! Il est donc fort possible que j’aie à essuyer quelques jours de mauvais temps dès la semaine prochaine. Mais qu’importe, la saison cyclonique fait aussi partie du charme de ces îles et les intempéries offrent souvent de belles photos…

Voyez-vous ces deux petites têtes d’épingle perdues dans le bleu de l’océan mais dégagées de tout nuage ?… La Réunion et l’île Maurice. Les îles-soeur comme on les appelle encore parfois, même si l’une a vécu principalement sous domination française, et l’autre sous protectorat anglais.

Mais que vais-je faire sur La Réunion ?…

J’ai envie depuis longtemps d’y retourner pour humer la terre humide des forêts de fangeants (fougères arborescentes), pour goûter aux bonbons-piments du marché de Saint-Paul, pour chercher l’endormi, ce caméléon rebaptisé par les Réunionnais, pour survoler le cirque de Mafate en ULM et pousser peut-être cette fois jusqu’aux plaines de sable du volcan.

J’y ai vécu deux ans, j’y avais fait beaucoup de photos, mais rien d’exploitable aujourd’hui avec les avancées technologiques en matière de numérique. J’étais équipée avec un Olympus Camedia, 2 millions de pixels, une Rolls alors. Une misère aujourd’hui… Mes photos ne s’affichaient qu’en 1600×1200, dès que je tente un re-cadrage aujourd’hui mes photos pixellisent (voyez mon caméléon en tête de cet article). Pourtant la netteté était excellente pour l’époque !

Je me permets aussi de croire à mes progrès en terme de photographie. J’ai depuis appris l’art du cadrage, de la lumière, et de l’instant. Je ne maîtrise pas tout, j’ai encore beaucoup à apprendre j’en suis consciente, mais je sais que j’ai progressé et que je suis capable de rapporter beaucoup de nouvelles photos qui pourront vous convaincre cette fois bien davantage de l’intérêt de vous rendre à votre tour en voyage à La Réunion. Je devrais en tous cas faire mieux que cette photo ci-dessous du cratère Bory à l’intérieur du volcan de La Fournaise, faite en avril 2002, même si de nos jours on ne peut plus photographier ce cratère (effondré depuis).

La Réunion, dans le volcan La Fournaise

Et puis j’ai envie d’écrire lorsque je serai sur place, de prendre mon temps, de raconter sereinement. Et de vous dire l’accent créole, la chaleur cuisante des rues de Saint-Denis malgré les alizés qui s’engouffrent dans ses rues à angles droits, les fumets du poulet bitume (rôti dans un baril d’acier sur le trottoir pour les affamés du dimanche midi), et la délicatesse des orchidées du cirque de Salazie.

Je m’attacherai à ignorer les babouks, ces araignées qui cavalent ventre à terre en cette saison (chuttt…), j’irai me promener à l’Est entre les vacoas et au Sud sur les chemins de lave solidifiée.

Je photographierai les visages burinés dans les champs de canne et les marmailles sur les plages.

Je goûterai aux letchis de fin de saison et me gaverai de mangues bien mûres au petit déjeuner.

Mon parfum sera celui du frangipanier.

Et sans doute irai-je plonger aussi…

La Réunion, l’île intense. C’est ainsi qu’elle est « vendue » sur les catalogues des voyagistes, par l’office du tourisme. Intense, elle l’est sans nul doute. Mais c’est aussi, exceptée la très grande Madagascar, l’île la plus riche de cet océan que je survolerai interminablement dans quelques jours avant d’atterrir sur le tarmac de l’aéroport de Roland Garros. Et je sais qu’en redécouvrant la côte Nord avant que l’appareil n’effectue son grand virage pour revenir se positionner face à la piste, quand le bleu outremer cédera enfin la place au vert des palmiers et au blanc des habitations de Saint-Denis, à ce moment-là sans doute penserai-je : « me voici de retour« …

Soleil, parfum, embruns, je vous raconterai tout, je vous montrerai tout. Cette fois je prendrai le temps. Parce que j’en ai besoin. Parce que j’en ai envie.

Venez avec moi…

Envie d’en apprendre davantage sur ma vie et mes nombreux voyages sur l’île de La Réunion ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en janvier 2010 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne. Les articles re-publiés ici le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont tous rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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