Marie-Ange Ostré, plongée à la Barbade
Prendre quelques jours de vacances sur l’une des plus belles îles de la Caraïbe sans faire de plongée sous-marine serait une trop grande frustration pour un plongeur.

J’ai donc pris rendez-vous avec un club situé sur la côte Ouest de la Barbade pour passer la tête sous l’eau pendant une heure ou deux ; surprise par l’accueil médiocre que j’y ai reçu vous ne m’en voudrez donc pas d’en taire le nom, mais laissez-moi vous parler de la seconde plongée que j’ai faite hier matin…

Nous sommes cinq plongeurs à bord, quatre Britanniques et moi. Deux d’entre eux sont des plongeurs confirmés, deux autres le sont nettement moins. Puisque je ne me rends jamais sur une destination plongée sans emporter au moins mon ordinateur Aladin, j’ai donc emprunté au centre une combinaison, des palmes, un masque, un gilet et le détendeur. On m’a attribué une shorty qui a du faire 3 millimètres un jour, mais le divemaster (moniteur PADI) est gentil et il tente d’être plus accueillant avec moi que ne l’est son boss, alors il me rassure : « l’eau est à 24 ou 25°, ça devrait aller ». De fait, je n’ai eu froid qu’en fin de deuxième plongée, ce qui est parfaitement honnête. Et j’ai été agréablement surprise lors de la mise à l’eau : un petit sursaut, puis le plaisir de l’eau tiède. Vive les Caraïbes !

Pendant 30 minutes nous survolons ce magnifique jardin corallien qui se laisse butiner par des nuées de poissons de récif…

Le brief est fait rapidement, mais précisément : un plateau corallien à partir de 8 à 10 mètres, très peu de courant, une eau qui peut être plus claire mais les pluies ont été abondantes ces derniers jours, et attention le tombant sur le versant droit dégringole en pente plus ou moins douce jusqu’à 40 ou 45 mètres. Une petite précision : « pour ceux qui sont plus à l’aise et qui ont leur ordinateur de plongée, vous pourrez descendre un peu plus que nous, en restant groupés, mais ne dépassez pas les 35 minutes de plongée maximum ». Ecole PADI, plongées successives avec intervalle réglementaire de surface, précautions d’usage. Tous les centres de plongée de la Barbade sont des centres PADI, mais ils acceptent les plongeurs certifiés CMAS.

Nous voici à l’eau, descente tranquille vers le plateau corallien et ô surprise, quelle beauté !… Voici une flore sous-marine que je n’avais pas admirée depuis longtemps : des coraux durs de diverses espèces bien sûr, en parfait état, mais aussi pléthore de coraux mous, gorgones,… Et surtout des éponges, ces éponges multicolores qui font la réputation des plongées caraïbes : tubulaires jaune citron, ou bleu lavande, barils orange, têtes rousses, vertes, granuleuses ou poreuses, elles sont toutes là ces éponges, à profusion.

Au-dessus de ce jardin multicolore virevoltent poissons-anges et poissons-chirurgiens. A quelques mètres c’est un troupeau de poissons-trompettes qui s’obstinent à scruter les alentours, tête en bas. L’un d’eux s’isole, se rapproche petit à petit tandis que je me laisse dériver doucement, portée par un tout petit courant à peine perceptible : le trompette s’approche, encore, et encore… A moins d’un mètre je lâche quelques bulles, il hésite, se détourne, revient,… Et il m’observe, d’un seul oeil, celui qui se trouve face à moi. Il est désormais à moins de trente centimètres, immobile, comme surpris. De mon côté, j’ai beau avoir croisé nombre de ses congénères dans toutes les mers tropicales du globe, je n’ai jamais pu observer d’aussi près un simple poisson-trompette !

Mais l’un des plongeurs expérimentés me fait signe quelques mètres plus loin et j’abandonne mon nouvel ami pour fouiller du regard le fond de cette grosse éponge aux lèvres presque aussi serrées que celles d’un bénitier : une jolie petite crevette stenopus, zébrée de blanc, secoue ses antennes avec indignation : comment pouvons-nous l’épier d’aussi vilaine manière ?… Nous la laissons bien vite à sa pudeur et découvrons une grosse langouste quelques roches plus loin.

Pendant trente minutes nous survolons calmement, sans grand effort, ce magnifique jardin corallien qui se laisse butiner par de véritables essaims de poissons de récif. Je lève le nez un instant quand une bonite traverse mon champs de vision. Je descends un peu plus bas pour caresser des gorgones fouets quand le divemaster devant nous tend le doigt : une jeune tortue d’environ trente centimètres décolle lentement devant lui, pour descendre vers le grand bleu… En voici une qui aura franchi le stade du juvénile !

Puis je me laisse flotter vers – 20 mètres, et c’est un rideau bleu qui s’abat sur moi : deux ou trois mille « blue wrasse » (dixit mon divemaster) au museau noir filent en rang serré vers une destination inconnue dans une forme de « sauve qui peut » qui me fait scruter les environs : où se trouve le prédateur ?… Pas de prédateur en vue, mais une incroyable vision que je garderai en mémoire longtemps, à n’en pas douter, comme l’un de mes plus beaux souvenirs de plongée à la Barbade.

Sur le bateau pendant le trajet de retour le divemaster confirme qu’il existe une dizaine de centres de plongée sur l’île, dont trois importants. Il y aurait une vingtaine de sites à explorer aux alentours dont dix qui méritent le détour, et dont j’ai admiré l’un des plus beaux. Plus au Sud c’est une épave réputée à laquelle il faut rendre visite.

D’après ce que je crois comprendre (et après seulement deux plongées) la Barbade n’est pas une destination plongée à proprement parler, les centres ont peut-être encore des efforts à faire pour entrer en compétition avec les structures par exemple de nos îles outre-mer dans les environs. L’île de Sainte-Lucie n’est qu’à 30 minutes d’avion de la Barbade, et la Martinique se situe à 20 minutes de bateau de la Dominique (aux fonds très riches dans le Sud).

Néanmoins si vous êtes plongeur, profitez donc d’une journée pour passer la tête sous l’eau : ce jardin tropical sous-marin de Dottins est l’un des plus beaux que j’ai jamais vu dans les Caraïbes, à égalité avec la Dominique, et je ne suis pas mécontente de l’avoir exploré !

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage à la Barbade ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en janvier 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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