Brésil, architecture de Para

Se laisser emporter par la poésie en découvrant le charme d’une bourgade coloniale devenue escale chic pour les privilégiés de la grande Rio de Janeiro…

Brésil, nation bâtie sur un métissage, sur la musique, le soleil, la terre. Une terre de couleurs, de sueur, de sang et de larmes. Des paysages ingrats, rudes, arides ou au contraire luxuriants, foisonnants, envahissants. Je suis au Brésil et j’aime ça !

Du Brésil, je ne connais finalement que peu de choses et il peut paraître curieux de commencer ce récit en évoquant tout ce que j’ignore. Mais comment tout savoir d’un pays qui s’étend sur plus de 15 fois la superficie de la France ? Même en cumulant plusieurs vies, je n’aurai jamais la chance de tout savoir, de tout voir, de tout connaître du Brésil.

C’est ainsi que je laisse mes pensées vagabonder tandis que défile sous mes yeux un paysage qui s’inscrit dans ma mémoire, sur deux cent trente kilomètres de côte atlantique au Sud de Rio de Janeiro. De Rio, je n’ai vu que très peu : la plage de Copacabana de nuit et le Corcovado ce matin, autant dire rien. Vision étrange que cette statue immense veillant bras ouverts sur les Cariocas… J’ai donc hâte de découvrir Paraty et je trépigne presque dans le bus qui file à toute allure sur cette route en lacets surplombant l’océan le long de la Costa Verde. Depuis quelques minutes, des pics géologiques vertigineux se dressent au milieu de la baie comme autant de soldats en défense sur un échiquier, des soldats de différentes nuances de vert selon l’état de la végétation qui les couvre.

Les ruelles pavées disparaissent sous les eaux de l’Atlantique lors de la marée haute de chaque pleine lune…

Dans le désappointement des premières minutes, je constate que Paraty ressemble finalement à toute autre ville occidentale avec ses dépôts et ses habitations plus ou moins entretenus. Le bus s’arrête et les passagers se dispersent. J’attrape mon bagage et me dirige vers la pousada réservée quelques jours auparavant, au coeur de la vieille ville, tandis que je foule les gros pavés disjoints d’une ruelle ombragée. En découvrant les balcons de fer forgé, en écoutant les accents portugais de ces femmes qui s’interpellent en riant sous le soleil d’une fin d’après-midi, je me réconcilie avec mes attentes de voyageuse : cette ville possède bel et bien une âme…

Paraty (ou Parati, mais prononcez parachee !) située à l’extrême sud de l’état de Rio aurait été fondée par des colons portugais vers 1667 sur un territoire occupé par les Indiens Guaianas qui lui donnèrent ce nom de Paraty signifiant “rivière aux poissons”. À l’époque de la ruée vers l’or vers 1696 dans l’état du Minas Gerais la ville devient un port réputé pour le transport de l’or vers Rio et le Portugal et le Caminho do Ouro, une route pavée de 1 200km de long s’étend bientôt pour relier Paraty à quelques villes minières de la région.

Avec le déclin des mines d’or et de diamants de la région vint celui de Paraty, jusqu’au début du 19ème siècle avec le commerce du café puis de la cachaça – alcool dérivé du sucre de canne – quand une route ferroviaire rejoint Rio à moindre coût et avant qu’une autre route (pavée celle-ci) ne relie Rio à Sao Paulo, à 330km au sud. Commence alors une nouvelle ère de prospérité pour Paraty, qui s’enorgueillit désormais de ses maisons historiques pour la plupart soigneusement entretenues depuis 250 ans.

Le lendemain, je prends véritablement possession de la vieille ville historique de Paraty en arpentant ses ruelles pavées qui disparaissent pour quelques-unes sous les eaux de l’Atlantique lors de la marée haute de chaque pleine lune, obligeant les commerçants et habitants à disposer des planches de bois pour traverser à sec. Un phénomène rare dans le monde.

Aujourd’hui pas d’inondation mais un soleil cru, rebondissant sur les murs blanchis des maisons aux volets de bois peints en rouge sombre ou bleu lavande. Un marchand ambulant propose des balais, une carriole traverse la chaussée avec son chargement de fruits et légumes. Ici c’est une rue croulant sous les bougainvillées roses, là quelques échoppes de souvenirs vendant des bricoles peintes à la main ou émaillées. Une école hôtelière offrant des cours de cuisine me rappelle une savoureuse assiette de crevettes sauce bahianaise dégustée la veille au soir, souvenir qui reviendra hanter mes papilles pendant des années.

Sur le quai face à la chapelle de Sainte Rita érigée en 1722 – l’église la plus ancienne de Paraty – j’hésite sur le choix du bateau que je vais emprunter pour une petite croisière dans la baie de Ilha Grande. Ils sont tous là, sourire aux lèvres et discours bien rôdé, à vanter les charmes d’une promenade entre les îlots. Je rejoins un groupe de touristes sur le départ.

C’est une excursion obligatoire sans laquelle on ne peut comprendre l’envoûtement des touristes de plus en plus nombreux pour ce lieu de villégiature des Cariocas de Rio. Il faut glisser sur l’eau pour aborder l’une ou l’autre des îles abritant de petites gargotes ou des restaurants plus chics pour saisir l’esprit à la fois festif et harmonieux du lieu. Il faut se laisser aller au plaisir des sens, l’un des dix commandements du voyageur au Brésil…

 

J’aime…
Le charme unique des pousadas, hôtels locaux à mi-chemin entre la pension de famille et le boutique-hôtel pour certaines.

Je recommande…
Les températures sont douces à Paraty même si elles peuvent grimper jusqu’à 36° en été. Mais évitez le mois de février, trop humide.

J’ai rédigé cet article pour une publication sur le second numéro du magazine de voyages gratuit (et online) Repérages Voyages. Je publie cet article sur ce blog pour lui offrir une seconde vie, et permettre à de nouveaux lecteurs de découvrir mes publications sous toutes leurs formes.

Par ailleurs, et afin d’enrichir votre expérience de lecture, j’en profite pour ajouter beaucoup de photos ici sur cet article que vous ne verrez pas sur le magazine.

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