Islande, algue rose de l'Atlantique Nord © Marie-Ange Ostré

Pendant notre tournage en Islande j’essaie de publier un texte par jour, afin que vous puissiez nous suivre chaque matin. Aujourd’hui nous avons appris quelques mots de vocabulaire Viking, à vous de juger…

Oui, je le sais, Raufaholtshellir est tout bonnement imprononçable… Et j’avoue l’avoir inscrit exprès parce que je suis sûre que certains d’entre vous tenteront de le prononcer. Donc sur la fin il faut prononcer « hetlir » et non « hellir« , ce qui signifie « grotte » en islandais, et donc en viking puisque la langue d’origine est précieusement conservée par les Islandais.

Autant la langue française a évolué au cours des siècles, autant les Islandais protègent farouchement leur langue au point de débattre de longues semaines au Congrès sur la traduction d’un terme technique pourtant adopté par le langage courant au gré de la mondialisation. Par exemple, le mot « pile » (= batterie) se traduirait ici par « qui apporte l’énergie ».

Si on pouvait en France cesser de modifier notre langue sous prétexte de modernisation à tout va ! Les Canadiens francophones parlent un français souvent plus précis que nous.

Mais revenons à notre grotte : Raufaholtshellir. Elle s’est créée naturellement à l’intérieur d’un tunnel de lave il y a quelques centaines d’années au cours de l’éruption d’un volcan. Depuis cette éruption le sol de ce tunnel est jonché d’énormes blocs qui tombent régulièrement du plafond ou des parois.

Une grotte dans laquelle nous sommes restés plus de trois heures et qui a présenté quelques difficultés : il a fallu marcher, grimper, escalader, contourner, ces blocs rocheux dans une quasi obscurité en dehors de nos petites lampes spéléo fixées sur nos casques de protection. Ne vous fiez pas à la luminosité que montrent mes photos, j’ai un peu joué sur la luminosité sur l’ordinateur…

Ajoutez à cela une humidité permanente, comme dans toutes les grottes du monde, humidité accrue par les grosses gouttes de pluie qui filtrent du plafond en permanence et qui s’écrasent une à une sur votre nez, ou mieux, dans l’œil juste au moment où vous êtes en train de réaliser le cadrage de votre vie ! N’oublions pas la buée qui se forme systématiquement sur l’objectif de la caméra mais aussi sur celui de mon appareil photo.

Les grottes = le bonheur des photographes !…

Après ces efforts physiques importants, et quelques chutes et glissades pour certains d’entre nous mais sans dommages, nous avons tourné deux ou trois séquences sous la seule éclaircie que nous ayons eu depuis trois jours ! Patrick Luzeux, notre réalisateur, a soudain fait stopper net la voiture. Il est descendu en trombe tout en distribuant les consignes à la volée puis a couru au sommet d’une butte pour filmer le panorama avant que la pluie ne reprenne.

Le vert que vous voyez est attribué aux mousses épaisses qui ont déjà quelques centaines d’années. Impressionnant quand on y songe, surtout lorsqu’on les foule aux pieds : un tapis épais, spongieux, très confortable sous le pied mais aussi très dangereux. Sous cette mousse peuvent se dissimuler des anfractuosités (attention aux chevilles !), mais aussi des tunnels de lave recouverts par cette végétation. Notre guide nous a signalé qu’ici en Islande on ne part pas se promener dans ce type de paysage sans emporter une ou deux fusées de détresse dans son sac à dos : pour signaler sa présence de nuit en cas de chute.

Ensuite nous avons mis le cap sur la minuscule baie de Gardur, à quarante minutes au Sud de Reykjavik. Nous avons rejoint ainsi nos valeureux plongeurs qui avaient déjà testé les 10° de la mer ce matin et qui ont renouvelé l’expérience cet après-midi avec l’Homme. L’endroit manque de charme, défiguré par les quais et l’entrepôt d’une usine de poissons séchés, ce qui ajoute un charmant parfum au vent glacial qui nous fait frissonner.

Sous l’eau, une visibilité de trois mètres à peine, un fond de sable, des soles turbots à foison, des étoiles de mer blanches et quelques algues (ma photo en tête d’article, photographié sur la plage un peu plus loin). Une plongée décevante donc dans l’Atlantique Nord pour René, Aldo et Francis.

Islande, René Heuzey et Aldo Ferrucci, plongeurs © Marie-Ange Ostré

Ci-dessus, René Heuzey et Aldo Ferrucci en grande tenue pour leurs plongées en eaux froides. Très froides… Notez que cet équipement pèse « le poids d’un âne mort » comme le dirait notre Marseillais préféré et que malgré tout ces deux grands professionnels restent motivés et souriants.

Et ce sera tout pour ce soir, parce que je dois encore rédiger l’article pour le blog de France 5 et que mes yeux se ferment déjà tout seuls. Il est 23h50 ici, toute l’équipe dort déjà, et demain nous partons très tôt pour nous rendre sur un glacier qui abrite une somptueuse grotte de glace que notre équipe doit explorer. Au programme : moto-neige, descente en rappel et trek sur la glace.

Je vous souhaite un excellent week-end !

Cet article a été publié une première fois en septembre 2007 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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