photos voyage en ChineMême si j’adore New York qui grouille de vie à tous les coins de rue, si sa démesure me plaît et si les bruits de la circulation ne me gênent pas, je suis plus habituée aux grands paysages et aux îles du bout du monde. Pourtant samedi matin, en débarquant à Pékin et pour la première fois sur le sol chinois rien n’aurait pu me laisser imaginer une telle surprise : Pékin ne vit plus sous l’ère de Mao, elle a deux pieds solidement ancrés dans l’avenir !

De larges avenues qui ressemblent plus à des boulevards périphériques qu’à des rues citadines, des immeubles qui grimpent à l’assaut du ciel, des Chinoises plus fashionistas que les plus branchées de nos demoiselles des Champs Elysées, les boutiques de toutes les grandes marques de luxe à échelle de la Chine, et des millions de Pékinois qui vous croisent en vous dévisageant un peu mais sans trop de surprise non plus. Pékin ne ressemble pas à l’image que nous avons gardé de Tien Anmen’, elle est dans la course pour prendre la tête des villes les plus modernes du monde.

Je suis donc entrée de plein fouet dans le monde chinois d’aujourd’hui en effleurant à peine ce que sera demain ; il faut voir l’ahurissante silhouette tarabustée de la Tour CCTV (chaîne de télévision chinoise) pour comprendre que… nous n’avons pas encore compris jusqu’où iront les Chinois.
Jeune Chinoise devant l'une des portes des bâtiments de la Cité InterditeEn moins de 48 heures, et après un vol de 9 heures (et non pas 11 comme je l’avais annoncé précédemment), avec un décalage horaire de 6 heures sous le crâne, j’ai déjà dévoré à pleines dents une Chine qui a promis de me surprendre. Rien qu’en faisant le tour du quartier de mon hôtel situé à quelques dix minutes en voiture de la Cité Interdite, je me suis laissée happée par deux centres commerciaux : le premier bien connu des touristes avertis et des Chinois qui viennent négocier ici faux tee-shirts Ralph Lauren et vrais « tombés de camion » à des prix défiant toute cohérence, le second bien plus récent et destiné aux hommes d’affaires et Chinois fortunés, représentant toutes les grandes marques internationales dont certaines que je ne connaissais même pas. Figurez-vous les filles que la mode chinoise, si elle n’a pas encore envahi nos magazines occidentaux, devrait pourtant interpeller davantage nos rédactrices en chef puisque j’ai découvert hier soir des chaussures incroyablement belles et modernes, des bottes d’une élégance rare et autres sacs qui vous obligeraient à quelque régime sec au retour d’un tel voyage si vous vous laissiez tenter par tant de profusion de bon goût à un tarif somme toute plus qu’abordable…

Hier soir j’ai confié mes muscles endoloris aux mains d’un jeune Chinois qui ne comprenait pas deux mots d’anglais. Difficile d’expliquer qu’un nerf (ou un ligament ?) me faisait souffrir au point de ne presque plus pouvoir marcher ! Pourtant à force de mimes (de ma part) et de sourires compréhensifs (de sa part), je me suis allongée sur la table des tortures après avoir négocié le tarif d’un massage traditionnel chinois.

Soixante looonnngues minutes pendant lesquelles j’ai cru que j’allais me mettre à hurler de douleur tant les doigts expérimentés de ce jeune fou se plantaient pile sur les noeuds qui terrorisaient mes muscles. Quelques exercices d’assouplissement plus tard, et je me relevais avec le sentiment d’avoir été écrabouillée par un char impitoyable mais tout de même capable de rentrer à pied jusqu’à l’hôtel, et sans boiter cette fois ! Ce matin je me suis levée fraîche comme une rose, ne gardant aucun souvenir de ma faiblesse de la veille, mais avec les deltoïdes qui me font toujours souffrir : j’ai l’impression d’avoir encore l’empreinte des doigts de ce gringalet magicien au sourire sincère et pour rien au monde je n’y retournerais ce soir même si je suis convaincue qu’il m’a sans aucun doute fait le plus grand bien…

L'entrée de la Cité Interdite à Pékin, sous le regard de Mao.
L'entrée de la Cité Interdite à Pékin, sous le regard de Mao.

Vous raconterai-je ma visite de la Cité Interdite et du Temple of Heaven ? J’ai testé mon tout nouveau Canon 500D toute la journée, et j’en ai oublié l’existence de sa fonction vidéo !… Par contre j’ai usé ma résistance sur les pavés de la ville, admirant les reliques des derniers empereurs tout en me demandant si la vie des impératrices était enviable. Je vous raconterai cela en détail prochainement.

Peut-être seriez-vous davantage intéressé(e) par mes tests gourmands ?…

Lumières dans le pavillon de l'impératrice, Cité Interdite de PékinJe n’ai pas tout compris de ce que j’ai goûté depuis deux jours même si je sais m’être limitée au porc et au poulet pour l’instant. Mais j’ai aperçu des « choses » sur les cartes, et d’autres dans des plats sur les tables, qui m’inspirent réflexion et appréhension… Pour l’instant j’ai traqué les petits restaus locaux, ceux dont la clientèle vous regarde entrer avec ahurissement, ceux vers lesquels des vieux messieurs à vélo vous accompagnent avec gentillesse pour être sûr que vous ne vous perdrez pas, ceux qui ne font pas les beaux jours des reportages que l’on voit fleurir ces temps-ci dans les magazines français et qui nous font les honneurs d’une Chine propre, belle et avant-gardiste.

Dans les restaurants que j’ai choisi, j’ai nettoyé le bord des tasses à thé discrètement avec la serviette à papier avant de la remplir d’un breuvage d’ambre parfumé à souhait. Et j’ai pris soin de me laver les mains dans un lavabo crasseux avant le repas, et après, comme le recommandent les flashs dont on nous abreuve désormais sur les chaînes TV, à croire que les Français n’auraient jamais auparavant pris le soin de se laver les mains (dans ce cas merci à la grippe A !).

Mais croyez-moi, quelque soit la propreté un peu douteuse des établissements que l’on m’avait recommandé, je me suis vraiment régalée !… Et pour moins de 4 € par repas la gourmande curieuse de saveurs que je suis a goûté à de grosses assiettes trop bien garnies, à du riz cantonais plus vrai que nature et le tout avec une théière parfumée au jasmin pour revigorer n’importe quel visiteur épuisé. Un pur bonheur !…

Mais il faut que je file pour visiter d’autres jardins, d’autres palais, d’autres temples. D’autant que les répétitions pour la commémoration du 60ème anniversaire de la Révolution battent leur train et que je ne suis pas toute seule à arpenter ces allées. Hier les responsables d’une sono testaient la résistance des aiguës sur quelques chansons de Céline Dion…

J’ai encore trois jours à passer sur Pékin et dans les environs et demain j’irai passer deux ou trois heures sur la Grande Muraille, j’espère qu’il fera aussi beau qu’aujourd’hui !

J’aime déjà la Chine !…

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