Pousada do Sandi
Paraty, Brésil
Leur site web

Entre l’Islande et le Groenland je dressais une liste des adresses de charme que je souhaite partager ici avec vous. Et en me plongeant dans mes souvenirs récents, la douceur des soirées passées à la Pousada do Sandi m’est revenue en tête. Laissez-moi vous montrer le chemin…

Pousada do Sandi, Paraty, Brésil

C’était en mars 2005, nous tournions un épisode de la troisième saison des Carnets de Plongée, au Brésil. Nous étions harassés par une accumulation d’heures de vols (nous avons décollé 17 fois en 15 jours au cours de ce tournage) et quelques jours passés au Mato Grosso do Sul, dans la zone sud du Pantanal, à observer les tapirs et à traquer les anacondas, sur terre et sous l’eau. Un climat chaud et humide, de la poussière et des insectes. Pays d’une richesse exubérante, le Brésil nous offrait cette fois une escale plongée à Paraty, sur l’Atlantique, entre Sao Paulo et Rio de Janeiro.

Le village de Paraty (ou Parati, les deux sont admis) fut fondé en 1667 et prospéra gràce aux 250 distilleries de canne à sucre qui fournissaient l’un des meilleurs rhums du pays. Au XVIIIème siècle c’est son port qui devînt le fer de lance de son activité : l’or et les pierres précieuses transitaient entre la province du Minas Gerais et le Portugal, vers l’Europe et l’ancienne Russie, jusqu’à ce que les pirates en trop grand nombre ne l’entraînent vers le déclin au profit d’un autre port plus sûr. Ce n’est que dans les années 1970 que l’endroit deviendra le Saint-Tropez local en mettant en valeur ses bâtiments historiques soigneusement restaurés, en ouvrant une école de cuisine et en s’appuyant sur un environnement protégé.

J’ai d’abord apprécié les paysages de toute beauté sur la moitié du trajet entre Rio et Paraty : des îles et îlots ponctuent une large baie entre Angra dos Reis et Paraty, autant de pics verdoyants en pleine mer, le long d’une route en lacets. Vais-je avouer que mes collègues masculins en profitaient tous pour dormir sur les sièges du mini-bus mis à notre disposition ? Oui, je le dis ! Parce qu’en arrivant sur place, quelle ne fut pas leur déception en se réveillant à l’arrêt du véhicule sur une petite place pavée qu’encadraient de vieux bâtiments aux façades abandonnées… Mais moi, j’avais eu le temps de vivre la traversée du vieux quartier de ce village devenu station balnéaire pour Cariocas, fortunés ou non. Et je savais qu’ils tomberaient sous le charme !

Bien sûr, il vaut mieux éviter le centre ville bruyant et bordélique, et vous contenter pendant votre séjour du quartier historique que l’on arpente à pied. Mesdames, oubliez vos talons hauts et apportez vos sandales chics mais confortables : ici, l’ambiance est relax, même si les moelleuses Brésiliennes rivalisent d’élégance, de fesses et de seins, mais il faudra lutter pour conserver votre équilibre sur les pavés disjoints (mais historiques !) des ruelles que vous vous plairez à découvrir à la nuit tombée avec l’Homme de votre vie. Attention, à marée haute les rues proches du port sont envahies par la mer qui vient lécher les trottoirs et parfois même les recouvrir. Dans ce cas les habitants disposent immédiatement quelques planches larges qui permettent de traverser à sec. Original vous dis-je !…

Mais revenons à notre hôtel : vous avez probablement entendu parler de ces pousadas, à l’origine maisons ou fermes d’hôtes (voire haciendas dans d’autres pays d’Amérique du Sud) mais qui en certains endroits tiennent davantage de l’hôtel de charme. Et c’est la surprise qui nous accueillit lorsque nous débarquâmes, crasseux mais heureux, à la Pousada do Sandi, dans le quartier historique.

Chaque fois que nous débarquons dans un hôtel de charme, je crains toujours que nous n’abîmions quelque élément de décoration : des parquets cirés mais éraflés par nos caisses, des moquettes épaisses salies par notre matériel, des portes anciennes qui claquent,… Nous ne sommes pas des sauvages, et certains d’entre nous font même preuve d’une grande éducation (si !… :-), mais gardez en tête que nous envahissons les lieux avec nos horaires éclectiques (lever et coucher du soleil), un rythme de travail soutenu donc des exigences pointues et hétéroclites, et surtout 800 kg de caisses et de bagages en tous genres. Ca peut effrayer…

Pousada do Sandi, Paraty, Brésil

Mais à la Pousada do Sandi, équivalente à un 3* confortable en France, le personnel souriant et efficace s’évertua à faire de notre séjour un moment inoubliable. Et il le fut : en moins de trente minutes nos gaillards trempaient dans la piscine tandis que je prenais possession de notre chambre sous les toits : regardez la photo et cherchez le balcon sans lumière, au deuxième étage, sous la végétation. Oui, c’est bien là : une chambre au plancher historique avec un balcon de bois sculpté suspendu au-dessus de la piscine, laissant entrer dans la chambre le parfum sucré d’un énorme frangipanier en fleurs. Une salle de bains petite mais fonctionnelle, décorée d’anciens carrelages blancs aux motifs fleuris bleu porcelaine. Des coussins de couleur vive et des draps de coton soyeux. Petit, mais charmant, assurément. La chambre ci-dessous n’est pas celle dont j’ai profité avec l’Homme, mais une chambre dite standard, avec vue sur les toits de tuile de la rue adjacente. L’hôtel ne dispose que de 26 chambres, ce qui vous garantit un service personnalisé et le calme.

Pousada do Sandi, Paraty, Brésil

Ce soir-là nous avons préféré sortir pour découvrir le quartier mais devant l’afflux de touristes baguenaudant dans les ruelles animées, nous nous sommes rabattus sur un restaurant italien à proximité, sorte d’immense cantine sombre mais joyeuse, servant des plats précieux mais… congrus. Il fallut ajouter un dessert à trois d’entre nous pour leur donner l’impression d’avoir dîner correctement. Je ne vous indique donc pas l’adresse… 😉

Pousada do Sandi, Paraty, Brésil

Le lendemain soir nous avons joué la sécurité (après avoir constaté la richesse du buffet du petit déjeuner) : nous avons dîné à la pousada. Une carte succincte mais agréable, mêlant plats brésiliens et spécialités internationales revues par un cuisinier expérimenté et soucieux d’utiliser au mieux les produits locaux. Vous y trouverez votre bonheur en dînant sous l’éclairage tamisé des bougies qui dansent sous la brise légère. Et peut-être prendrez-vous votre thé ou café devant la piscine.

Vous n’y resterez peut-être que trois ou quatre nuits, mais vous trouverez à la Pousada do Sandi le dépaysement d’une maison historique, simple mais confortable, et animée par la chaleur et la joie de vivre des Brésiliens. Laissez-vous tenter et faites l’expérience.

Toute la région est une villégiature agréable : promenez-vous dans les îles abritant quelques restaurants discrets ou tables d’hôtes secrètes dans la baie de Paraty et explorez les montagnes verdoyantes offrant des activités sportives appréciées des touristes. Et n’oubliez pas la plongée sous-marine : nous n’avons pas eu de chance avec une eau très chargée en plancton, presque vert fluo. Mais on nous a assuré qu’il n’en est pas toujours de même et Paraty est l’endroit préféré des habitants de Rio pour exercer leur loisir préféré, c’est dire…

Alors, tentés ?…

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