boulerecit.jpgDès le premier jour je me rends compte que je ne pourrais pas rendre en mots la splendeur de cette île-pays surgie des flots il y a 60 millions d’années, entre Groenland et Norvège. Sol volcanique, soumis à plusieurs centaines de tremblements de terre par an, l’Islande bouillonne, au propre comme au figuré.

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Nous avons parcouru aujourd’hui une toute petite partie, en région Ouest, depuis Reykjavik vers le Nord. Poursuivis par la pluie drue dans la matinée, peu à peu le ciel a livré des écheveaux de bleu, étroites percées de soleil filtrant en rayons obliques à travers les nuages de plomb. Comme un clin d’œil de Thor et d’Odin, dieux nordiques chers aux Scandinaves.

De vastes glaciers anciens, des centaines de cascades, des petits volcans, des plaines de lave infranchissables, des mousses, des herbes rases, quelques bruyères encore en fleurs et de la camarine noire (petites baies comestibles moins connues que les myrtilles),… Lorsque les Vikings sont arrivés vers 850 après J.C., l’Islande était boisée sur 25 % de son territoire. Aujourd’hui cette végétation ne concerne plus que 1 % de l’île, tout le reste est couvert de toundra, en dehors des glaciers qui nous attirent irrésistiblement. Et ce n’est en rien la faute de l’homme, mais bien de la nature et du climat.

Le vent vif bouscule les nuages et me pousse en avant ; la caméra pourtant fixée sur un solide pied tremble tellement que Patrick nous demande de faire écran de nos corps pour filmer un long panorama sur un fjord, devant la maison d’Erik Le Rouge, le « roi » des Vikings, celui qui a poussé l’exploration jusqu’au Groenland et sans doute jusqu’en Amérique.

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Nous profitons de cette maison (reconstituée à quelques mètres puisqu’il ne reste de la vraie qu’un amas de pierres) pour filmer quelques plans intérieurs (photo ci-dessus). Des murs de bois chevillé et de tourbe, une pièce centrale rectangulaire ceinte de deux plus petites qui servent d’entrée et de remise, un feu rectangulaire pour se chauffer et préparer les repas pour les 15 à 20 personnes qui vivaient sous ce toit. L’intimité n’existe que sous les peaux de renards, de phoques, de rennes. Une cheminée centrale (une simple ouverture dans le toit) peut être close d’une peau de bête pour éviter la pluie. Un métier à tisser, quelques ustensiles de cuisine, des cornes évidées pour l’hydromel, l’ambiance Viking est totale et on se laisserait prendre bien volontiers au charme de ces sagas nordiques contant les exploits des aventuriers explorateurs qu’étaient ces géants.

Il y a tant à raconter sur les Vikings que je vais en garder un peu pour les jours à venir mais un petit détail a retenu mon attention aujourd’hui : alors que je demandais à notre guide pourquoi on n’entendait jamais parler des femmes Vikings, il me répondit qu’elles avaient pourtant un fort caractère pour supporter leurs hommes au comportement plutôt rugueux. Et j’appris que les Vikings, navigateurs explorateurs émérites, emmenaient leurs chevaux sur leurs drakkars pour pouvoir ensuite se déplacer à terre mais n’emportaient que très peu de femmes à bord. Lorsqu’ils créaient une communauté à terre, ils repartaient très vite en mer pour trouver compagne. Et ils prirent la mauvaise habitude de se rendre en Irlande où ils pillaient puis brûlaient les fermes, tuaient les pères et enlevaient les filles. Ce qui fait que, études ADN à l’appui, les scientifiques ont prouvé que les ¾ des femmes Vikings avaient en fait une origine Celte. D’ailleurs il en reste une plaisanterie fort prisée des Islandaises : lorsque leurs conjoints deviennent trop pesants elles leurs rappellent que « si vous n’aviez pas trouvé nos grands-mères en Irlande, vous seriez toujours des bouseux avec vos pétasses !« .

Ce qui prouve que les Islandaises / Irlandaises / Vikings ont toujours du tempérament !

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