Californie, les fleurs des jardins de CarlsbadC’est l’été ! Et j’ai envie de vous emmener en vacances, de parler de sujets légers, aériens, presque futiles. Hier, tandis que je traversais le jardin de la Place des Vosges à Paris, je réfléchissais à toutes ces photos de fleurs que j’ai pu faire aux quatre coins du monde. Puis dans une boutique du marché aux fleurs sur l’île de la Cité, j’admirais les orchidées et je pensais à celles que j’ai photographiées à Bali, sur l’île de La Réunion, ou plus récemment aux Bahamas à l’état sauvage. Je me suis alors demandé si vous apprécieriez de lire quelques lignes aujourd’hui sur des fleurs moins renommées mais qui m’ont pourtant retenue une matinée entière, l’oeil vissé au viseur, à jouer des transparences et des contrastes de couleurs, dans les plantations d’une petite ville de Californie. Ce matin je vous emmène à Carlsbad, le long de la côte Pacifique…

Contrairement à ce que laisse supposer son nom, l’agglomération de Carlsbad n’a rien de germanique : elle fut fondée en 1769 par un conquistador espagnol accompagné d’un moine franciscain qui s’arrêtèrent le long d’un lagon dont les rives étaient peuplées de campements d’Indiens Luiseno. Aujourd’hui, à 56 kilomètres au Nord de San Diego, la ville est plus connue pour le parc d’attraction Legoland, unique aux Etats-Unis, et pour son spot de surf à la réputation mondiale. Mais ce sont les champs de fleurs qui m’ont amenée à visiter Carlsbad par une belle matinée d’avril.

Le coeur duveteux d'une renonculeCarlsbad Flowers Fields (champs de fleurs de Carlsbad) est un site facile à localiser sur une carte : que vous veniez du Nord (Los Angeles) ou du Sud (depuis San Diego), vous ne pourrez pas les manquer : depuis l’autoroute vous admirerez au printemps des champs multicolores, à perte de vue. Je vous recommande une halte pour le plaisir. Parking immense, à l’américaine, quelques dollars à verser pour entrer et se promener dans les champs, et vous voici à humer, admirer, comparer. D’abord quelques carrés de fleurs vous accueillent et retiennent votre attention : lupins, digitales, pensées et marguerites frémissent sous une brise légère. A genoux, vous réglez votre netteté devant les pétales soyeux, les pistils duveteux, les coeurs de velours. Autour de moi, des photographes s’activent avec la même concentration : appareils du dimanche ou objectifs macro, tous ont la même ambition, capturer ce que les yeux discernent mal…

Il est donc temps de s’éloigner et de choisir entre une promenade en tracteur qui vous mènera par troupeaux aux quatre coins de la plantation (ici on appelle cela un ranch), ou une déambulation libre au gré de vos envies. Il est théoriquement interdit de pénétrer dans les champs de fleurs, d’instinct vous vous limiterez donc aux voies tracées par les engins à grosses roues que vous laisserez s’éloigner avec, à bord, des hordes de touristes mexicains ou américains. A vous le silence et la quiétude…

Des champs de renoncules aux effets graphiques...

Les renoncules sont des fleurs moins glamour que les orchidées ou autres fleurs plus sophistiquées qui hantent les salons d’hôtels ou les fleuristes. Mais elles sont pourtant fort appréciées pour leur résistance et leur diversité. En quelques minutes, grâce à d’immenses panneaux judicieusement disséminés dans la plantation, vous en apprendrez davantage sur les conditions de culture de ces fleurs qui ont leurs fans : les graines de renoncules sont si fines et si légères qu’elles ressemblent à de minuscules flocons et il faut les mêler à du sable pour pouvoir les semer à l’automne sans risque de les voir s’éparpiller aux quatre vents. Alors recouvertes de terre, il leur faudra deux à trois semaines pour germer, puis six mois pour fleurir en d’immenses champs colorés. Lorsque les fleurs auront fané, les racines tubéreuses seront ramassées (à la machine dans ce ranch), séchées à l’air libre puis triées par taille avant d’être expédiées pour la vente dans tous les Etats-Unis, au Canada et jusqu’en Europe.

Renoncule de Californie Photo ou tableau ?... Pois de senteur

Vous passerez facilement deux bonnes heures à chercher les plus belles couleurs, le meilleur angle. Ou simplement à admirer ces champs qui ondoient sous le petit vent frais du printemps ensoleillé, l’occasion de vous dégourdir les jambes avant de poursuivre vers San Diego ou Los Angeles ou après un déjeuner de crabe servi devant le Pacifique. Avant de sortir des champs vous irez vous perdre dans le labyrinthe de pois de senteurs : le nez enfoui dans chaque fleur à portée de truffe vous succomberez à la délicatesse des pétales de soie et au parfum légèrement suranné, chéri de nos grands-mères. Et comme partout aux Etats-Unis vous traverserez la boutique avant d’accéder à la sortie. Je parie que, comme moi, vous vous laisserez tenter par la dégustation d’un sundae à la lavande !… Non ?… Alors par celle, plus masculine et plus hot, de boulettes de viande roulées dans une sauce mexicaine fleurie (promis, je n’ai pas su discerner quelle fleur se cachait sous le piment !). Délicieux, mais réservé aux palais robustes ou entraînés ! C’est surtout l’occasion d’abandonner quelques dollars dans les caisses du magasin pour alourdir vos bagages avec des moutardes sucrées-salées ou des sauces caliente.

Saviez-vous que le bouton d’or est une variété de renoncules ?… Je l’ignorais. Et je n’en ai d’ailleurs pas vu dans les Flowers Fields de Carlsbad. Mais dans le langage des fleurs, renoncule signifie « radieuse et charmante ». J’ai toujours eu une préférence pour les iris, qui saurait me dire ce que cela signifie ?…

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