boulerecit.jpg5 mars 2005… Un hôtel confortable accueille nos corps fatigués de voyageurs retardés par une neige intempestive et une grève à la française au départ d’Orly. En arrivant tard à Salvador, nous avons pourtant retrouvé un peu d’enthousiasme dans le bus privé qui nous faisait traverser la ville depuis l’aéroport : la nuit ne nous laissait apercevoir que des ombres d’architecture et la vie grouillante d’une mégapole vibrante mais le chauffeur avait laissé le canal de télévision branché et nous écoutions presque religieusement les premières notes de musique brésilienne à travers celle qu’il nous a présentée comme étant « la Madonna du Brésil », la célèbre Iveta. Un rythme endiablé, une robe blanche virevoltante sur un corps travaillé, des refrains scandés par une foule en délire : elle se produisait sur une scène de Salvador, en direct live.


Pour nous faire oublier la déconvenue de notre retard d’avion, notre gentille tour-opérateur a pris soin de réserver un restaurant original dans un quartier peu animé : depuis près de 48 heures nous avons cumulé les snacks d’aéroport et les plateaux-repas d’avions, jusqu’à l’écoeurement (je n’ai jamais mangé de paella aussi infecte qu’à l’aéroport de Madrid !). Notre équipe est constituée essentiellement de représentants de l’espèce mâle qui n’a qu’une hâte : se mettre un repas substantiel sous la dent !

En ce qui me concerne, je suis partagée entre le besoin d’un vrai repas équilibré et l’envie de goûter enfin à tout ce que la cuisine brésilienne peut avoir à nous offrir. En bordure du quartier d’affaires et à deux cent mètres du Palais des Congrès de Salvador, nous entrons dans une immense salle de restaurant chaleureuse où s’aligne un somptueux buffet d’entrée comme vous n’en avez sûrement jamais vu : des tapas aux sushi, des crevettes bahianaise au saumon fumé, des soupes glacées aux salades raffinées, tout est original, appétissant et parfumé, et nous nous réjouissons d’avance !

Après le cocktail de rigueur pour ouvrir officiellement le tournage (caipirinha classique pour ces messieurs et X… pour les filles, subtil mélange de rhum blanc, sirop de canne et coulis de fraises), nous remplissons nos assiettes au buffet, en nous promettant d’y retourner. Mais sur la table se trouve une petite boîte en bois qui possède un petit couvercle coulissant. Chaque fois que l’un d’entre nous le manipule distraitement, C. (notre guide) prend soin de replacer le couvercle sur la gauche, laissant apparaître un fond rouge. Quand elle constate que nos assiettes d’entrées sont terminées, elle fait alors glisser le petit couvercle vers la droite, révélant le fond vert. Et commence une sarabande de serveurs dans un ballet incessant, tels des coléoptères, qui se ruent vers notre table avec d’immenses broches tendues à bout de bras sur lesquels ont rôties de multiples viandes, saucisses et abats !

Poulet mariné, veau tendre, saucisses multiples, porc goûteux, mais aussi le très fameux bœuf d’Amérique du Sud, à la chair succulente et persillée, se présentent devant chaque convive : le serveur tient sa broche au-dessus de votre assiette et sur un signe d’assentiment de votre part, il découpe une ou deux lamelles de viande qu’il dépose devant vous. Nous goûterons à tout ! Il faut donc renoncer à la feijoada, aux crevettes grillées à l’ail et au poulet à la mode bahianaise (mijoté dans du lait de coco, de l’huile de dendé et les noix de cajou) pour goûter au poulet grillé, au cou de bœuf succulent, aux saucisses courtes, au gigot d’agneau fondant et même aux cœurs de poulet ! Les sushis ne sont pas inoubliables, mais les cœurs de palmiers sont d’une tendresse et d’une saveur redoutables, à la hauteur de ceux que l’ont déguste à l’île Maurice et les viandes sont si gouteûses que notre équipe conviendra plus tard qu’il s’agit de l’un de nos meilleurs repas. Un appétit décuplé sans doute aussi par les sandwiches infâmes que nous avons ingurgités depuis le début de ce voyage…

Ces restaurants sont nombreux à Salvador : vous payez un forfait et vous mangez autant que vous le voulez. Ailleurs, à Fernando de Noronha, nous testerons la restauration au poids : toujours un buffet (plus modeste mais avec un choix de trois viandes), et vous remplissez vous-même votre assiette autant que vous le souhaitez et aussi souvent qu’il vous plait. Chaque fois, vous faites peser votre assiette à la caisse. En partant, on récapitule ce que vous avez mis dans votre assiette. Une addition au poids !

La cuisine brésilienne est extrêmement variée et vous aurez l’occasion de goûter à des viandes inédites en Europe : du pécari (sorte de cochon sauvage), de l’agouti (gros rongeur), mais aussi des poissons d’eau douce (coumaru), etc… Et toute la gamme des fruits tropicaux, en lamelles ou en jus. Abusez également de l’aqua de coco (eau de coco), c’est rafraîchissant, naturel et peu calorique. Mais ne quittez pas Bahia sans avoir goûté à ses crevettes parfumées au curry de coco mêlées de cacahuètes, ou à ses grillades de poissons : dégustées dans de petits restaurants coincés entre deux roches en baie de Paraty et auxquels on n’accède qu’en bateau (photo ci-dessous), vous vivrez un vrai moment de délices…

Ilha do Catimbau, région de Paraty au Brésil

 

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