Bahamas, Eleuthera plage Cocodimama © Marie-Ange Ostré

Visiter l’île d’Eleuthera devrait faire partie de n’importe quel programme de vacances aux Bahamas, laissez-moi vous faire visiter Eleuthera à  ma façon…

Eleuthera est une île à facettes, je suis tombée sous son charme.

Ce ne sont pas des pirates qui ont colonisé cette île de 176km de long, non. Un groupe d’aventuriers anglais fuyant la persécution aux Bermudes et en Angleterre échoua là en 1648, sur cette île alors libre de toute occupation. Ils se surnommèrent « les Aventuriers d’Eleuthera » d’après le nom grec signifiant « liberté ».

Ces 70 hommes s’installent près du bourg qui porte aujourd’hui le nom de Governor’s Harbour. Mais des conflits se créent à l’intérieur du groupe et certains d’entre eux remontent en bateau vers le nord de l’île. Las, le bateau s’échoue et les hommes se retrouvent ermites dans une caverne qui porte encore aujourd’hui le nom de Preacher’s Cave. Le chef du groupe ira chercher de l’aide jusque sur les côtes de la Virginie pour ramener des provisions et secourir ses compatriotes.

Lorsque l’on débarque sur l’île d’Eleuthera en provenance de Nassau on note immédiatement l’abondance de végétation et les routes rectilignes qui traversent l’île du Nord au Sud et qui sont autant de saignées dans le bush qui fournit lui-même plantes et baies pour soigner les maux avec des recettes traditionnelles.

Ma guide locale, Jackie, se fait un plaisir de me désigner les plantes au fur et à mesure de nos promenades : ici, le love vine aux cheveux de feu qui en infusion soigne mal de dos, plaies cutanée et… virilité masculine. Là, l’aloe, sans doute le meilleur gel totalement naturel contre les coups de soleil. Vous trouverez partout aux Bahamas ces petites bouteilles de gel d’aloe vera, peu cher, un gel qui fait des miracles sur les brûlures et adoucit la peau en même temps. Je vous le recommande vivement !

Plante love vine : médecine naturelle du bush sur Eleuthera aux Bahamas.

Ailleurs c’est David qui m’emmène dans sa plantation d’ananas de Pineapple Fields pour me raconter le fruit et son histoire. La terre rouge du centre de l’île contient tous les nutriments nécessaires à la croissance des fruits du soleil, des nutriments qui seraient véhiculés par les vents du Sahara depuis les côtes africaines de l’autre côté de l’océan. Et David me raconte l’histoire de la culture de l’ananas qui fit d’Eleuthera le premier centre d’exportation vers les USA et l’Europe jusqu’en 1920. Ensuite, une modification dans les techniques d’agriculture, l’ajout d’un engrais peu approprié qui ralentit la production des ananas, puis des semis sont testés sur l’île de Hawaï : le 50ème état américain détrônera Eleuthera.

Pourtant l’ananas demeure un fruit cultivé sur l’île, cuisiné, exporté, célébré : le 3 juin aura lieu comme chaque année 3 jours de Festival de l’Ananas à Gregory Town, devant l’école. Concours de cuisine d’ananas, concours de découpe d’ananas, élection de la Princesse de l’Ananas et de son page, musique, défilé,… toute l’île fêtera le fruit fétiche d’Eleuthera.

Sur l’île ce sont aussi des initiatives dédiées à l’environnement et à sa préservation qui donnent envie de revenir.

J’ai visité une école expérimentale, de celles que l’on aimerait bien voir s’implanter en France. Je vous en reparlerai plus tard mais j’étais fascinée par les options mises en application et par les perspectives que cela pourrait offrir. Surprise aussi par une réelle interaction entre élèves – mineurs pour la plupart – et professeurs mais aussi responsables de l’entretien.

Sur l’île ce sont aussi des initiatives dédiées à l’environnement et à sa préservation qui donnent envie de revenir…

Tri et recyclage des déchets, gestion de l’érosion des plages, cultures sur toit et panneaux solaires, bio-carburant et pisciculture,… Sans oublier que l’art peut aussi être issu de la préservation de l’environnement : cette statue sculptée à même une branche de casuarina, arbre local, avant d’être séparée de son tronc.

Et puis il y a les plages… Je vous en ai déjà montré une hier, la plage de Lighthouse qui restera dans mon top 5 des plus belles plages dans le monde. Mais il y a aussi celle de l’hôtel Cocodimama, et celle de Cupid’s Cay. Entre autres…

Il y a la plongée sous-marine dans les eaux d’Eleuthera, avec un site « cathédrale », un « tunnel » et des plongées de nuit fabuleuses avec des langoustes grosses comme le bras.

Il a la pêche, en apnée avec deux ou trois copains, ou en mer sur un bateau. Il y a les tournois de pêche au gros, dont celui qui commence ce samedi à Cape Eleuthera, tout au sud. On m’a confié qu’ici sur Eleuthera les prises sont plus spectaculaires qu’à Bimini qui a pourtant une réputation internationale en ce domaine. D’ailleurs vous noterez que l’île d’Eleuthera prend la forme d’un hameçon… Facile à repérer depuis un vol intérieur survolant les îles des Bahamas !

Il y a les randonnées à pied à faire sur les chemins tracés dans le bush, vers les plages désertes et vierges qui n’ont pas encore de nom.

Il y a les balades en vélo, pour visiter les bourgs et les petits lieux-dits, pour aller jusqu’aux étangs rouges comme Red Point. Pour aller voir aussi cette zone de séparation entre océan Atlantique d’un bleu profond et mer Caraïbes couleur jade.

Il y a toutes ces photos que vous prendrez immanquablement, pour ne pas oublier.

Il y a les dîners le soir, dans les restaurants de bord de mer, assis à même des bancs de bois brut, du casuarina ce pin importé d’Australie et dont on tente de se défaire ici.

Des dîners où l’on retrouve des amis, où l’on salue ceux qui reviennent.

Des conversations pendant lesquelles se mélangent les accents et où soudain vous réalisez : « oh vous êtes Français ?!« .

Oui, mais ils vivent à New York. Points de vue échangés, adresses partagées, confidences murmurées. Autour d’assiettes aux mets colorés, aux parfums des tropiques. Accompagnées du rhum Bacardi, nature ou coco.

Au Tippy’s, la première fois que vous venez on vous présente obligatoirement le Tippy’s Sunshine :  c’est le cocktail de bienvenue, celui qui vous fera revenir. Le secret en est farouchement gardé, mais j’ai décelé de l’ananas bien sûr, de la grenadine, du rhum coco, et certainement du pamplemousse. Essayez chez vous !

Sur Eleuthera il y a les parfums. Ceux des arbustes aux troncs chauffés à blanc par le soleil l’après-midi, et celui du gazon fraîchement tondu en bord de route. Les parfums des arbres fruitiers sous les fenêtres de votre chambre d’hôtel. Et celui des embruns à marée basse devant South Palmetto au centre de l’île.

Il y a la bonhommie des Eleuthériens aussi. La question inévitable : « d’où venez-vous ?« , et l’exclamation lente et réfléchie quand vous avez répondu « Paris ». Le « ohhh… » est admiratif devant la longueur du chemin à parcourir. On ne vous parle pas ici du Moulin Rouge ou des Champs-Elysées. Non, on vous demande combien de temps il vous a fallu pour venir.

Et puis il y a ce sourire qui accueille partout, à la fois décontracté mais soucieux de votre bien-être. « Comment allez-vous ? Que puis-je faire pour vous ? »

Ici, on ne vous abandonne pas à votre triste sort. On s’enquiert de vos besoins, on vous emmène en voiture pour vous déposer ailleurs.

Il y a les plaisanteries, les bons mots de certains qui font le show devant leur petit stand à « conch salad » ou derrière le bar d’un restaurant reconnu. Elliott évoque le régime qu’il voudrait faire mais son immense sourire et la bedaine qui le précède laissent entendre qu’il n’est pas prêt à s’y engager. Coco, lui, raconte ses années sur les bateaux de croisière avant le lancement de son petit restaurant : Coco’s Plum.

Et puis il y a la paix, celle des petites églises disséminées un peu partout sur l’île, et celle des après-midi quand tout s’écoule avec lenteur, avec cette fluidité qui fait qu’ici « on n’a pas de problème« . La vie est facile et simple pour le visiteur, parce que celui qui vous accueille est dans le même état d’esprit.

Eleuthera est une île à facettes, et elle ne m’a pas tout dit. Je vous l’annonçais déjà hier : je vais devoir revenir.

Envie d’en apprendre davantage sur mes voyages aux Bahamas ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en mai 2010 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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