Islande, maison d'Erik Le Rouge © Marie-Ange Ostré

Nous avons tous entendu parler des Vikings, mais nous sommes peu nombreux à être entrés dans la maison d’Erik Le Rouge en Islande.

Dès le premier jour je me rends compte que je ne pourrai pas transcrire en mots la splendeur de cette île-pays surgie des flots il y a 60 millions d’années, entre Groenland et Norvège. Sol volcanique, soumis à plusieurs centaines de tremblements de terre par an, l’Islande bouillonne, au propre comme au figuré.

Nous en avons parcouru aujourd’hui une toute petite partie, en région Ouest, depuis Reykjavik et en remontant vers le Nord. Poursuivis par une pluie drue dans la matinée, peu à peu le ciel a livré des écheveaux de bleu, étroites percées de soleil filtrant en rayons obliques à travers les nuages de plomb. Comme un clin d’œil de Thor et d’Odin, dieux nordiques chers aux Scandinaves.

De vastes glaciers anciens, des centaines de cascades, de petits volcans, des plaines de lave infranchissables, des mousses, des herbes rases, quelques bruyères encore en fleurs et de la camarine noire (petites baies comestibles des régions boréales),…

Lorsque les Vikings sont arrivés vers 850 après J.C., l’Islande était boisée sur 25 % de son territoire. Aujourd’hui cette végétation ne concerne plus que 1 % de l’île, tout le reste est couvert de toundra, en dehors des glaciers qui nous attirent irrésistiblement. Et ce n’est en rien la faute de l’homme, mais bel et bien de la nature et du climat.

Le vent vif bouscule les nuages et me pousse en avant ; la caméra pourtant fixée sur un solide pied tremble tellement que Patrick nous demande de faire écran de nos corps pour filmer un long panorama sur un fjord, devant la maison d’Erik Le Rouge, le « roi » des Vikings, celui qui a poussé l’exploration jusqu’au Groenland et sans doute jusqu’en Amérique.

Nous profitons de cette maison (reconstituée à quelques mètres puisqu’il ne reste de la vraie qu’un amas de pierres) pour filmer quelques plans intérieurs. Des murs de bois chevillé et de tourbe, une pièce centrale rectangulaire ceinte de deux plus petites qui servent d’entrée et de remise, un feu rectangulaire pour se chauffer et préparer les repas pour les 15 à 20 personnes qui vivaient sous ce toit.

L’intimité n’existe que sous les peaux de renards, de phoques, de rennes. Une cheminée centrale (une simple ouverture dans le toit) peut être close d’une peau de bête pour éviter la pluie. Un métier à tisser, quelques ustensiles de cuisine, des cornes évidées pour l’hydromel, l’ambiance Viking est totale et on se laisserait prendre bien volontiers au charme de ces sagas nordiques contant les exploits des aventuriers explorateurs qu’étaient ces géants.

Il y a tant à raconter sur les Vikings que je vais en garder un peu pour la rédaction du site web de l’émission pour France 5, mais un petit détail a retenu mon attention aujourd’hui. Tandis que je demandais à notre guide pourquoi on n’entendait jamais parler des femmes Vikings, il me répondit qu’elles avaient pourtant un fort caractère pour être capables de supporter leurs hommes au comportement plutôt rugueux.

J’ai ainsi appris que les Vikings, navigateurs explorateurs émérites, emmenaient leurs chevaux sur leurs drakkars pour pouvoir ensuite se déplacer à terre mais n’emportaient que très peu de femmes à bord. Lorsqu’ils créaient une communauté à terre, ils repartaient très vite en mer pour trouver compagne.

Ainsi ils prirent la mauvaise habitude de se rendre en Irlande où ils pillaient puis brûlaient les fermes, tuaient les pères et enlevaient les filles. Ce qui fait que, études ADN à l’appui, les scientifiques en Islande ont prouvé que les femmes Viking avaient en fait une origine Celte. D’ailleurs persiste une plaisanterie fort prisée des Islandaises : lorsque leurs conjoints deviennent trop pesants elles leurs rappellent que « si vous n’aviez pas trouvé nos grands-mères en Irlande, vous seriez toujours des bouseux !« .

Ce qui prouve que les Islandaises / Irlandaises / Vikings ont toujours du tempérament !

Cet article a été publié une première fois en septembre 2007 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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