Koh Samui hôtel Four Seasons © Marie-Ange Ostré

De nos jours il est risqué d’exprimer son vrai point de vue surtout lorsqu’il est plutôt négatif. Au risque de me faire lyncher sur les réseaux sociaux auxquels on prête tant d’influence je vais tout de même vous expliquer pourquoi j’ai hésité à Koh Samui entre fascination et déception.

La Thaïlande est l’un des pays les plus plébiscités par les voyageurs qui rêvent de se rendre en Asie. Je voulais l’explorer depuis des années, sans avoir jamais pris le temps ni eu l’occasion professionnelle de m’y rendre. La cuisine thaïlandaise me fascine, la culture thaïlandaise m’intrigue, et je restais sur des a priori positifs liés aux photos admirées sur Internet et grâce aux récits de voyageurs enthousiastes. Il fallait que je teste, alors j’y suis allée.

Un signe de ma déception ?… J’ai passé 15 jours en Thaïlande en décembre 2012, et six mois plus tard je n’ai encore publié aucun article ni aucune photo à ce jour ! Cet article est le premier. Or, les fidèles lecteurs de mon blog de voyage le savent : si je n’en parle pas, c’est que je n’ai pas apprécié.

Six mois plus tard mon impression générale est un peu plus nuancée, suffisamment en tous cas pour avoir envie de refaire un autre test l’année prochaine peut-être. Une chose est sûre, je surveillerai davantage les bons forums de voyageurs et je ferai confiance aux accros à ce pays dit du sourire.

Avant d’explorer Bangkok et ses alentours je me suis d’abord rendue sur l’île de Koh Samui avec l’envie de déconnecter complètement et de profiter de la plage, de la mer, et du soleil. J’avais envie de VACANCES ! Comme vous. Mais je n’ai pas eu de chance : d’abord des conditions climatiques qui n’étaient pas de la partie. Ciels nuageux, pluies fréquentes, le ressenti et les photos sont forcément moins fabuleux.

Et puis j’ai vécu un petit problème (qui s’est avéré majeur) : j’arrivais d’Indonésie où j’avais passé près de 4 semaines sur l’île de Lombok et j’ai atterri à Koh Samui (via une nuit à Singapour) accompagnée d’une sévère intoxication alimentaire qui m’a menée tout droit aux urgences de l’hôpital international de Koh Samui qui, soit-dit en passant, s’est avéré particulièrement efficace.

En déboulant un soir aux urgences dans un l’hôpital thaïlandais on appréhende un peu de repartir plus malade encore. Que nenni, pas ici ! Prise en charge immédiate par une infirmière pour remplir la petite fiche d’admission et dresser un premier diagnostic (il était plus de 21h tout de même) dans des locaux ultra-propres et bien équipés. Consultation par un médecin thaïlandais bilingue anglais dans les 10 minutes qui ont suivi. Confirmation du diagnostic : intoxication alimentaire sévère entraînant une déshydratation.

Traitement : perfusion immédiate + observation pendant une heure + traitement médicamenteux pour 15 jours (pour l’anecdote il me faudra encore un mois avant d’en sortir complètement et trois mois supplémentaires avant d’être capable d’absorber sans contrepartie désagréable tout produit de la mer, donc faites attention aux marchands de poissons et calmars grillés sur le bord de la route en des contrées rarement fréquentées, et notamment dans le sud-est de Lombok…). Et un grand merci à l’hôpital international de Koh Samui !

note de septembre 2020 : il s’est avéré quatre ans plus tard que ce que j’avais pris pour une intoxication alimentaire (avec fièvre et apathie) était en fait une typhoïde. Mon manque d’enthousiasme pour cette destination en est peut-être aussi une conséquence.

Avec une intoxication alimentaire on ne se sent guère en mesure d’apprécier un voyage ni de crapahuter ici et là. Pourtant ce séjour sur l’île de Koh Samui n’était pas aussi inadapté qu’il n’y paraît puisque… je suis tout de même sortie de mon lit, puis de ma chambre (au bout de deux jours de traitement) pour explorer petit à petit, par sessions de demi-journées. Or l’île se prête parfaitement à de courtes sessions d’exploration, même s’il vous faudra emprunter un taxi, ou faire appel à une location de scooter ou de voiture.

Et ô soulagement, ô déception : rien à voir de vraiment fascinant sur cette île ! Je me sentais ainsi moins coupable d’être arrivée physiquement incapable d’assurer un vrai reportage, tout en étant frustrée de découvrir un nouveau pays qui ne me séduisait pas contrairement à mes attentes.

Et ô soulagement, ô déception : rien à voir de vraiment fascinant sur cette île !

Bien sûr il existe des parcs de loisirs ou sites plus ou moins aménagés pour le tourisme, avec petites cascades à admirer, courtes promenades à dos d’éléphant et cacahuètes à lancer à des singes (avec 20 touristes devant vous, et 20 derrière). Ce n’est pas forcément ce que j’apprécie le plus. J’ai photographié la cascade mais j’ai cédé mon tour pour le dos d’éléphant (déjà fait par ailleurs dans une région non fréquentée par les touristes au Vietnam, un superbe souvenir !). Oubliez les toilettes : dans un état épouvantable, dans un cabanon cimenté branlant, et on vous demande de payer. Dangereux d’ailleurs avec des enfants…

Il y a aussi quelques jolies plages sur Koh Samui, dont une partie du littoral est dévoré par des hôtels en enfilade, avec chaises longues sur le sable, comme en certaines îles des Caraïbes ou sur notre Côte d’Azur. Ce ne sont pas les plages que je préfère.

Par contre la plage de votre hôtel (s’il n’est pas en accès direct à l’une des plus grandes plages de l’île) sera sans doute davantage à votre convenance : un sable superbe et fin, peu de fréquentation, et un petit côté Robinson qui me va bien. Reste à connaître le bon hôtel ou à avoir le budget qui convient à ces plages quasi privées puisque l’accès ne peut se faire qu’en entrant par l’hôtel ou depuis la mer. Là, sur votre plage, ce sera vue sur la mer de jade du golfe de Thaïlande, et on ne s’en lasse pas !

Il y a des promenades à Koh Samui (dites parfois « randonnées ») à faire en jungle, disons en végétation dense (car la jungle je connais, j’ai pratiqué à Bornéo par deux fois ainsi qu’en Guyane). On vous montrera des papillons, oui, et des oiseaux. Bien. Sans doute agréable à faire avec des enfants, ou bien s’il s’agit de votre tout premier séjour en Asie.

Il y a des temples sur Koh Samui, et des bouddhas de 12 mètres de haut à photographier. Avec des restaurants et des tas de boutiques de souvenirs autour. Ça manque un peu de sérénité, mais le business est très actif.

Et puis il y a le shopping de Koh Samui. À pratiquer jusqu’à l’overdose si vous aimez cela, si vous aimez les contrefaçons surtout (je rappelle au passage que l’introduction en France de contrefaçons est illégale et vous risquez une amende si les douanes vous pincent avec un faux Vuitton dans la valise). Ce shopping se pratique en marchandant un peu, dans toutes les boutiques. Certains y prendront beaucoup de plaisir, et vous pourrez toujours rapporter à votre cousin le tee-shirt amusant à la mode (genre « petit déj’ compris« ) qu’il n’osera pas porter en dehors de son appartement.

Et puis il y a la nuit à Koh Samui…

Pléthore de restaurants, de bars, de « spas » et de discothèques (karaoké ou non). Vous en trouverez pour tous les goûts (même les moins raffinés) et pour tous les budgets.

Vous pourrez manger thaï bien sûr, mais aussi italien, allemand, australien, espagnol, français,… Ça peut être utile pour ceux qui ont déjà quelques semaines d’Asie dans les pattes et qui rêvent d’une bonne grosse bolognaise. Profitez des fruits de mer grillés, servis à toutes les sauces. Et goûtez à une délicieuse banana pancake (crêpe à la banane), bien plus savoureuse qu’en France puisque nous n’avons pas tout à fait les mêmes bananes.

Cocktails à gogo, mais attention à la qualité de l’alcool et à la composition du cocktail. J’ai siroté deux Singapore Sling (mon cocktail du moment) en deux restaurants différents qui avaient peu en commun avec celui que l’on vous sert à l’hôtel Raffles de Singapour où ce cocktail a été créé (une version améliorée m’aurait convenue).

En sortant la nuit on comprend vite le succès de Koh Samui auprès des moins de 30 ans entre autres, d’autant que l’île de Koh Phangan n’est qu’à quelques minutes de bateau rapide et qu’on s’y amuse des nuits entières lors des célèbres « full moon party » une fois par mois (et plus). A votre bon coeur…

Par contre… si cette abondance de restaurants et options de soirée vous dérange un peu en tant que visiteur voyageur avide d’authenticité il ne faut pas oublier qu’il y a sur Koh Samui une forte communauté d’expatriés français qui trouve sans doute satisfaction à diversifier les plaisirs tout au long de l’année. J’ai même noté sur place la présence d’une annexe au consulat de France, ça peut être utile.

Allez je l’admets, j’attendais sans doute beaucoup trop de Koh Samui, un rêve d’île thaïlandaise entre plongées sous-marines (je n’étais pas en condition mais la mer non plus !) et dîners de folie.

J’ai été déçue par ce premier contact en Thaïlande, même si j’ai apprécié un ou deux restaurants dénichés après avoir parcouru TripAdvisor (je n’avais pas eu le temps de préparer correctement ce voyage avant de partir). Mais il s’agissait surtout de restaurants « trendy« , avec des tarifs presque à l’européenne, et une cuisine thaï aseptisée. Pas franchement ma tasse de thé pour une première découverte, mais je fuyais aussi cette semaine-là trop d’exotisme dans mon assiette. Deux autres petits restaurants qui devaient être « typiquement thaï » ne m’ont pas séduite, tarifs corrects certes pour la Thaïlande mais aucun charme ni de vraie saveur dans mon assiette.

Par ailleurs les Thaïlandais que j’ai croisé et avec lesquels j’ai un peu bavardé sont aimables, certes, mais un peu fatigués par trop de tourisme, ou débitant un discours trop business-oriented. Ce que j’appellerais le syndrome balinais : trop de tourisme tue le tourisme !

Je suis honnête, et une fois n’est pas coutume puisque je rapporte toujours un regard résolument positif sur une destination, je raconte ici mes impressions mitigées suite à ce premier rendez-vous avec la Thaïlande. La prochaine fois je vous raconterai Bangkok, une ville qui bouscule, une ville qui m’a aussi laissée dans le doute, pour d’autres raisons encore.

Malgré tout cette première expérience ne m’empêchera pas de retourner en Thaïlande parce que je veux comprendre ce qui VOUS a plu, ce qui VOUS a enthousiasmé. Je suis en contact régulièrement avec des lecteurs et lectrices qui sont totalement accros à la Thaïlande et j’espère que certains prendront le temps d’expliquer pourquoi, et faire peut-être contrepoids à mon premier ressenti.

À votre tour de me donner des conseils pour mon prochain voyage en Thaïlande, je suis toute ouïe ! Je sais qu’il y a des Français qui me lisent depuis la Thaïlande (je le vois sur mes statistiques de fréquentation), j’espère que vous vivez sur l’île de Koh Samui et que vous saurez nuancer mes premières impressions, je compte sur vous !

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage en Thaïlande ? Voici quelques pistes à explorer :

Je vous propose également de lire mon article relatif à l’hôtel Four Seasons Koh Samui, publié sur mon magazine on line (gratuit) Repérages Voyages. N’hésitez pas à cliquer sur le petit carré en bas à droite des doubles pages pour voir cet article en taille plein écran, et bien sûr tournez les pages pour en lire davantage (vous pouvez aussi partager cet article en cliquant sur le bouton « share » au-dessus de cette double page, merci !) :

Cet article a été publié une première fois en mai 2013 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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