Sainte-Lucie, suite JD3 Moon, Jade Mountain hotel

J’ai dormi dans des hôtels d’exception, sur les cinq continents. L’hôtel Jade Mountain obtient haut la main la palme de l’hôtel le plus extravagant dans sa conception tout en assurant un confort luxueux et une vue rare.

« Je vais me construire le plus bel hôtel du monde !« , c’est ainsi qu’à du rêver Nick Troubetzkoy l’heureux propriétaire du Jade Mountain sur l’île de Sainte-Lucie. Un hôtel qui a été élu meilleur hôtel des Caraïbes et troisième meilleur hôtel du monde par un panel de clients exigeants et de professionnels difficiles à satisfaire. 

Nick Troubetzkoy est russo-canadien. Architecte en Colombie Britannique, lorsqu’on l’envoie en mission sur l’île de Sainte-Lucie dans les années 70 pour dessiner des maisons de villégiature il tombe aussitôt amoureux de l’île et achète bientôt une ancienne plantation de canne à sucre qui date du XVIIIème siècle avant d’y bâtir un hôtel au niveau de la plage d’Anse Chastanet, sur la côte Est dans une baie protégée : de petits pavillons à la décoration fraîche et parfaitement intégrée à la culture locale.

Au-dessus, suspendu sur le flanc de la montagne avec une vue à couper le souffle sur les deux célèbres pitons de Sainte-Lucie, Nick a construit ensuite l’extravagant hôtel Jade Mountain que vous n’oublierez plus.

Nick Troubetzkoy et sa femme Karolin ont inauguré mi-2009 l’hôtel qu’il aurait aimé découvrir au cours de ses voyages à travers le monde, intégrant un paysage qui fait partie du concept. Car il s’agit bien d’un concept.

Le Jade Mountain, ainsi nommé pour le goût du propriétaire pour les statuettes de jade dont il possède une riche collection, est visible depuis la mer comme un vaste vaisseau amiral qui n’incite guère au premier abord à pousser plus loin la curiosité. Il faut donc savoir pour venir, et montrer patte blanche : réservez votre séjour, l’hôtel affiche souvent complet avec seulement 29 suites.

En entrant au Jade Mountain vous serez forcément saisi par l’incongruité d’une telle bâtisse. Un pas en avant et vous voici projeté en pleine science-fiction façon écolo. Des passerelles en béton orné de pierres de corail, des fers à béton couronnés d’oeuvres uniques en verre coloré, des plantes luxuriantes courant partout et un jeu de lumières réfléchissant sur des carreaux de verre renvoient à une atmosphère façon James Bond. Vous ne pourrez pas ne pas y penser !

J’ai beau chercher, je ne trouve pas de fenêtre ni de baie vitrée, le quatrième mur de cette suite n’existe pas !

Sur le toit-terrasse au-dessus du restaurant qui bénéficie de sa propre piscine circulaire à débordement vous admirez d’abord le vaste panorama qui embrasse la mer des Caraïbes par-delà de l’horizon. Champagne, amuse-bouches et conversation feutrée dans des fauteuils moelleux et pivotants transforment la plus mièvre des soirées en un moment unique. Si vous n’y étiez pas sensible jusqu’alors, vous apprécierez soudain le moindre coucher de soleil.

Il est temps de découvrir la suite qui m’a été attribuée, il fait déjà nuit.

Pour accéder à ma suite, la JD3 Moon (il existe cinq catégories de suites, chacune avec un nom dédié : Star, Moon, Sun, Galaxy et Sky), je traverse un pont de béton privé, suspendu au-dessus du vide, qui mène à mon unique chambre. Le majordome qui m’est dédié m’explique : « dès que vous posez un pied sur cette passerelle, vous êtes déjà chez vous« .

Parce que j’ai un majordome, formé par la British Guild of Butlers. Il m’explique immédiatement le fonctionnement d’un mini-téléphone portable qui me relie directement à lui, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Pas de numéro à composer ! Chaque suite dispose de son propre majordome, d’une absolue discrétion. Inutile de préciser que je ne l’ai pas dérangé très souvent…

C’est en pénétrant dans la suite que je vais avoir une énorme surprise : dans les 180 m2 que compte cette suite s’inscrit une piscine à débordement de 42m2 à l’intérieur même de la chambre ! Une piscine privée, dans votre chambre, à l’abri des regards.

La deuxième surprise vient des chants d’oiseaux et de celui des insectes qui stridulent dans la nuit étoilée. J’ai beau chercher, je ne trouve pas de fenêtre, ni de baie vitrée : le quatrième mur de cette suite n’existe pas ! Il est littéralement dilué dans l’espace, évaporé. Pas de mur !

Très vite j’apprends que chacune des suites bénéficie de cette vue unique sur les pitons de Sainte-Lucie, le paysage faisant partie intégrante de l’architecture de chaque chambre. C’est toute l’originalité de cet hôtel extra-ordinaire, en dehors de son architecture volontairement exceptionnelle.

Le lendemain après le petit déjeuner servi dans ma suite à l’heure qui me convient je visite l’hôtel dans sa totalité.

Chaque suite est décorée différemment, et chaque piscine dispose de ses propres carreaux de verre irisé et recyclés, conçus par David Knox pour Lightstreams. Des carreaux confectionnés sur mesure pour le Jade Mountain et dont les moules ont été brisés par Nick ensuite pour qu’aucun autre hôtel au monde ne puisse s’enorgueillir d’avoir les mêmes. À vous de préciser lors de la réservation si vous préférez des carreaux bleu outremer, vert émeraude ou rouge rubis pour votre piscine à débordement…

Une suite dispose aussi de la meilleure vue, en arc-de-cercle, sur la mer des Caraïbes et sur les deux pitons. Vous aurez la possibilité d’admirer cette vue depuis votre piscine privée, circulaire elle aussi.

Ce n’est qu’en passant de mon lit à la piscine le matin au réveil que je réaliserai l’intelligente conception de ces chambres qui offrent une intimité absolue.

Bien sûr cette ouverture sur le paysage permet aux oiseaux les plus hardis de vous réveiller à l’aube et de chiper quelques miettes dans votre assiette de crêpes du matin. Mais personne ne peut voir personne depuis sa terrasse. En vous accoudant au bord de votre piscine à débordement vous pourrez admirer le paysage grandiose au lever du jour sans craindre l’indiscrétion puisque des plantes dissimulent l’étage du dessous. Or croyez-moi, sauter de son lit directement dans la piscine au petit matin, sous le chant des oiseaux en guise de réveil, transforme la plus ordinaire des femmes en naïade façon James Bond girl !

Je ne vous parlerai pas du confort offert avec ce type de prestations, il va de soit, et vous lirez tout cela sur le site web de l’hôtel. Mais je préciserai tout de même que la salle de bain en mezzanine sous le plafond de 4,5m de haut de chaque suite est un pur bonheur : immense baignoire jacuzzi surplombant la chambre, douche sans parois, et produits de courtoisie Tom Brown, raffinés.

Si fin 2009 j’ai élu « meilleur hôtel du monde » le Banyan Tree de Ringha en Chine, l’hôtel Jade Mountain de Sainte-Lucie pourrait bien être mon favori pour 2010.

Dans ces véritables sanctuaires que sont les suites parquetées avec des espèces naturelles sélectionnées spécialement en Guyane, meublées grâce au talent d’artisans locaux, dans cet hôtel qui a le souci de préservation de l’environnement en favorisant le recyclage, en profitant d’un service de qualité du fait d’une faible rotation du personnel bien formé, j’ai eu l’impression pendant ces quelques nuits de flotter littéralement entre ciel et mer.

Nul doute que lorsque vous viendrez à votre tour au Jade Mountain jouir d’un séjour de luxe dans ce petit paradis qu’est Sainte-Lucie vous n’aurez qu’un credo : votre plaisir !

 

J’ai aimé tout particulièrement :

  • l’aspect spectaculaire d’une chambre dont le 4ème mur est le paysage à ciel ouvert,
  • la salle de bains en mezzanine qui préserve l’intimité tout en ayant ciel ouvert sur le paysage, la douche multi-jets en espace ouvert,
  • les plantes vertes disposées partout dans la suite (peu fréquents dans les hôtels), augmentant le sentiment que vous faites partie du paysage,
  • deux chaises longues bain de soleil dans votre chambre face au panorama,
  • le carillon de l’entrée peu perturbant,
  • la taille de la piscine qui n’est pas un objet décoratif mais bel et bien fonctionnelle (1,50m de profondeur partout).

 

J’ai moins apprécié :

  • la table n’est pas à la hauteur des prestations exceptionnelles de cet hôtel : mousse de crabe trop salée, mahi-mahi grillé trop cuit (sec). Mais peut-être le Chef était-il de repos ce soir-là puisque le restaurant profite d’une très bonne réputation. Le lendemain midi j’ai déjeuné avec des plats plus simples mais savoureux au restaurant de plage de l’Anse Chastenet sur la même propriété, quelques dizaines de mètres plus bas.

En avril 2012 j’ai rédigé un article paru dans le numéro 5 de mon magazine gratuit online Repérages Voyages. Je vous invite à vous abonner à mes publications sur Issuu parce qu’une autre collection de livres gratuits sera bientôt proposée.

En attendant, cliquez sur cette fenêtre ci-dessous pour afficher l’article en grand format si vous le souhaitez afin de profiter d’une autre mise en page :

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage sur l’île de Sainte-Lucie ? Voici quelques pistes à explorer :

Si le Jade Mountain est réservé à un certain budget vous pouvez opter pour une chambre à l’hôtel Anse Chastenet. Situé au pied du Jade Mountain (même propriétaire), sur la plage Anse Chastenet. Vous logerez dans les petits pavillons de l’hôtel de catégorie inférieure. Un bon confort et une ambiance plus locale, vue sur les pitons de Sainte-Lucie. Restaurant sur place, et centre de plongée (partagés avec le Jade Mountain, ce qui vous garantit un très bon service). Une bonne option (agréable) pour des plongeurs souhaitant découvrir la richesse des fonds marins qui n’ont pas encore été sur-exploités.

Cet article a été publié une première fois en avril 2012 sur mon blog dédié aux hôtels de luxe Meilleurs Hôtels du Monde (2009-2012), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « hôtels luxe ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles.

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