Australie, fêter Noël à Sydney © Marie-Ange Ostré

Depuis quelques jours une frénésie s’empare de l’une des villes les plus éloignées de France : en Australie nous allons fêter Noël à Sydney.

Je vis l’un de mes rêves, ce soir je vais fêter Noël à Sydney, en Australie, et en famille. Ce sera dans une poignée d’heures maintenant : avec les 10 heures de décalage horaire qui séparent la France de la côte Est australienne vous déjeunerez en ce 24 décembre tandis que j’attaquerai les canapés accompagnant un vin à bulles au dîner. Quoique… canapés ? Pas certain !

Comment fêter Noël en Australie en général ou à Sydney en particulier ? C’est simple : remplacez la dinde par le « seafood barbecue » (= barbecue de fruits de mer) et oubliez la neige et le houx. Ici les guirlandes électriques embellissent les palmiers et les sapins sont presque tous artificiels même si certains sont somptueux dans quelques centres commerciaux du centre ville.

A vrai dire j’ai le sentiment que la moitié de la population a quitté la ville hier pour se retrouver en famille en bord de mer tout le long de la côte Pacifique. L’autre moitié je l’ai retrouvée ce matin au marché aux poissons de Sydney (bien moins typique que le marché aux poissons de Tokyo), le Sydney Fish Market : une cohue infernale se presse dès 08h du matin dans les allées séparant crémiers et maraîchers des poissonniers. Or ce matin, peu de poissons à part de petits barramundis prêts à griller. 

Ce matin la vedette c’était la crevette ! 

Mais pas n’importe laquelle : la belle, la grosse, l’énorme crevette. Crue ou cuite (de préférence cuite), sous de petites pancartes clamant une provenance locale. En Australie on consomme australien avant tout, et on en est fier. Et puis c’est moins cher.

Chez Nicolas Seafood (le vendeur le plus important) nous avons donc sacrifié à une file d’attente indistincte (disons une masse agglutinée) jusqu’à ce que la Parisienne en moi ne se réveille pour lever le doigt de façon impérative au moment où une énième vendeuse allait m’ignorer une fois de plus : « pleaaaase…« .

J’ai enfin pu échanger crevettes dodues et langoustes ventrues contre un ticket de caisse équivalent à celui d’un marché parisien un matin de Noël. Direction la caisse enregistreuse, carte de crédit, reçu, et re-queue : la vendeuse doit désormais emballer les victuailles et nous les donner, sans se presser… Qu’on se le dise, je ne suis pas faite pour les courses un jour de Noël, même pour des agapes au bout du monde.

Comment fêter Noël à Sydney ? C’est simple : remplacez la dinde par le « seafood barbecue » !

Parce qu’en plus il fait beau ! Et chaud… 27° à Sydney en ce 24 décembre (il fera 42° dix jours plus tard lorsque je repartirai). Un hémisphère sud que j’apprécie tout particulièrement lorsqu’il m’offre une fin d’année exotique.

Je l’ai déjà vécu pendant trois ans lorsque je vivais sur l’île de La Réunion et l’île Maurice : rien de plus délicieux qu’un Noël sur la plage ! Ou une bonne glace dégustée dans les rues de la ville en sortant d’un centre commercial…

Faire son shopping de Noël en tongs, ça a du panache ! Si, si…

Et puis dès demain ici à Sydney les grands magasins du centre ville seront ouverts pour une grande semaine de soldes gigantesques. Une ruée vers l’or qui fait aussi accourir tout le pays. D’où une envolée des tarifs d’avions et hôtels qui fait de Sydney à Noël la destination la plus cher du monde. Même chose pour les locations d’appartements type Air BnB.

Mes fruits de mer en poche (une grande poche…) j’ai commandé les huîtres. Les Australiens sont malins, ils ont créé des plateaux en plastique moulé dans lesquels ils déposent la douzaine d’huîtres qui se calent bien droites, une par une, dans leur alvéole. Un film alimentaire par-dessus et hop, vous rapportez vos huîtres ouvertes à la maison et il n’y a plus qu’à les glisser au réfrigérateur. Pratique ! Pourquoi les vend-t-on encore en bourriches en France quand on sait que les urgences à Paris ce soir seront pleines de messieurs ayant affronté un couteau à huître de trop ?…

Ici les huîtres sont vendues ouvertes donc, natures ou prêtes à être enfournées : sur quelques plateaux vous trouverez une couche généreuse de béchamel (ou assimilée) à gratiner, sur d’autres les huîtres fraîches sont couvertes d’un mélange asiatique épicé. À Sydney vous rencontrerez la plus grande communauté asiatique hors d’Asie, et cela se remarque partout.

Après les huîtres j’ai évité le bar à sashimi et orienté mes pas vers du saumon fumé, mais pas n’importe lequel : celui que j’ai acheté vient de Tasmanie, cette île que j’ai arpentée l’année dernière et dont je vous ai livré quelques images et récits sur ce blog. Je vous dirai plus tard si le saumon fumé de Tasmanie vaut celui de Norvège ou du Canada !

J’ai bien sûr succombé à l’appel du fromage puisqu’au marché au poissons vous trouverez le magasin Blackwattle Deli : un traiteur et épicerie fine qui propose de nombreux fromages français et italiens, tels le Brie, du Brillat Savarin truffé, un gorgonzola hors d’âge, du vieux Comté et du chèvre cendré côtoyant de l’Époisses odorant. Je me suis montrée sage : sous les tropiques n’abusons pas du fromage de caractère…

En sortant du marché aux poissons je ne me suis pas arrêtée comme bon nombre de locaux ce matin le long du quai pour dévorer une demie douzaine d’huîtres sur des tables à pique-nique (une bonne idée néanmoins !). Non. J’ai pris le bus pour rejoindre le centre ville et retrouver le rayon Ladurée que j’avais remarqué avant-hier pendant mon shopping de Noël : Ladurée, à Sydney !

Ce sont des vendeurs français qui vous servent, dans la langue de Molière, et avec le petit sourire complice de rigueur. Macarons « violet marshmallow » ou réglisse, vous choisissez votre assortiment et repartez avec votre coffret bonbonnière vert tendre, avec la certitude de terminer un repas de Noël de façon légère et savoureuse.

Ici en Australie point de bûche ni de chocolat pour fêter Noël à Sydney mais de gros gâteaux meringués qu’il vaudrait mieux réserver pour le lendemain. Ne critiquons point, je vais constater ce soir au dessert que finalement Ladurée à Sydney ne vaut pas la même enseigne à Paris : les macarons étaient un peu secs, dirais-je légèrement défraîchis ?…

Voilà, nous sommes lundi 24 décembre et il est déjà 16h à Sydney. Je me sens légèrement euphorique, très consciente de la chance que j’ai de vivre mon premier Noël à Sydney. C’était un rêve, je l’avais mentionné l’année dernière sur ma liste de ce que j’aimerais voir dans le monde avant de mourir. Ce rêve, je vais l’exaucer ce soir !

En début d’après-midi je suis allée faire un tour sur la plage de Manly Beach, je vous montre sur la vidéo ci-dessous la foule qui profitait du soleil. Fêter Noël sur la plage avec famille et amis, rien de plus dépaysant ! Glissez votre souris sur la vidéo pour la faire démarrer. 

Je vais maintenant aller me promener jusqu’à Circular Quay pour observer le ballet des ferries qui ramènent les habitants vers leur quartier à travers toute la baie, puis je pousserai jusqu’à l’opéra pour ressentir la frénésie qui s’empare doucement de la ville.

Bien sûr ce ne sont pas encore les célébrations de la semaine prochaine, celles dont je rêve aussi depuis plus de vingt ans. Mais je serai aussi au premier rang pour vous raconter le nouvel an à Sydney, c’est promis ! Entre-temps je me rendrai à l’opéra pour une soirée exceptionnelle dans l’un des lieux les plus emblématiques du monde.

En attendant, et malgré le décalage horaire qui nous sépare, je vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de Noël, que vous soyez seul(e) ou en famille. Je souhaite à chacun sourire et sérénité en ce jour particulier et de songer à tous ceux qui vous manquent. Amis voyageurs, où que vous soyez dans le monde aujourd’hui, ils sont nombreux à avoir envie de vous rejoindre.

Depuis Sydney, joyeux Noël à tous !

Envie d’en apprendre davantage sur mes voyages en Australie ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en décembre 2012 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne aujourd’hui. Les articles re-publiés sur ce site le sont s’ils présentent à mes yeux une valeur émotionnelle ou s’ils offrent un intérêt informatif pour mes lecteurs. Ils sont rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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