Disneyland Paris, Mickey MouseA l’heure où les Américains s’apprêtent à célébrer un président événement, et pour emboîter le pas à toutes nos chaines de télévision, j’ai hésité entre vous raconter une journée à New York et un tout autre aspect de la culture américaine, à portée de main, à quelques kilomètres, parfois même à quelques stations de RER de votre domicile. L’Oncle Sam est partout, chaque jour, excitant nos neurones sur des logiciels mal aboutis, assaillant nos estomacs de fast-fooders, ravageant nos heures de loisirs avec des films à gros calibres ou des séries qui abrutissent nos ados. Impossible d’y échapper…

Disneyland Paris, Mickey


Et alors ? Est-ce si terrible ?…

Il y a trente ou quarante ans nos parents invitaient leurs rejetons à rêver devant Flipper le Dauphin et Zorro. Aujourd’hui ils ont cédé du terrain devant 24H Chrono mais ces mêmes enfants plébiscitent le dernier James Bond et vénèrent toutes les équipes des Experts (Miami, Manhattan, Las Vegas), records d’audience sur TF1. Hier nous découvrions le Coca, aujourd’hui nous sommes indécis lorsqu’il faut trancher entre Light ou Zéro (je n’ai toujours pas compris quelle est la différence, et vous ?…).

Et malgré le spectre du 11 septembre beaucoup rêvent encore de découvrir New York ou de se promener dans les célèbres rues de San Francisco, de s’offrir un verre à Miami Beach ou de se prendre en photo sous les collines Hollywood. Sans aller si loin, les Américains sont venus à nous par de multiples façons dont la plus agréable est sans doute l’implantation de leurs parcs d’attraction.

Disneyland Paris (on disait Euro Disney avant), c’est 937 millions d’Euros pour 2008, et l’année n’est pas terminée. Une superficie de près de 20 km2 implantée en Seine et Marne non loin de Paris, 6 hôtels Disney + 5 autres hôtels associés. Vous étiez 14,5 millions à l’avoir visité fin 2007. Et moi, et moi, et moi…

Château de la Belle au Bois Dormant, Disneyland ParisComme vous j’ai eu un enfant qui a grandit avec les fabuleuses histoires de Monsieur Disney que je trouvais plus morales que celle de Bioman. Bien sûr il a fallu me battre contre les envahissantes Tortues Ninja et elles ont eu raison de ma pugnacité puisque mon fils s’est imprégné de culture japonisante à tel point qu’il a eu envie de s’en rapprocher au plus près, jusqu’à émigrer en Australie (en attendant le grand saut nippon). Mais jusqu’à ses 10-12 ans, l’enfant ne rechignait pas sur une excursion au pays de la magie américaine. Un mois en Floride ?… Dont cinq jours à Disneyworld (il faut bien cela pour survoler l’immense territoire des parcs Disney). Puis l’infâme souris a débarqué à Paris.

Inauguration le 12 avril 1992, nous y étions quinze jours plus tard, le gamin sautillant d’attraction en attraction, répétant à l’envie « c’est plus neuf qu’en Floride mais c’est le même !« , son père l’embarquant sur un inoubliable voyage inter galactique à la Star Wars, sa mère le tirant de force vers les jolies poupées de l’enchanteur Small World (oui, je sais, des poupées pour un garçon… mais il faut bien leur ouvrir l’esprit à ces garçons !).

Puis ce fut le rituel, chaque année, le week-end récompense pour bons et loyaux efforts scolaires, et pour un enfant ne rencontrant guère de difficultés, c’était pain béni. Sauf pour les adultes : périodes de vacances scolaires obligatoires, avec des hordes de braillards excités, de parents survoltés et mal élevés, de gentils animateurs agaçants à force d’être trop souriants. Jusqu’à ce que l’enfant devenu ado ne décide, en visitant le parc californien, que cette fois, il en avait fait le tour !

Ouf…

Je m’en croyais sortie !

Eh non, quelques années plus tard, il vous faut y emmener d’autres enfants, ceux de vos amies, ceux de votre nouvelle famille recomposée. Vos amies vous supplient de ne pas les laisser affronter seules la sortie épuisante (parce qu’elle l’est !), et vous cédez par compassion, ou par obligation. Vous savez déjà qu’il ne s’agit pas d’un week-end de détente, que c’est un véritable gouffre financier, que vous rentrerez malade (il fait toujours un froid terrible en dehors du mois d’août !), fourbu, et ruiné.

Mais content.

Parce que même si vous avez perdu vos illusions d’enfant, même si vous percevez le carton pâte derrière les ors et les paillettes, même si vous refusez de vous laisser prendre au piège de l’attendrissement et du sourire à tout crin, quelques heures chez Disney c’est comme une purée-jambon ou les fraises Tagada : un délicieux moment purement régressif qui ne fait de mal à personne et dont on aurait besoin plus souvent !

Et j’ai rempilé dernièrement…

Première destination touristique d’Europe  Disneyland Paris ne laisse pas indifférent, même si je me suis surprise cette fois à la voir autrement. Un œil sur deux pré-ados excitées par la Tour de la Terreur et l’autre sur la file d’attente qui affiche 90 minutes avant d’avoir la chance de grimper jusqu’en haut de l’édifice pour entrer dans un ascenseur infernal qui fait une chute (symbolique, mais on y croit !) de 13 étages. Une attraction de 100 millions d’Euros pour relancer la fréquentation du parc au printemps dernier. Mon fils en Floride avait bien cru sa dernière heure arrivée et il avait fallu toute la persuasion de son père pour le convaincre qu’il ne s’agissait que d’illusion…

Disneyland Paris, Tour de la Terreur

Plus loin c’est la Maison Hantée qui attire les fans d’Hitchcock, hologrammes à la clé et quelques apparitions fantômes habilement distillées. Le Train de la Mine (ou Big Thunder Mountain pour les anglophones) vous entraine sur les montagnes russes d’un paysage du Far West (cherchez l’erreur…) dans une course folle et un vacarme assourdissant entre gerbes d’eau et explosions. Un grand succès…

Disneyland Paris Mickey MouseLes filles s’attendrissent à peine sur les poupées animées du Small World (pourquoi sont-ce les mères qui en raffolent le plus ?…) même si en sortant de la barque qui glisse sur l’eau elles garderont longtemps en tête la ritournelle qui fait le succès de l’attraction. Elles exigent Star Tours et ses explosions de comète, guidées par D2R2 dans les méandres d’une course-poursuite extraite des meilleures images du film de George Lucas. On s’y croirait. Et c’est une autre musique mondialement célèbre qui vous accompagne jusqu’à la pause déjeuner indispensable. Parce qu’il faut bien se nourrir…

Curieuse, gourmande et gourmet (pourquoi n’existe-t-il pas de féminin ???), j’ai pour religion de goûter à (presque) tout ce qui s’offre à l’excitation de mes papilles. Et se rendre à  Disneyland Paris c’est l’occasion de goûter quelques spécialités, si vous n’êtes pas trop regardant sur l’authenticité. Faisons le tri en éliminant d’emblée tous ces restaurants cafétérias répartis dans tout le parc et qui vendent des plateaux façon Mac Do sans le nommer. Si vous faites l’effort financier de passer une journée ou deux au royaume de Mickey, dépensez quelques euros de plus pour vous asseoir dans des lieux à la décoration un peu plus prononcée et laissez-vous tenter par des plats à tendance tex-mex (comme dans le restaurant des Pirates des Caraïbes qui se trouve intégré dans le  parcours de l’attraction).

J’ai testé aussi un jour le restaurant de Cendrillon (réservez dès le matin, la salle est petite comparé aux autres restaurants) : serveurs laquais en collants blancs, serveuses accortes aux joues dument blushées, et cuisine plus traditionnelle, avec des plats moins middle-class (et un tarif adéquat). Si comme moi ce jour-là vous fêtez votre anniversaire et que vos proches ont tenu à vous faire la surprise, essayez de ne pas avoir envie de disparaître sous la table lorsqu’une charmante équipe de serveurs vous chantera ses vœux devant toute la salle en déposant devant vous un gâteau qui n’a rien d’un Pierre Hermé…

Mais je confesse que je ne vais pas chez Disney sans m’offrir un cookie, un vrai, un grand. Tout le monde sait de nos jours ce qu’est un cookie, ce biscuit rond, façon artisanale, typiquement américain, truffé de paillettes de chocolat blanc ou noir. Ma préférence va aux noix de pécan sur un fond de cacao bien sûr, et je ne vous révèlerai pas mon adresse secrète à New York, non loin de Rockfeller Plaza ! Je la garde jalousement. J’avoue préférer les brownies, mais si la qualité a baissé depuis les toutes premières années du parc quand on pouvait encore trouver un vrai chocolat chaud pour les accompagner, je craque toujours sur les larges cookies au chocolat vendus encore chauds et parfumés dans l’un des cafés au début de Main Street, quand le château se trouve derrière vous. Oubliez le chocolat chaud, devenu totalement insipide et identique à celui de votre distributeur en entreprise, mais le cookie vaut encore le détour.

Après cette halte gastronomique vous aurez sans doute envie de vous relancer dans la frénésie ambiante qui pousse vers les attractions rivalisant entre elles pour vous attirer sans vous retenir trop longtemps, et permettre ainsi aux centaines de visiteurs qui trépignent derrière vous de partager quelques souvenirs qui feront s’exclamer les enfants quelques années plus tard : « tu te souviens Maman ?!… Vous aurez même le droit de faire semblant d’être effrayée pendant les grosses explosions simulées dans le parc voisin dédié aux décors de cinéma.

Studios MGM, Disneyland Paris

Aller chez  Disneyland Paris c’est faire un autre voyage, entrer dans le monde de l’enfance, c’est accepter de se laisser manipuler, se soumettre volontairement et pour quelques heures au savoir-faire à l’américaine, sans trop dénigrer, et surtout sans nier son plaisir. Sinon, à quoi bon se déplacer…

Et vous, qu’en avez-vous retenu ? Quel est votre meilleur souvenir ? Que recommanderiez-vous ?… Je suis certaine que vous aussi vous y êtes allé(e)…

(PS : cet article n’est pas sponsorisé !)

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