Jordanie, désert de Wadi Rum © Marie-Ange Ostré

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J’ai passé toute la journée précédente sur le site à la fois immense et grandiose de Petra. Autant l’admettre, je manque d’énergie aujourd’hui même si j’ai tout de même visité ce matin rapidement le site beaucoup plus confidentiel de Little Petra (la Petite Petra) dont je vous reparlerai bientôt. 

Ensuite j’ai couvert en mois de deux heures en voiture les 120km qui séparent Petra du désert de Wadi Rum.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011 Wadi Rum est une zone protégée d’environ 700km2 qui s’étend au Sud de la Jordanie, à deux pas de l’Arabie Saoudite et aux portes d’Israël. 

Les adeptes de plongée sous-marine noteront que la ville d’Aqaba (Jordanie) est à moins de 30mn en voiture. Aqaba fait face à Eilat (Israël) de l’autre côté de la frontière, ces deux villes étant positionnées à la pointe Nord du golfe d’Aqaba, entrée de la mer Rouge. 

L’accès à Wadi Rum se fait par le Visitor’s Center, doté de quelques bureaux, de toilettes plutôt propres (prévoyez de la petite monnaie mais ce n’est pas obligatoire) et d’un parking qui accueille les cars et les véhicules de touristes.

Ici, comme la veille à Petra et un peu partout sur les sites touristiques de Jordanie, vous montrez votre Jordan Pass qui recevra un tampon supplémentaire. Puis vous choisissez une option pour la découverte de Wadi Rum. Cela peut être une voiture (que vous aurez réservé à l’avance et qui appartient au Visitor’s Center) ou une autre voiture appartenant à une autre organisation (touristique) tout autant réservée à l’avance. On vous parle de Jeep, je n’en ai pas vu une seule. Toutes ces voitures sont des Toyota pick-up qui emportent 2 à 6 touristes sur la plate-forme arrière, découverte, avec les bagages à l’intérieur du véhicule. 

Vous choisissez votre forfait 2h, 3h, 4 ou 5h. Tout dépend de ce que vous souhaitez voir. Il y a 19 points d’intérêt dénombrés sur la zone de Wadi Rum, vous ne verrez peut-être pas la totalité d’entre eux (certains présentent un intérêt limité). On vous y arrête, vous descendez du véhicule, vous prenez les photos qui conviennent, agrémentées de quelques explications de la part du chauffeur qui fait donc aussi office de guide.

J’ai choisi le forfait 3h parce qu’il était déjà 13h quand je suis arrivée au Visitor’s Center de Wadi Rum. J’ai songé que vers 16h le soleil commencerait à disparaître derrière les sommets et que les ombres s’allongeraient : les photos alors se raréfient. Je ne regrette pas ce choix.

Les photographes noteront que ce désert présentent différents aspects : plaines de sable cernées de montagnes de grès peu élevées, une zone de dunes avec des paysages à perte de vue, des couleurs très changeantes qui vont du jaune pâle à l’ocre rouge, des textures disparates (sable poudreux ou granuleux), etc… La lumière de l’après-midi apporte des teintes chaudes jusqu’à 15h en contraste avec un ciel bleu éclatant, mais au-delà les ombres s’allongent et rendent les photos plus contrastées avec de grands pans d’ombre sur des reliefs étroits. Pour se faire plaisir il faut prendre le temps de s’arrêter (donc être seul ou en couple dans la voiture privatisée) et considérer la journée entière afin de profiter de la lumière du matin sur certains reliefs et celle de l’après-midi sur d’autres.

À Wadi Rum il vous faudra être contemplatif…

Mon chauffeur du jour se nomme Suleiman, il a 23 ans, et il est charmant ! Il parle un anglais très correct, il est attentif, s’arrête chaque fois que je frappe sur le toit, et demande même votre téléphone pour vous prendre en photo en mode panorama ou pour faire un petit montage (très prisé des Chinois ce jour-là). 

Après deux arrêts réglementaires au milieu d’une horde de Toyota je fais accélérer le mouvement : ce n’est pas que je sois misanthrope mais je n’ai pas besoin de touristes sur mes photos et surtout je suis venue dans le désert pour profiter de l’immensité et du silence (tout relatif avec le vent et les dromadaires). Il comprend, j’expédie le thé quasi-obligatoire (la dîme aux Bédouins qui ont seuls l’autorisation d’exploiter commercialement Wadi Rum) et toujours parfumé de cardamome. 

Je prends au zoom les photos des gravures rupestres (de quelle époque ?) depuis le 4×4, et hop je frappe sur le toit et il redémarre pour mettre un boulevard aux Israéliens (voisins) qui parlent haut et fort et n’ont ici qu’une obsession : s’amuser bruyamment en faisant ronfler les moteurs pour faire la course sur le sable.

Dans le désert de Wadi Rum vous verrez (dans le désordre) : le portrait de Lawrence d’Arabie (gravé sur une roche vers 1915) à côté de celui du grand-père du roi actuel (même époque), la source de Lawrence d’Arabie, la maison de Lawrence d’Arabie,… 

Mon gentil chauffeur lui-même me souffle gentiment ce que je pense tout bas : les gravures rupestres ne sont peut-être pas très authentiques, la source était là bien avant Lawrence d’Arabie et ce personnage rendu célèbre par Hollywood sert bien (trop ?) les intérêts commerciaux aux dépens de touristes un peu naïfs. Mais qu’importe, cette légende apporte un petit souffle épique supplémentaire à la découverte du beau désert de Wadi Rum.

Vous grimperez en haut d’une dune, juste derrière la montagne des 7 piliers qui a servi d’ouverture en 1964 au film célèbre. Après le succès planétaire de ce film toute la zone de Wadi Rum fut déclarée zone protégée (au profit des Bédouins qui outre l’exploitation du tourisme y font toujours paître chèvres, moutons, et dromadaires). Ne manquez pas l’ascension de cette petite dune dorée, le paysage vu depuis le sommet est splendide et mérite l’effort (même après une journée épuisante la veille dans Petra qui vous laisse des mollets de fer et des cuisses en béton armé).

Conseil : COUVREZ-VOUS ! Été comme hiver, cela peut sembler incongru mais ceux qui ont déjà vécu l’expérience du désert le savent. À l’arrière d’un pick-up qui roule, il fait frais (voire froid ou très froid !). Le soleil brille, donc le couvre-chef est de rigueur. En février vous apprécierez une bonne écharpe, des manches longues et chaudes, une polaire, un bonnet ou une casquette (et des gants en fin d’après-midi quand vous vous agrippez au 4×4). Pensez aussi au baume à lèvres, et à la petite bouteille d’eau pour vous réhydrater après la grimpette jusqu’au sommet d’une dune.

Vous photographierez des dizaines de paysages criblés de montagnes brun rose érodées par les siècles et par le vent qui déplace le sable en volutes abrasives. J’ai eu de la chance : la semaine précédent mon arrivée il a plu pendant six jours sur ce désert aride. Une semaine plus tard j’ai le plaisir de photographier des tapis de velours vert un peu partout, et je boirai à la source où Lawrence…

À Wadi Rum ce ne sont pas forcément les activités qui font l’intérêt du lieu, ni les sites étiquetés qui attirent les touristes. À Wadi Rum il vous faudra être contemplatif, et ne pas retenir les « magnifique ! » et les « splendide !« . Parce que vous manquerez forcément de vocabulaire, vous verrez…

Peu avant la fin de votre forfait votre chauffeur vous annoncera qu’il vous conduit jusqu’à votre camp (réservé bien sûr avant votre arrivée). Vous y passerez une nuit (c’est suffisant), le temps de profiter des petites activités proposées par votre camp : observation du ciel étoilé dans une nuit d’encre (« star glazing« ) vers 20h30, soirée au coin du feu en suçotant une chicha, dîner oriental sur fond de musique bédouine, et toujours le thé brûlant.

Le désert de Wadi Rum est une belle destination pour y célébrer la soirée de la Saint-Valentin. Quiétude, exotisme et romantisme seront au rendez-vous. 

Je vous laisse découvrir le camp que je recommande en cliquant sur ce lien : Memories Aicha Luxury Camp.

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