Si vous voyagez au Vietnam à l’écart des grands axes touristiques il est important de comprendre la composition de sa population en découvrant ses 54 groupes ethniques.

Le Vietnam est un pays à peine plus grand que le Japon, légèrement plus petit que l’Italie.

86 millions d’habitants, une population composée de 54 groupes ethniques différents ! En provenance de Chine, du Laos, du Cambodge, de Thaïlande, de Malaisie, du Tibet et même de Polynésie, chacun de ces groupes possède sa propre langue (ou son dialecte), sa propre culture, ses propres traditions. Le tout faisant du Vietnam une nation formée de provinces très distinctes dans leur héritage culturel, dans leur mode de vie et jusque dans leur gastronomie.

Avant toute chose il faut savoir que ces groupes ethniques peuvent porter des noms différents pour le même groupe (souvent en fonction de leur origine géographique). Exemple : le groupe Zay s’écrira aussi Giáy, entre autres dénominations ; le groupe HMong s’écrira aussi Mèo au Vietnam ou Mhong ou Muong pour les Occidentaux, entre autres. Votre guide local, aussi cultivé soit-il, n’osera avouer qu’il ignore la « vraie » orthographe du nom ou bien il vous indiquera l’orthographe communément adoptée par les Français ou les Américains. D’autre part sur place, sauf si vous parlez vietnamien ou le dialecte du groupe ethnique que vous rencontrez, vous ne saurez jamais avec certitude à quel groupe ethnique vous vous adressez : cette femme qui accepte avec timidité d’être photographiée est présentée comme étant Dao Rouge (soit Zao Do au Vietnam) mais plus tard sur Internet vous lirez que cette coiffe est plutôt HMong Rouge…

Néanmoins, quelque soit leur nom, rien ne vaut une immersion dans un marché local (si possible peu fréquenté par des touristes) pour essayer de comprendre un peu leur vie, leurs traditions. Pour vous parler de ces ethnies ici j’ai tenté au maximum de m’appuyer sur les dénominations et les orthographes locales (en limitant l’usage de l’alphabet vietnamien qui nous est moins familier).

Le groupe le plus important est représenté par les Viets (86 % de la population), sachant que la Chine a occupé le Vietnam pendant la majorité de ses 1000 premières années.

La plupart de ces minorités ne parlent pas le vietnamien, elles ne communiquent que dans leur dialecte…

Les autres groupes représentent environ 8 millions d’habitants au Vietnam. Certains groupes sont plus connus que les autres : Thai, Hmong, Khmer,… D’autres, tels les Si La, les Brau ou les Rmam comptent moins de 600 représentants. Parmi ces minorités ethniques ne sont pas représentés les Européens, Américains, Australiens présents également sur le sol vietnamien : travailleurs expatriés, ou descendants des Français ou des Américains, ils n’entrent pas dans les statistiques mais ajoutent à la pluriculture vietnamienne.

À l’intérieur de chaque groupe ethnique il peut y avoir des sub-divisions selon des particularités culturelles : les Hmong se déclinent ainsi en Hmong noir, Hmong rouge, Hmong « bariolé », etc… portant des costumes différents. Difficile de s’y retrouver pour un étranger.

Comme dans toute civilisation certains groupes se tolèrent, d’autres se méprisent. Peu acceptent les mariages mixtes (chaque époux provenant d’un groupe différent) et certains groupes subissent ainsi les méfaits d’une trop grande consanguinité. En réalité, on se mélange peu socialement même si des villages peuvent rassembler plusieurs groupes ethniques.

Ces groupes forment sans aucun doute l’un des aspects culturels les plus enrichissants lors d’un voyage au Vietnam : que vous visitiez les montagnes du Nord-Ouest, le centre du pays et ses hauts plateaux du Dak Lak ou le delta du Mekong (colonisé par les Khmers en provenance du Cambodge), vous croiserez les représentants de ces minorités que le gouvernement tente plus ou moins de sédentariser lorsqu’ils sont nomades, ou tout au moins de modifier leur mode de vie.

Il ne m’appartient pas ici de juger, mais je constate que la commercialisation par endroits de certains groupes n’est pas pour les mettre en valeur ni pour les enrichir financièrement. Par contre les terrains octroyés, les écoles construites et les routes aménagées devraient aider à assurer une vie meilleure en terme de conditions de vie. L’avenir le dira.

Au cours de ces huit derniers jours j’ai eu l’opportunité dans la région du Nord-Ouest de partager le repas d’une famille Zay (38 000 représentants au Vietnam) dans le village de Ta Van, proche de la frontière chinoise.

J’ai aussi été invitée spontanément à l’inauguration d’une maison neuve dans un village de la vallée de Lao Cai, seule Occidentale parmi une centaine de villageois (3 700 personnes au Vietnam). Une vingtaine de femmes arboraient ce sourire aux dents teintées de noir. Les autorités prétendent que cette tradition n’a pas perduré, que l’on ne peut voir ces dents noires que sur des femmes de 80 ans et plus ; je peux vous garantir que plusieurs des femmes auprès desquelles j’étais assise n’avaient pas atteint la cinquantaine !

J’ai rencontré des Dao, des Mhong, des Co Tu, des Ha Ni dans un marché qui n’est jamais fréquenté par des étrangers. J’étais accompagnée d’un guide vietnamien pour mieux me faire comprendre et pouvoir ainsi entrer en contact. Mais la plupart de ces minorités ne parlent pas le vietnamien, elles ne communiquent que dans leur dialecte. Malgré tout, une femme aux dents teintées de noir brandit son téléphone portable dès qu’une sonnerie retentit !

Beaucoup ne savent pas lire, quand les enfants refusent d’aller à l’école. Mais ils déchiffrent ce qu’indique leur portable ou écoutent religieusement les affres d’un feuilleton japonais à l’eau de rose traduit en vietnamien sur une chaîne câblée.

Notez au passage que pour obtenir le droit d’entrer dans l’un de ces villages, il faut s’adresser au poste de police le plus proche en montrant son passeport, et à condition d’être accompagné(e) d’un guide assermenté. Un droit qui se monnaye. Si vous passez par l’intermédiaire d’un agent de voyage ou d’un organisateur d’excursions sur place il se chargera de cette autorisation et le tarif de l’excursion comprendra votre quote-part du droit d’entrée au village. Sans autorisation préalable dûment délivrée vous risquez quelques ennuis si vous êtes dénoncé(e) ou si la police vous met le grappin dessus.

Ces prélèvements se font semble-t-il en faveur de l’amélioration sanitaire des villages ethniques. En contre-partie on vous demande de respecter certaines règles de conduite (et surtout de bon sens) qui visent à ne pas importuner les habitants et à ne pas heurter leurs croyances, leurs traditions (éviter les mini-shorts ou les cuisses à l’air, ne pas entrer chez quelqu’un sans autorisation, ne pas s’embrasser en pleine rue, éviter l’ivresse,…).

Costumes multicolores, sourires aux dents ornées d’or, broderies de soie, sequins d’argent ou simple coiffe à rubans dissimulant un crâne rasé, les femmes des minorités ethniques affirment la fierté de leur appartenance à un peuple en voie d’extinction.

J’ai fait quelques (dizaines, centaines de) photos, je vous en livre tout de suite une ou deux, ici et maintenant. Les autres, je vous les montrerai après mon retour.

Pour en apprendre davantage au sujet des groupes ethniques du Vietnam, je vous invite en cliquant sur le lien à consulter avant votre voyage le tableau intéressant publié par l’Ambassade du Vietnam.

Je suis actuellement sous la pluie dans la région Centre du Vietnam, dans l’ancienne ville impériale de Hué en bord de mer. Je descendrai demain le long de la côte vers le port ancien de Hoi An. Puis j’irai faire un tour sur les hauts plateaux du Centre-Ouest (Dak Lak) avant de descendre vers le Mekong et Saigon.

Je vous donne rendez-vous dans deux ou trois jours !

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage au Vietnam ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en novembre 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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