Malte, hypogée Hal Saflieni © Office de tourisme de Malte

Tout est mystère sur l’archipel de Malte, les temples mégalithiques disséminés partout sur l’île principale et sur Gozo en sont la preuve.

Au gré de vos visites des différents lieux et édifices vous réalisez que personne ne sait vraiment qui, comment, ni surtout pourquoi. En écoutant le commentaire (en français) sur un audio-guide cet après-midi j’entendais les mots « nul ne sait », « mystérieux », « inconnu à ce jour ». Et puis la sentence merveilleuse : « nous ne saurons jamais »… L’homme moderne ne sait pas tout, malgré toute la science, malgré le recul ou l’expérience, nous ne pouvons tout expliquer et l’Histoire garde ainsi parfois son mystère. J’y vois une forme de beauté inaliénable.

De l’Hypogée Hal Saflieni on ne sait quasiment que ce que l’on en voit : ce qui semble avoir été un temple néolithique (l’âge de pierre) sous forme de galeries souterraines en forme de colimaçon, creusé et orné à même la roche avec de simples outils en pierre ou en os. Moins connue que les pyramides, plus secrète mais non moins estimable…

Sur le papier (= sur votre écran), cela résonne sans doute fort peu. Mais si j’ajoute que ce monument unique au monde découvert en 1908 à l’occasion de travaux effectués par des maçons à l’intérieur d’une maison contemporaine ne se visite qu’au compte-gouttes, 10 visiteurs à la fois à raison de 80 par jour maximum, et qu’il faut réserver si longtemps à l’avance qu’aujourd’hui vous n’aurez pas de ticket avant le 16 octobre, cela vous intrigue-t-il davantage ?…

Les historiens peinent à attribuer une dénomination précise à l’Hypogée : sanctuaire, temple, nécropole, elle fut sans doute un peu tout cela, à différentes périodes. 7 000 corps ont été déposés ici selon vraisemblablement des rites précis, dans des chambres creusées à la main. Des hommes qui travaillaient avec des outils rudimentaires en silex ou en obsidienne sur de la pierre calcaire corallienne, dans une atmosphère empestée par les relents épouvantables des corps en décomposition, et à l’aide de torches uniquement (aucune trace de suie n’a été détectée à l’intérieur de l’hypogée, ce qui exclut tout feu). Pourquoi cette nécropole ? Nul ne sait.

L’homme moderne ne sait pas tout : malgré la science, malgré le recul ou l’expérience, nous ne pouvons tout expliquer et l’Histoire garde ainsi parfois son mystère…

L’Hypogée Hal Saflieni est composée sur environ 500 m2 de multiples salles, couloirs et chambres distribuées sur trois niveaux, sous terre. Seul temple néolithique souterrain au monde, il a livré au cours des fouilles entreprises de nombreuses statuettes et amulettes parmi d’innombrables ossements.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980, le site a été fermé pour rénovation et préservation pendant 4 ans jusqu’en 1996 avant d’être réouvert au public.

Le temple est désormais couvert, abrité dans un bâtiment protégé des oxydes de carbone qui détruisaient lentement peintures rupestres peintes à l’ocre « sans doute » importé de Sicile. L’hygrométrie est contrôlée pour éviter la formation d’algues ou de moisissures sur les murs, et un chemin a été aménagé avec de courtes passerelles pour permettre de voir sans détruire. Un film est projeté avant la visite de l’Hypogée pour en apprendre davantage sur sa découverte, les fouilles qui y ont été entreprises et par qui.

La visite dure un peu moins d’une heure, et vous devez déposer à l’accueil vos sacs (y compris sac à main), appareil photo, téléphone portable et autres gadgets électroniques : il est strictement interdit de filmer ou de photographier dans l’Hypogée. Je ne peux donc rien vous montrer ici en illustration personnelle (j’ai trouvé la photo d’en-tête sur le web de l’office de tourisme de Malte), mais je me sens privilégiée d’avoir pu la visiter.

Il faut réserver en ligne sur ce site web dédié et longtemps à l’avance en haute saison puisque le nombre de visiteurs est limité à 80 par jours. Les enfants de moins de 6 ans ne sont pas admis.

Vous n’êtes peut-être pas adepte des vieilles pierres mais je vous garantis que par son caractère unique et par l’ambiance qui s’en dégage, il ne faut pas venir à Malte sans visiter l’Hypogée Hal Saflieni : une belle leçon d’humilité pour tous nos records architecturaux contemporains.

Envie d’en apprendre davantage sur mes voyages dans l’archipel de Malte ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en septembre 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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