Carte des vols Air Caraïbes

Orly Sud, 08h du matin. Il y a foule ce matin à Orly, ou du moins en ai-je l’impression quand le taxi me dépose sur le trottoir humide.

Chariot à bagages (gratuit, inutile de chercher hâtivement la pièce d’un Euro qu’on ne trouve jamais), un oeil sur l’écran des vols au départ pour vérifier le numéro du comptoir d’enregistrement, l’autre sur mon sac photo qui pèse le poids d’un âne mort et gagne à reposer sur mon sac plongée plutôt que sur mes épaules, et je file vers le comptoir 67.

Soulagée je m’aperçois que peu de monde enregistre de ce côté-là tandis qu’à moins de cinquante mètres une longue file de candidats au départ s’aligne devant le comptoir d’un vol direct vers Pointe-à-Pître.

Mais aujourd’hui je m’intéresse à une autre île des Antilles françaises, aujourd’hui je pars pour Saint-Martin.

Vol TX 536, avec la compagnie Air Caraïbes. En présentant mon passeport je demande s’il est possible d’avoir un siège hublot le plus à l’avant possible de l’appareil, pour le calme. L’hôtesse jette un oeil sur son écran et me répond qu’elle ne peut que m’octroyer un siège en rangée 36, mais puisque l’avion n’est qu’à demi-plein j’aurai l’autorisation de me déplacer dès après le décollage. J’insiste un peu pour qu’elle me place immédiatement vers l’avant puisque tant de sièges restent disponibles, mais en vain : « après le décollage vous pourrez vous avancer« .

Cette curieuse insistance à stocker les passagers en queue de l’avion soulève en moi un soupçon d’inquiétude rétrospective : aurais-je pris tant de risques au cours de tous ces décollages effectués depuis plus de vingt ans en étant placée à l’avant de l’appareil ? Que redoute donc Air Caraïbes pour parquer ainsi ses passagers à l’arrière ? Economie de carburant au décollage ? Il me faut en avoir le coeur net. Y a-t-il une hôtesse de l’air ou un pilote parmi mes lecteurs pour éclairer ma lanterne ?…

Quoiqu’il en soit l’enregistrement est ultra-rapide, l’hôtesse souriante malgré tout et j’apprends que mon vol direct depuis Paris vers Saint-Martin (9 heures 05 de vol) poursuivra ensuite sa route jusqu’à Pointe-à-Pître.

Une heure plus tard l’embarquement se fait sans encombre et je m’installe sur mon siège classe Eco (classe Soleil en vocabulaire Air Caraïbes), coincée entre deux messieurs qui auraient sans doute préféré ne pas s’encombrer de ma présence pour pouvoir déplier plus largement leur quotidien offert à l’entrée de l’avion.

J’ai happé le Paris-Match de la semaine mais les articles sirupeux sur l’action caritative de la Première Dame de France me confirment que ce n’est décidément pas ma littérature.

Un message de bienvenue en français, en anglais, puis en créole pour le grand plaisir des Antillais à bord qui apprécient en le signalant à voix haute (agréable aussi pour les touristes qui se sentent déjà en vacances).

Mais il neige doucement sur Paris, et tandis que je me souviens d’un départ retardé de près de douze heures six ans auparavant pour les mêmes raisons climatiques alors que je m’envolais vers le Brésil, je croise les doigts silencieusement pour que cet Airbus A330 m’emporte aujourd’hui sans délai vers les 26° de la Caraïbe saint-martinoise.

Nous devions décoller à 09h40, le dégivrage de l’avion ajoute dix minutes au retard, et nous décollons enfin à 10h20. Un moindre mal d’autant qu’en moins de deux minutes nous perçons la ouate grise des nuages tristes et nous voici enfin en plein ciel, sous le soleil. Heureux présage…

Fidèle à la recommandation de l’hôtesse, dès que les consignes lumineuses s’éteignent pour indiquer aux passagers que la phase de décollage est terminée, je me lève, retire mon sac du compartiment à bagages et remonte le couloir jusqu’à la cabine qui s’étend devant moi. C’est à peine si dix passagers s’y trouvent disséminés, presque autant ahuris de voir une passagère faire irruption dans leur havre de paix que moi de leur découvrir autant d’espace pour eux tout seuls. Auraient-ils privatisé la cabine ?… Non.

Derrière moi s’engouffrent déjà une quinzaine de passagers qui ont suivi l’audacieuse que je suis.

Parmi eux, un couple avec singes hurleurs d’environ un mètre au garrot que la chef de cabine viendra calmer trois heures plus tard d’un aimable mais ferme « madame, veillez à ce que vos enfants ne jouent plus avec la sonnette d’appel parce que les hôtesses ne peuvent se consacrer à seulement deux passagers« . Les parents sursautent, comme pris en faute, comme s’ils n’avaient pas vu le visage courroucé des passagers qui ne cessaient de se retourner sur leur siège en une muette protestation. Ils s’agitent au-dessus des gamins, les séparent, et retournent chacun à leur film. Trente minutes plus tard les petits monstres hurlent littéralement en tambourinant sur la porte des toilettes au moment où je m’extirpe de la cabine voisine : ils se pensaient enfermés à l’intérieur et je pousse sur le battant pour les délivrer.

Honte sur moi, je n’ai ressenti aucune pitié face au petit visage de l’aîné aux yeux agrandis par l’effroi… Pire, j’ai ordonné fermement : « retournez voir vos parents« , sous les sourires entendus des passagers agacés.

Au moment où je rédige ce texte les garçons sont scotchés devant un film d’animation, chacun installé à côté de son géniteur, et le silence règne depuis plus d’une heure. Pourvu que cela dure…

Logo Air Caraïbes

Cette digression mise à part, laissez-moi vous offrir quelques infos pratiques pour un voyage que vous pourriez avoir envie de faire dans les mois à venir. Précisons d’abord que la compagnie Air Caraïbes est le second opérateur aérien sur les lignes qui relient la France aux Antilles francophones mais aussi à Cuba, la République Dominicaine, Haïti, la Guyane, et le Brésil (avec une liaison vers Belem). Ce qui lui permet d’attirer à elle les passagers désireux d’éviter les escales pénibles sur Miami. A bon entendeur…

Air Caraïbes exerce depuis 2003, ce n’est pas une compagnie charter et c’est – à mon sens – une heureuse alternative à Air France. Ceci pour rassurer ceux d’entre vous qui n’apprécient pas les vols qui décollent entre minuit et cinq heures du matin et qui ne respectent pas (tous) leurs horaires.

Si Air Caraïbes propose depuis décembre dernier ce vol direct entre Paris et Saint-Martin deux fois par semaine, elle offre aussi la possibilité de réserver votre vol depuis 13 villes de province grâce à un accord signé avec la SNCF : TGVAir vous permet ainsi de partir depuis Tours, Nantes, Strasbourg, Lyon,… à destination des Antilles et de la Guyane, avec un billet de TGV couplé au billet d’avion et un système de navettes gratuites aux couleurs d’Air Caraïbes vous transportant de la gare Massy TGV (située non loin d’Orly) vers l’aéroport. Judicieux…

Le simple fait de feuilleter son magazine de bord donne envie de prévoir vos prochaines vacances : un saut à Sainte-Lucie ou Saint-Barth ? Une escale à Saint-Domingue ou Port-Au-Prince ? Ou simplement Guadeloupe et Martinique pour commencer ?…

Ce n’est pas la première fois que je vole sur Air Caraïbes, et même si j’ai été désappointée un jour d’atterrir à Fort-de-France pour une escale surprise de vingt minutes avant de repartir vers la Guadeloupe (ce qui ne nous avait pas été annoncé préalablement), j’avais déjà apprécié le sourire accorte du personnel naviguant et j’accepte cette fois le Bounty qui nous est offert à mi-chemin. Une façon de se mettre déjà en bouche la coco qui parfumera nos agapes locales…

J’ai toujours rêvé sur les cartes des liaisons aériennes que montrent les magazines de bord des compagnies aériennes, pas vous ? Récemment j’ai même passé plus d’une heure à lire les temps de vol entre différentes capitales asiatiques sur le magazine d’une autre compagnie. Ces grands traits en arc de cercle me laissent envisager d’autres échappées belles, d’autres itinérances, voire même un tour du monde. Et plus c’est loin, plus je rêve…

Et puis j’ignore en ce qui vous concerne mais il y a des logos de compagnies aériennes ou des noms de compagnies qui me transportent avant même d’être montée à bord. Le logo d’Air Caraïbes fait partie de ces signes extérieurs de soleil qui m’incitent à choisir cette compagnie plutôt qu’une autre. Mais j’ai un faible aussi pour Cathay, Singapore Airlines, ou encore Emirates qu’il me tarde de découvrir.

Carte de l'île Saint-Martin

Mais je bavarde, je bavarde,… il est temps pour moi de refermer l’écran du Mac : après un vol sans encombre nous atterrirons dans une heure et j’aurai ensuite toute l’après-midi devant moi pour profiter de mes premières heures sur l’île de Saint-Martin. Une location de voiture m’attend à l’aéroport et je mettrai ensuite le cap sur l’un des plus beaux hôtels de l’île, sans doute aussi le plus glamour.

Je rêve d’une bonne douche, et d’une longue promenade sur la plage.

Et d’un cocktail aux fruits !

Envie d’en apprendre davantage sur mon voyage à Saint-Martin ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en février 2010 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». Malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à cet article, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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