On assimile souvent Oman aux émirats arabes unis. Si tous ces pays ont en commun une économie basée sur le pétrole, il n’en va pas de même de leur taille ni de l’emploi des revenus découlant de l’or noir !

Jadis fondées sur le commerce interne régional et le commerce maritime international (notamment l’exportation de dattes, d’agrumes et de poissons), les ressources omanaises reposent aujourd’hui presque exclusivement sur des revenus dérivés de la production et de l’exportation du pétrole et du gaz. Les réserves de pétrole sont estimées à 4,43 milliards de barils, 283 milliards de m3 pour le gaz naturel. Désormais, et grâce à un excellent réseau routier, des aéroports modernes et des infrastructures hôtelières haut de gamme, l’industrie du tourisme se développe pour devenir l’un des rouages de l’économie du pays.

Sultanat d’Oman, dans les montagnes du Hajjar… Un voyage à Oman ne s’improvise pas : entre villes, désert, montagnes et wadis, il vaut mieux avoir fait votre choix avant d’arriver pour profiter au mieux. Par contre une fois sur place vous pourrez louer une voiture (de préférence un 4×4), trouver des hôtels ou même camper librement. Oman est une destination découverte avant d’être balnéaire, pour autant que j’ai pu en juger au cours de ce voyage de seulement 8 jours. Mais j’aurais pu y passer 3 semaines sans m’ennuyer un instant…

Je suis arrivée de nuit dans la région montagneuse de Al Jabal Al Akhdar, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Muscat (Mascate), la capitale du sultanat d’Oman. De nuit le trajet en 4×4 sur la route vertigineuse qui grimpe à l’assaut des montagnes du Hajjar peut être interminable ; une route neuve en lacets, qui contient encore des portions en travaux. Une route si pentue qu’il faudra vous arrêter d’abord au check point qui en autorise l’accès : un agent de police vérifie votre permis de conduire et vous rappelle qu’il ne faut pas dépasser les 35 km / heure ! Croyez-moi, en montant vous ne ferez aucun excès de vitesse (et encore moins de nuit). En redescendant, en plein jour le lendemain matin,… vous regretterez qu’ils aient oublié d’installer des arrêts panoramiques tant la vue est à couper le souffle !

Je dors à l’hôtel Sahab qui propose des chambres au sommet d’un vaste plateau situé à 2500m au-dessus du niveau de la mer. De nuit on distingue tout juste la piscine et un grand jardin rassemblant des plantes endémiques (un quart de la flore endémique d’Oman est originaire du massif Al Jabal Al Akhdar). De jour… allez donc au bout de la piscine, en surplomb de la falaise ! Une vue spectaculaire sur une gorge profonde, formée il y a plus de 270 millions d’années. Face à vous, 3 villages et leurs cultures sur plans, avec leur système d’irrigation par petits canaux.

Je me rends au village d’Al Ain, en face de l’hôtel, de l’autre côté de la gorge. Il faut vous garer sur l’aire de stationnement au-dessus du village puis descendre à pied, pendant 10 à 15 minutes, en serpentant entre les ruelles ombragées du village et en suivant le bord des canaux d’irrigation.

Quelques jeunes garçons ont jeté deux ou trois tapis sur le sol d’une grotte naturelle et bavardent tranquillement allongés à l’ombre. Après quelques minutes de palabres, et tandis qu’ils s’apprêtent à accepter que je les photographie, un aîné survient et leur parle sur un ton sec, sans me regarder, et sans sourire. Je dois renoncer à mes photos, même si les plus jeunes me saluent discrètement de la main tandis que je m’éloigne.

Dans le village je parcours les ruelles étroites qui dessinent un dédale entre les maisons. Des passages couverts de poutres et de paille sèche offrent une ombre bienvenue tandis qu’il fait 28° à l’extérieur ; en été (de juin à septembre) la température peut grimper jusqu’à 48° dans la région).

Une femme répond timidement à mon salut avec un geste de la main vite esquivé, derrière sa fenêtre. Je photographie surtout les portes des maisons, colorées, ouvragées, réputées à Oman.

Je rencontre alors une famille d’Omanais en vacances : cinq enfants, puis le père, la mère, une soeur et son mari. Les hommes sont vêtus d’une longue tunique blanche et coiffés de la kumma, chapeau traditionnel et brodé. Les femmes sont habillées de long, avec un simple foulard couvrant les cheveux. Parfois les Omanaises se couvrent le visage dès qu’elles aperçoivent un étranger ; ces deux femmes me sourient, nullement intimidées, au contraire.

La famille pose dans une ruelle à la demande du père, je m’intègre dans le groupe, je fais un peu le clown, tout le monde rit. Présentations, explications : que fais-je ici, et pour combien de temps, d’où suis-je ?… France… Un pays qui fait toujours rêver.

Je m’adresse alors au père de famille et demande avec respect l’autorisation de prendre l’une ou l’autre de ses filles en photo. Autorisation accordée immédiatement, avec le sourire. Les Omanais sont ainsi : demandez votre chemin, et ils vous accompagneront. Demandez un renseignement, et ils répondront. Toujours avec le sourire. J’aime les Omanais.

Le muezzin appelle à la prière dans la mosquée du village, presque neuve. Une dizaine de mètres plus loin un panneau de signalisation indique le lieu de prière réservé aux femmes, au fond d’un jardin. Il est temps pour moi de rebrousser chemin et de retrouver mon 4×4. J’ai rendez-vous dans les grottes de Al Hoota, à quelques kilomètres de là…

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