Nous sommes tous confrontés un jour ou l’autre au problème des bagages, et ce ne sont pas les plongeurs qui me contrediront. Un sac de plongée, s’il est bien équipé, c’est tout de suite 12 à 15 kg minimum. Bien plus si le bougre a l’intention de tirer le portrait de quelques requins sous l’eau.

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Chaque compagnie aérienne a ses règles, et elle n’en déroge que très rarement. Donc, vous râlez avant de partir, mais vous vous adaptez : on laisse le dernier Dan Brown à la maison (toujours un kg de gagné !), on l’achètera à l’aéroport ! Et on peut emporter un jean de plus. Si ça coince un peu, on paie les 10€ le kg supplémentaire…

Pour des voyageurs professionnels, c’est tout de suite plus compliqué… Au mieux, vous transportez votre ordinateur sur l’épaule et tous vos dossiers sont compressés sous Zip, le douanier vous demandera probablement de sortir l’ordi de sa housse, et peut-être même de le mettre en fonction et d’ouvrir un programme (j’y ai eu droit !).

Au pire…

Au pire, vous avez un métier qui impose du matériel. Mais du matériel lourd. Du matériel qui tient dans des caisses métalliques, qu’il faut être deux à porter, et qui ne sont pas aux normes des compagnies aériennes. Et au « super pire », vous êtes obligé de transiter par les Etats-Unis !…

Depuis le 11 septembre 2001, vous le savez, le gouvernement américain est devenu un peu parano. Et les règles se sont durcies drastiquement : visas, paperasses, empreintes digitales, passeport électronique, et… pas de surcroît de bagages ! Bien sûr, soyons compatissants, ils ont quelques raisons d’être méfiants.

Allez dire cela à notre cameraman qui est en train de pleurer sur la caisse qu’il n’arrive pas à fermer !…

Nous partons dans 3 jours. Et depuis hier, notre producteur s’arrache les cheveux à tenter de nous convaincre de n’emporter que le nombre de bagages qu’il a réussi à négocier avec les compagnies aériennes que nous serons obligés d’emprunter pour nous rendre sur certaines destinations. D’autant que nous aurons 10 vols à prendre en 17 jours, et avec différentes compagnies, et différents formats d’avion. Donc il a obtenu de haute lutte : 2 bagages seulement par personne, d’une taille n’excédant pas 158 cm en tout en additionnant chaque dimension du bagage, à raison de 23 kg maxi par bagage. Cela doit poser pas mal de problèmes à différentes catégories professionnelles…

Depuis hier donc, nos sacs de plongée sont prêts, et n’imaginez même pas y faire entrer un tube de crème solaire ! Reste nos sacs perso, qu’il va falloir lester de la valisette contenant le caisson sous-marin pour l’appareil photo, les dômes, les flashs, bras et accessoires, filtres, connectique et pièces de rechange. Nos appareils photos et objectifs seront dans nos sacs à dos, comme d’habitude. Et mon PC sur mon épaule. Mais je me demande ce qu’il adviendra de la bouteille de shampoing si par malheur, la valisette de 8 kg l’écrabouille dans l’un des atterrissages au cours de nos voyages à venir… Et je ne réponds pas du froissage des tenues de scène de l’Homme sur les destinations où nous ne pourrons pas disposer du service laundry !

De toutes façons, nous sommes prévenus : les compagnies aériennes exigeront que nous abandonnions sur place tout bagage excédentaire aux deux par personne maximum !…

Alors ce soir j’ai une pensée émue pour nos amis qui doivent se battre à l’instant même pour trouver une solution leur permettant d’assurer leur travail dans les meilleures conditions, en ne laissant rien au hasard, et en respectant cette restriction aberrante. Allez expliquez à notre caméraman sous-marin qu’il ne peut pas emporter ses gros phares d’éclairage (une grosse valise) ET son caisson empaqueté ailleurs (il accepte de partir avec un seul tee-shirt mais ne peut pas se passer de ses phares sous-marins !). Dites à notre ingénieur du son qu’il se contente d’un dictaphone numérique au lieu de sa mixette, sa perche, ses bonnettes, son ordi, etc… Dites à notre chef-opérateur qu’il n’aura droit qu’à 6 cassettes pour sa caméra, à répartir dans ses poches de jean. Et à notre réalisateur qu’il ne peut pas emporter la grue pour la caméra (démontée, elle tient dans un sac long de 2 mètres, hors normes…). Dites-leur qu’ils doivent faire un film de qualité en travaillant les mains dans les poches et le nez au vent.

En Indonésie et en Afrique, nous sommes partis avec 800 kg de bagages (voir une partie sur la photo en tête d’article). Là, nous n’aurons droit qu’à 450 kg !!!… Ca signifie 350 kg de matériel en moins.

Et je me demande si ces restrictions aussi draconiennes s’appliquent aussi aux équipes de CNN chaque fois qu’elles se déplacent dans le monde ?…

Voilà, c’était l’humeur du jour…

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