île de la Dominique, village Indiens Carib © Marie-Ange Ostré

Pourquoi les francophones connaissent-ils si peu cette île des Caraïbes ? Je me pose chaque jour la question depuis notre arrivée puisqu’un voyage sur l’île de la Dominique offre un dépaysement garanti.

Mon intention ici n’est pas de publier le journal de bord du tournage puisque je suis chargée de le rédiger pour le site web que France 5 mettra en ligne dans quelques semaines, avant la diffusion du premier épisode de cette nouvelle série documentaire sur la plongée. Non, ici sur mon blog de voyages je raconte ma propre vision de ce tournage, mes impressions personnelles, mon vécu.

J’ai réussi à capter une connexion wi-fi ce matin à l’hôtel mais juste avant le départ, quelques minutes volées à mon petit déjeuner.

Trois jours ont vite passé en Guadeloupe : plongées, plongées, et plongées. Avec un objectif unique. Et nous les avons ces prises de vue exceptionnelles !…

René Heuzey, notre réalisateur sous-marin a plongé, encore et encore, sur des durées parfois furtives, pour filmer les cachalots dans les eaux de la Guadeloupe tandis que sa jambe est encore enchâssée dans un harnais suite à une déchirure du tendon d’Achille après la morsure d’une murène en Polynésie. Un exploit pour lui, et un bel exercice de professionnel aguerri.

Et puis des dauphins, encore et encore, jouant avec le catamaran lancé à fond sur des flots outremer.

Nous sommes en général toujours bien accueillis par les centres de plongée dans le monde, plus encore dans les centres francophones bien sûr puisque la série est diffusée d’abord en français avant d’être doublée en anglais et vendue en d’autres contrées. Des centres de plongée qui nous offrent tout l’appui logistique pour nos tournages ont l’art et la manière de vous aider sans vous culpabiliser, d’être disponibles et parfaitement capables d’assurer votre sécurité en prime. Qu’ils soient remerciés ici de leur bonne volonté et de l’expérience qu’ils mettent la plupart du temps gracieusement au service de tous les tournages de cinéma ou télévision même si souvent l’expérience leur laisse un souvenir mi-figue mi-raisin. Ils en ont eux aussi des histoires à raconter…

Nous sommes le 25 mars donc, il est 18h10 et il fait encore 28° sur la Dominique, île des Caraïbes située à 2 heures de ferry express de la Guadeloupe. Ferry que nous avons pris ce matin. L’Express des Îles, confortable. Mais pour rien au monde je ne le prendrais par gros temps !… Sur une mer d’huile, comme ce matin, nous étions 4 sur 7 à être limite nauséeux, même parmi notre équipe sous-marine, c’est dire ! Quand nos plongeurs admettent qu’il était temps que l’on arrive c’est que le mal de mer général n’était pas loin.

Interruption de rédaction… En tournage, on court toujours après le temps et je reprends donc mon récit ici trois jours plus tard.

Sur la Dominique, vous pourrez aussi rencontrer les derniers Indiens Carib, premiers habitants de l’île bien avant la colonisation…

Dominique, île des Caraïbes réputée pour son authenticité puisque le développement de l’activité touristique y est encore très récent, balbutiant sur sa côte Ouest. L’île souffre donc moins que d’autres de la déprédation par l’homme. Bien sûr ne confondez pas Dominique avec république dominicaine : même mer caraïbes, mais pas du tout la même île et pas du tout le même développement économique.

Imaginez une île qui fut vierge, et montagneuse, aux arêtes incisives, avec un cratère géant immergé sur sa côte sud-ouest qui peut atteindre les 800 mètres de profondeur : on prétend que des calmars géants pourraient bien y constituer le déjeuner des cachalots que l’on rencontre ici chaque année…

Visualisez une nature exubérante, des palmiers, manguiers, badamiers, cocotiers, bananiers, arbres à pomme-cythère, et pamplemoussiers à foison : le jus de pamplemousses est ici aussi facile à obtenir que la bière locale. Par contre oubliez le Coca Light, vous n’en trouverez pas. Parce que la Dominique est une république jeune, récente, et qu’elle n’a pas encore eu le temps, ni les moyens financiers, de développer le tourisme outrancier des îles qui l’entourent.

Sur la Dominique, vous pourrez aussi rencontrer les derniers Indiens Carib, premiers habitants de l’île bien avant la colonisation qui a exterminé ceux qui étaient arrivés depuis le Venezuela sur des embarcations de fortune.

Si vous avez les contacts nécessaires, vous pourrez dormir dans l’un des sept villages qui ont obtenu un statut particulier sur l’île, des villages dirigés par un chef qui veille à la croissance économique de ses habitants mais aussi à la protection de l’environnement et à la survivance des traditions et de la coutume. Prudents, les Indiens Carib vous accueilleront pourtant avec une grande gentillesse, si vous êtes présentés par le chef.

On vous montrera l’art de la vannerie, et vous goûterez aux pains de maïs cuits littéralement sur la braise au bord de la route. Si vous êtes curieux vous chercherez le chemin qui vous mènera jusqu’à cet escalier naturel géant aux marches de lave qui s’enfonce doucement dans l’Atlantique furieux…

L’île authentique est restée mystérieuse, et les légendes ici font tout pour lier l’histoire des anciens aux divinités oubliées. On sourit, mais on a envie d’y croire.

Nous n’avons pas eu de chance pendant notre séjour sur la Dominique : le temps – s’il reste très chaud – est humide avec un ciel couvert. Pas de belle lumière donc qui ferait exploser les couleurs des arbustes en fleurs : buissons d’allamandas citron et pourpre, fleurs de gingembre à foison, liane aurore, crotons sur un mètre de haut,… Une île fleurie, luxuriante.

Avec des plongées littéralement splendides ! Ceux qui connaissent les plongées de Guadeloupe ou Martinique n’ont encore rien vu : nos plongeurs expérimentés (et je suis d’accord avec eux ) ont déclaré qu’ils ont fait ici leurs plus belles plongées de toutes les Caraïbes. Je vous en reparlerai.

Nous sommes déjà le 28 mars au matin… Il est 8h24 et je dois encore répondre à quelques e-mails donc pas le temps de raconter davantage pour l’instant. Nous quittons la Dominique ce matin pour Miami en Floride, avec une escale obligatoire à Porto Rico. Demain, ce sera une journée de tournage à Miami Beach, puis nous embarquerons pour 4 jours. Pour quelle destination ?… Vous le saurez dès que je trouverai une nouvelle connexion !

Mais pour l’instant je file refaire mes bagages, comme les six autres personnes qui constituent l’équipe cette fois-ci : pour embarquer sur les vols des compagnies américaines, nous avons des contingences sévères auxquelles nous ne pouvons pas échapper ! Quelle galère !

Ne m’en veuillez pas, pas le temps de relire mon texte, je corrigerai au retour.

Cet article a été publié une première fois en mars 2007 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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