Côte d’Azur, en France : Menton… 4ème jour de tournage du trentième épisode du magazine télévision Carnets de Plongée…
L’équipe sous-marine s’apprête à plonger sous le soleil, dans une Méditerranée avenante. René Heuzey se met à l’eau (photo ci-dessus), on lui passe le précieux caisson abritant sa caméra, il fait un dernier signe puis descend quinze mètres sous la surface pour parfaire ses réglages et attendre le saut de L’Homme.
Travaillant ensemble en toute confiance depuis plusieurs années et tous deux plongeurs aguerris, ils ont convenu d’un timing entre eux, le temps pour notre cameraman sous-marin d’être prêt à filmer.
L’Homme patiente donc deux minutes, puis saute à l’eau (photo ci-dessous). Détail qui va compter : un nouveau sponsor lui a confié un gilet stabilisateur tout neuf et Francis doit donc régler son équilibrage avant toute chose avant de sonder vers le fond.
Il gonfle, purge, veut descendre, mais… il est trop léger, il lui manque 2 plombs pour acquérir une bonne flottabilité.
Il me fait signe puisque je suis en attente de ses instructions à bord, je m’agenouille sur le pont, bloque un genou contre le bastingage pour assurer ma sécurité et lui passe le premier plomb qu’il doit ajuster à sa ceinture ou enfouir dans l’une des poches du gilet stabilisateur.
Tandis que je lui en laisse le temps, notre réalisateur se précipite pour lui tendre un second plomb.
Tout plongeur le sait : il faut toujours quelques plongées pour s’habituer à un nouvel équipement, pour acquérir les réflexes d’utilisation.
L’Homme a un peu de mal à localiser les poches de son nouveau gilet puis à les refermer. Mais pour ne pas faire attendre T. qui lui tend l’autre plomb, il le saisit et le voici encombré avec une poche qui ne ferme pas, un plomb en trop à gérer, et ses gants qui l’empêchent de bien sentir tous ces éléments…
Pas de problème.
L’Homme me demande de l’aider à fermer sa poche à sangle et s’allonge à demi en surface pour que je puisse me pencher par-dessus bord et l’assister dans cette tache que je comprends et que je suis apte à assurer sans délai.
Pourtant notre zélé réalisateur – voulant bien faire – se tenant d’une main au bastingage, attrape la sangle sous mes doigts et lui dit : « ne bouge pas, je t’aide !« .
Mais ayant fait son premier baptême de plongée en compagnie de René au Brésil quelques mois plus tôt, il n’a jamais été confronté au matériel de plongée ni à la fermeture très particulière de cette poche. Et malgré sa bonne volonté, la houle soudain fait tanguer le bateau et il bascule de tout son poids vers l’avant !!!
En un quart de seconde je le vois plonger tête la première dans l’eau en position du canard, son postérieur pointé vers le ciel, se tenant toujours d’une main humide au bastingage, et l’autre frappant l’eau furieusement dans des tentatives désespérées pour ressortir de l’eau d’un coup de rein !
Mais celui d’entre vous qui a déjà vécu cette aventure sait pertinemment qu’il est impossible de se redresser lorsque l’on est – à bord d’un bateau – en position de l’autruche, tête dans l’eau…
J’attrape alors T. instinctivement par la ceinture de son pantalon et tente désespérément de l’empêcher de basculer complètement : je sais qu’il a dans ses poches tout un tas d’accessoires hétéroclites pour le tournage ainsi qu’un téléphone qu’il bichonne affectueusement, sans compter les lunettes qu’il porte en permanence et qu’il essaie de conserver sous l’eau.
L’Homme qui se demande soudain pourquoi son réalisateur surgit dans un monde liquide qui n’est pas le sien, et avec ses lunettes sur le nez, tente de le repousser d’une main vers la surface tout en me disant : « mais qu’est-ce qu’il fait ?« .
Et finalement, après les premières secondes de stupeur puis l’éclat de rire général sur le bateau, voyant que je ne réussis pas à sortir de l’eau ce pauvre T., un moniteur de plongée plus costaud que moi lui attrape le bras et le hisse vers l’arrière pour l’aider à refaire surface…
Notre producteur à bord qui a littéralement explosé de rire s’inquiète ensuite de son ami qui se remet rapidement de ses émotions en riant avec tout le monde. Heureusement, T. a de l’humour…
Je tends son second plomb à l’Homme qui s’enfonce ensuite lentement dans le velours liquide de la Méditerranée sans avoir compris ce qui se passait.
T. est trempé jusqu’à mi-corps, il n’a rien perdu, mais son téléphone est mort noyé…
Le lendemain, il se promettait de passer son niveau I.
Envie d’en apprendre davantage sur mes promenades en France ? J’en parle moins souvent, mais je la connais bien, du Nord au Sud, et d’Est en Ouest. Voici quelques pistes à explorer :
Mes photos sur la France :500px.com, Getty Images, Picfair pour de nombreuses photos (à regarder ou à acheter), et sur ma boutique en lignepour des objets dérivées (puzzles, impressions, mugs,…)
Cet article a été publié une première fois en août 2006 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne à ce jour. Les articles re-publiés ici sont tous rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.
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Blogueuse voyage depuis 2004, auteure, photographe, éditrice du magazine Repérages Voyages (en ligne, gratuit). Française, j’ai exploré 82 pays au fil des ans et vécu en différents endroits de notre belle planète (La Réunion, île Maurice, Suisse, Indonésie, Espagne). Très attachée au ton « journal de bord » plutôt qu’à une liste d’infos pratiques. Mon objectif ? Partager mes expériences de voyages avec ceux qui n’ont pas la possibilité de partir aussi souvent.
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Côte d’Azur, en France : Menton… 4ème jour de tournage du trentième épisode du magazine télévision Carnets de Plongée…
L’équipe sous-marine s’apprête à plonger sous le soleil, dans une Méditerranée avenante. René Heuzey se met à l’eau (photo ci-dessus), on lui passe le précieux caisson abritant sa caméra, il fait un dernier signe puis descend quinze mètres sous la surface pour parfaire ses réglages et attendre le saut de L’Homme.
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Il gonfle, purge, veut descendre, mais… il est trop léger, il lui manque 2 plombs pour acquérir une bonne flottabilité.
Il me fait signe puisque je suis en attente de ses instructions à bord, je m’agenouille sur le pont, bloque un genou contre le bastingage pour assurer ma sécurité et lui passe le premier plomb qu’il doit ajuster à sa ceinture ou enfouir dans l’une des poches du gilet stabilisateur.
Tandis que je lui en laisse le temps, notre réalisateur se précipite pour lui tendre un second plomb.
Tout plongeur le sait : il faut toujours quelques plongées pour s’habituer à un nouvel équipement, pour acquérir les réflexes d’utilisation.
L’Homme a un peu de mal à localiser les poches de son nouveau gilet puis à les refermer. Mais pour ne pas faire attendre T. qui lui tend l’autre plomb, il le saisit et le voici encombré avec une poche qui ne ferme pas, un plomb en trop à gérer, et ses gants qui l’empêchent de bien sentir tous ces éléments…
Pas de problème.
L’Homme me demande de l’aider à fermer sa poche à sangle et s’allonge à demi en surface pour que je puisse me pencher par-dessus bord et l’assister dans cette tache que je comprends et que je suis apte à assurer sans délai.
Pourtant notre zélé réalisateur – voulant bien faire – se tenant d’une main au bastingage, attrape la sangle sous mes doigts et lui dit : « ne bouge pas, je t’aide !« .
Mais ayant fait son premier baptême de plongée en compagnie de René au Brésil quelques mois plus tôt, il n’a jamais été confronté au matériel de plongée ni à la fermeture très particulière de cette poche. Et malgré sa bonne volonté, la houle soudain fait tanguer le bateau et il bascule de tout son poids vers l’avant !!!
En un quart de seconde je le vois plonger tête la première dans l’eau en position du canard, son postérieur pointé vers le ciel, se tenant toujours d’une main humide au bastingage, et l’autre frappant l’eau furieusement dans des tentatives désespérées pour ressortir de l’eau d’un coup de rein !
Mais celui d’entre vous qui a déjà vécu cette aventure sait pertinemment qu’il est impossible de se redresser lorsque l’on est – à bord d’un bateau – en position de l’autruche, tête dans l’eau…
J’attrape alors T. instinctivement par la ceinture de son pantalon et tente désespérément de l’empêcher de basculer complètement : je sais qu’il a dans ses poches tout un tas d’accessoires hétéroclites pour le tournage ainsi qu’un téléphone qu’il bichonne affectueusement, sans compter les lunettes qu’il porte en permanence et qu’il essaie de conserver sous l’eau.
L’Homme qui se demande soudain pourquoi son réalisateur surgit dans un monde liquide qui n’est pas le sien, et avec ses lunettes sur le nez, tente de le repousser d’une main vers la surface tout en me disant : « mais qu’est-ce qu’il fait ?« .
Et finalement, après les premières secondes de stupeur puis l’éclat de rire général sur le bateau, voyant que je ne réussis pas à sortir de l’eau ce pauvre T., un moniteur de plongée plus costaud que moi lui attrape le bras et le hisse vers l’arrière pour l’aider à refaire surface…
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T. est trempé jusqu’à mi-corps, il n’a rien perdu, mais son téléphone est mort noyé…
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Blogueuse voyage depuis 2004, auteure, photographe, éditrice du magazine Repérages Voyages (en ligne, gratuit). Française, j’ai exploré 82 pays au fil des ans et vécu en différents endroits de notre belle planète (La Réunion, île Maurice, Suisse, Indonésie, Espagne). Très attachée au ton « journal de bord » plutôt qu’à une liste d’infos pratiques. Mon objectif ? Partager mes expériences de voyages avec ceux qui n’ont pas la possibilité de partir aussi souvent.
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