Filtre d’amour d’Ua Pou, îles Marquises © Marie-Ange Ostré

J’ai découvert par hasard la recette du filtre d’amour d’Ua Pou, aux Marquises.

 

Ua Pou, île aux pics nombreux qui lui vaut le surnom d’île cathédrale, est située à 1h30 de speed-boat de Nuku Hiva. Les 2 167 habitants vous accueillent comme des amis, avec le sourire et toujours un mot de bienvenue.

Autant le dire tout de suite, j’ai passé un séjour fantastique sur cette île d’Ua Pou, tout autant que sur Ua Huka, îles satellites de Nuku Hiva (plus connue). Je ne peux que vous inviter à vous y rendre sans hésitation.

Le tutoiement ici, comme partout ailleurs en Polynésie, est de rigueur. Et très vite, si vous prenez le temps de bavarder un peu avec les femmes, vous les entendrez dire ‘ici, les femmes ont des c… !‘. Celles qui m’ont déclaré cela en riant maniaient sans trop d’effort barre à mine et truelle pour aider à la restauration d’un pae pae, site archéologique sur un ancien village des premiers habitants des Marquises.

Pendant une pause je les ai interrogées également sur ce bouquet parfumé qu’elles portent dans les cheveux : le kumu. Elles m’ont bien volontiers dévoilé la composition de ce bouquet, mais aussi l’objectif non dissimulé de cette parure.

Filtre d’amour d’Ua Pou, îles Marquises © Marie-Ange Ostré

Elles le confectionnent avec des herbes et des fruits cueillis au jardin : branches de menthe et de fenouil, fleurs de lys sauvages, écorce d’ananas bien mûr mêlé à de la racine rouge de santal. Ajoutez à cela un mystérieux fruit (non consommable) qui ressemble à une tomate cerise, jaune ou rouge, dont elle utilise la peau pour la mélanger à ce bouquet. Il se dégage de ce petit bouquet une senteur entêtante dont elles se servent pour « embêter les maris à leur travail« …

Les Marquisiennes d’Ua Pou sont vives, gaies, elles ont le rire facile, et… leur réputation de dragueuse est connue sur toutes les Marquises ! Elles en rient aussi volontiers.

Ici les femmes prennent l’initiative, et on comprend Gauguin et les autres qui, un jour, ont été envoûtés par le kumu, ce bouquet qu’elles appellent en français « le filtre d’amour »…

Et personne ne leur en tient rigueur.

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage aux Marquises ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois pendant mon séjour aux Marquises en juin 2007 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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