Baleine, plongée île Maurice © Hugues Vitry

Il y a des plongées sous-marines qui laissent une trace indélébile sur votre carnet de plongées, c’est le cas des rencontres avec des dauphins, requins et baleines.

Si un centre de plongée sous-marine vous annonce le matin sur le bateau : « aujourd’hui au menu : dauphins, requins et baleines !» vous avez le droit de douter de l’honnêteté du moniteur. S’il s’agit de Hugues Vitry, pour le centre Blue Water Diving Centre sur l’île Maurice, croyez-le sans hésiter. Je le répète haut et clair, avoir la chance de faire une plongée à  l’île Maurice avec Hugues est une chance à saisir.

Outre sa personnalité attachante il possède une parfaite connaissance des fonds sous-marins de son île mais aussi de sa faune, et c’est là toute la différence.

Côte de Trou-Aux-Biches, île Maurice

Côte et lagon de Trou aux Biches, au Nord-Ouest de l’île Maurice. En arrière-plan, les montagnes avec le sommet pointu du Pietr Both.

06h30 du matin, mais personne ne songe à ronchonner sur le ponton tandis que l’équipage charge les bouteilles, deux par personne puisque nous partons en mer pour la journée et nous plongerons par deux fois.

07h, tout le monde à bord, le capitaine donne l’ordre de larguer les amarres et nous quittons rapidement la baie de Trou aux Biches pour prendre la mer. Derrière nous les montagnes de l’île Maurice se profilent dans la brume du petit matin, devant ce sont les silhouettes des îles du Nord qui nous aspirent.

Les conversations s’ébauchent entre plongeurs, les derniers arrivés font connaissance. C’est l’heure des échanges nourris sur tel ordinateur de plongée ou tel appareil photo sous-marin. Réglages, marques, pourcentage, et tarif, ces messieurs s’en donnent à coeur joie tandis que les plongeuses évoquent les débuts de leurs enfants qui ont fait leur baptême de plongée la veille.

J’ai emporté mon iPad avec moi et j’en profite pour filmer quelques séquences et prendre quelques photos de la côte avant que le soleil n’envahisse le paysage.

île Plate, Nord de l'île Maurice

L’île Plate, au Nord de l’île Maurice.

Nous voguons allègrement sur une mer miroir quand un cri fuse : « baleine ! ».

Nous sommes au-delà de l’île Coin de Mire au Nord de Maurice, et Navin notre capitaine émérite fait un ample demi-tour pour rejoindre l’endroit où le cétacé a laissé une large trace blanchâtre en surface, témoignage de sa remontée vers la surface.

Moteur au ralenti, nous sommes tous sur l’avant du bateau et sur le pont supérieur à guetter tous azimuts.

Là !

La baleine sort un bout de museau noir brillant sous le soleil de l’île Maurice, glisse en surface pendant de longues secondes puis plonge sur un arrondi de dos pour le moins élégant. Derrière nous apercevons alors un mini-dos (pour autant qu’il soit vraiment mini !) : son baleineau !

Souffle façon geyser islandais, morceau de tête, dos lustré et fuselé comme un sous-marin atomique, épine dorsale, et elles sondent. Pendant dix minutes.

Ou une heure ?

Baleine, plongée île Maurice © Hugues Vitry

Baleines à bosse ou baleines jubarte, photographiées par Hugues Vitry, dans les eaux de l’île Maurice.

Megaptera novaengliae, en latin. Plus connue sous le nom commun de baleine à bosse ou encore mégaptère ou jubarte. L’espèce de l’hémisphère Sud vit six mois en mer Antarctique pendant l’été austral puis remonte vers les eaux chaudes des tropiques pendant l’hiver pour s’accoupler et donner naissance. Ces baleines arrivent dans les eaux de l’île Maurice vers le mois de juin et repartent vers la fin du mois d’octobre.

Baleine, plongée île Maurice © Hugues Vitry

Nous perdons la notion du temps. À bord les adultes se pâment, appareils photos et caméras au poing, se félicitant de leurs images. Les enfants s’impatientent et scrutent la surface.

Mais nous voulons aussi plonger, et Hugues et Navin savent que la houle va se former après midi. Il faut faire notre première plongée sans trop tarder afin de pouvoir nous en offrir une seconde un peu plus tard.

Cap sur un site que Hugues souhaite garder confidentiel, vous ne m’en voudrez pas de respecter son souhait de préserver « ses » requins. Pas de nom de site cette fois, pas de localisation non plus.

Parce qu’il s’agit bien de requins.

Hugues Vitry fut celui qui fit connaître la célèbre Fosse aux Requins. Il accompagnait alors les équipes de télévision du monde entier et les scientifiques qui souhaitaient filmer cette fosse mythique à laquelle j’ai rendu visite de nombreuses fois en sa compagnie.

Lors de ma dernière visite à la Fosse aux Requins en 2001 juste après le passage du cyclone Dina, nous en avions compté 38 sans pouvoir aller plus loin ! Et croyez-moi, ils étaient plus nombreux !

L’une des plongeuses hésite à descendre, les requins ne sont pas ses amis, elle appréhende. Mais tout le monde l’encourage et nous savons bien que si notre spécialiste à bord nous entraîne à sa suite c’est qu’il n’y a aucun risque. À condition de respecter les instructions.

Petit briefing d’avant-plongée, constitution des binômes en fonction des compétences et de l’expérience de chacun, recommandations, puis saut droit dans le grand bleu.

L’eau est plus claire ici qu’aux abords de l’île mère, d’un beau bleu soyeux, propre.

Les fonds me rappellent ceux de la Fosse aux Requins dans laquelle j’ai plongé une dizaine de fois avant qu’elle ne soit désertée par les requins trop souvent dérangés par des centres de plongée (ou trop pêchée…) : de la pierre, des roches épaisses ressemblant à un éboulis géant, des coraux de feu, de petits bouquets de corail mou rose ou lavande, et des oursins dans tous les creux ! Joli kaléidoscope de couleurs, et de matières.

Nous suivons le maître qui nous entraîne dans un goulet en suivant le flux et reflux du courant. Nous sommes dans moins de 14 mètres de profondeur, et nous entrons dans une arène circulaire, cerclée d’un amas de roches rondes, polies par les millénaires. Chacun se positionne comme il nous l’a été recommandé plus tôt, ventre sur les roches, légèrement en retrait de l’arène.

À l’intérieur, deux grosses femelles prêtes à donner naissance tournent en larges cercles, le ventre plein. Peau très claire, ventre blanc, elles semblent attendre l’heure en peinant comme une femme enceinte de neuf mois. Pour un peu j’aurais pitié d’elles…

Requin gris, île Maurice © Hugues Vitry

Autour d’elles et dans un joyeux désordre, de petits requins en goguette. Une pouponnière d’une quinzaine de représentants de cette espèce tant décriée et donc en danger. Vifs ils passent sous notre nez sans trop remarquer nos bulles, comme si notre présence ne présentait aucun intérêt.

Les flashs crépitent, les vidéos s’enregistrent…

Et je vais faire aujourd’hui ce que je n’ai encore jamais fait sur ce blog de voyages : couper mon article en deux parce que du fait de cette journée extraordinaire avec Blue Water Diving Centre j’ai bien trop à raconter, et puis Hugues Vitry ayant accepté de me confier ses photos pour l’illustrer, ce récit devient bien trop riche pour une seule publication.

Je sais que vous ne liriez pas jusqu’au bout si je publiais l’article tout entier et d’un seul coup. Alors ne m’en veuillez pas de vous laisser en attente, je vous promets que la seconde partie du récit en vaut la peine. Elle est prête, je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton « publier ». Ce que je ferai demain, c’est promis !

Si vous souhaitez lire le récit de toutes mes plongées avec le centre Blue Water Diving Centre, cliquez sur le mot-clé suivant (ici ou sur l’un des tags sur la droite de cette page) : plongée sous-marine.

En attendant, dites-moi : vous, aimeriez-vous aller voir des baleines ? Pensiez-vous en trouver dans les eaux de l’île Maurice ?

Et qui serait tenté par une plongée spéciale requins ? L’avez-vous déjà fait, et où ? À vous de me raconter !

PS du lendemain : je viens donc de mettre en ligne la suite de ce récit d’une extraordinaire journée de plongée sous-marine avec le centre Blue Water Diving Centre et Hugues Vitry son propriétaire et mon ami.

Envie d’en apprendre davantage sur mes nombreux voyages et ma vie sur l’île Maurice ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en octobre 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne à ce jour. Les articles re-publiés ici sont tous rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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