Mon premier voyage en ChineLongji, Longsheng,… Quand vous souhaiterez venir dans la région sans doute vous demanderez-vous comment s’appelle le village qu’il faut visiter. En réalité Longsheng est la base de départ de cette région de rizières, et comme partout en Chine vous trouverez une orthographe des noms plutôt fantaisiste. Les terrasses de Longji, dans le comté de Longsheng, sont situées à 80 km au nord-ouest de Guilin et elles sont cultivées depuis la dynastie Ming par les Yao et les Zhuang. Depuis des siècles les villageois entretiennent et cultivent ces rizières selon des méthodes traditionnelles dont les machines sont exclues. La taille exceptionnelle, le paysage de ces rizières en terrasses, et le mode de vie des villageois font des rizières en terrasses de Longji un site unique en Asie et dans le monde.

Chine, rizières de Longji en fin d'été (province du Guangxi)

Et puis il y a les femmes Yao, celles qui sont entrées dans le livre Guiness des Records pour leur chevelure. Je voulais les voir, leur parler.

Là encore, ce fut une déception. Alors que j’ai pu échanger avec des femmes de tribus rares en quelques endroits du monde, je n’ai rien pu retirer de véritablement enrichissant de cette rencontre avec les femmes Yao qui font désormais commerce de leur parure. Elles vous interpellent partout pour vendre tissages ou broderies, si vous refusez elles ont parfois un geste méprisant et jettent quelques mots qui ne doivent rien avoir d’aimable. Si vous vous asseyez pour boire un thé (payé bien sûr), elles affluent et vous harcèlent jusqu’à ce que vous jetiez un oeil sur les livres de photos, les cartes postales, les menus objets qu’il faut marchander.

J’étais intriguée par leur coiffure peu commune, une épaisse torsade de cheveux nouée en couronne sur le haut du crâne, certaines rappelant même la fameuse « banane d’Elvis ». Je voulais voir. Elles ont compris, elles ont marchandé. Cinq euros pour voir les cheveux, à condition d’acheter autre chose. J’ai acheté un livre, des cartes postales. L’une d’entre elles a alors très vite dénoué sa couronne de cheveux noir corbeau et je me suis précipitée pour sortir l’appareil photo, j’ai demandé l’autorisation de la photographier, elle a haussé les épaules mais tentait de se cacher de la touriste allemande qui photographiait déjà (sans avoir payé) par-dessus mon épaule.

Tout est allé très vite, les cheveux qui dégringolent en rivière jusqu’à terre, une grosse mèche postiche qu’une amie vient l’aider à fixer en queue de cheval, elle pose pour un déclic, deux, trois, et déjà elle renoue ses cheveux et les remonte sur son front, lissant les mèches, fixant un peigne ou deux. Tandis que l’Allemande s’esquive à l’intérieur du restaurant, sans échanger un mot avec moi.

J’ai eu mes photos. Sans mérite ni plaisir.

Chine, femme Yao et ses cheveuxChine femme Yao à sa coiffureChine, femme Yao torsadant ses cheveux

Et quand j’ai voulu entamer une conversation ses amies m’ont fait signe de payer encore, j’ai fait « non » de la tête, elles se sont éparpillées comme une volée de moineaux. Des moineaux aux cheveux lustrés, si brillants qu’on prétend qu’elle les entretiennent avec de l’amidon de riz.

On dit que leurs cheveux sont leur parure la plus précieuse, que les hommes les évaluent sur la longueur et la beauté de leur coiffure. Elles ne couperaient leurs cheveux que deux fois dans toute une vie : vers 7 ans puis après 50 ans.

Chine, femme Yao achevant sa coiffure

J’ai donc repris mon sac à dos et suis repartie sur le sentier des terrasses, croisant des femmes en costume traditionnel moins touristique, usé jusqu’à la trame, aux couleurs moins vives. Celles qui ont un vrai sourire, parfois édenté, un sourire qui monte jusqu’aux yeux étoilés de petites rides creusées par le soleil et la rigueur des hivers enneigés. J’ai croisé des hommes qui suaient sous le poids d’une chaise à porteur d’un gras Chinois à cigare, celui qui vous salue de loin bien volontiers et vous fait le signe de la victoire que tous les Chinois adoptent devant un appareil photo. J’ai photographié des piments qui séchaient au soleil, et des sacs de riz qui prenaient la poussière, celle qui vole dans les rayons du soleil de fin de journée quand les rires d’enfants qui cavalent devant votre apparition vous rappelle que vous êtes aussi une mère. Ces rires qui vous font fondre et qui brisent la glace avec la jeune maman qui vient de voiler son sein.

J’ai déjeuné de nouilles sautées garnies de légumes verts et d’un thé vert en sachet. J’ai humé l’herbe sèche des rizières, et partagé le sourire d’un couple de vieux paysans qui descendaient vers leur rizière. Couverts de leur chapeau pointu, ils se sont serrés l’un près de l’autre pour fumer une cigarette avant de se mettre au labeur. Vision d’un tableau de maître grandeur nature…

Chine, villageois dans les rizières de Longji

Et puis je suis redescendue vers la vallée, vers les boutiques à souvenir dans lesquelles je n’ai rien acheté. Je voulais emporter avec moi le seul souvenir de ces paysages immenses avec ces rizières en terrasse à perte de vue.

Les terrasses de Longji resteront pour moi un souvenir en jaune et vert. Le jaune de l’herbe sèche et le vert tendre d’une fin d’été. Je reviendrai au printemps pour voir les terrasses en eau, ou en hiver pour les admirer enneigées. Les Chinois ont compris qu’ils tiennent là l’un de leurs sites patrimoine. Ils sont déjà très nombreux à affluer en chaque saison. Finalement, sans doute ai-je bien fait de venir entre deux saison. Il y avait peu de monde à Longji en cette fin septembre…

Chine, village de Longji dans les rizières en terrasses

Et pour finir, cette vidéo montée ce week-end et filmée sur place :

httpvhd://www.youtube.com/watch?v=VhFhBh0kG78

N’oubliez de lire l’article que j’ai publié hier sur les rizières en terrasses de Longji, cliquez ici.

Partir en Chine avec… Office du Tourisme chinois
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