boulerecit.jpgBali, tout le monde connaît, ou en a entendu parler. Certains sont venus, d’autres reviennent, les prochains espèrent encore. Lombok, on situe moins… c’est pourtant l’une des îles les plus intrigantes de l’archipel indonésien, et encore presque sauvage tout en restant accessible facilement. Son atout : être situé à 45 mn de vol de Bali ; lorsque les Australiens (et Japonais) se lassent de l’île touristique, ils filent à tire d’aile se poser sur Lombok, moins développée.

Jukung, bateau traditionnel dans le lagon de Gili Meno

Nous, nous avons choisi l’une des trois îles minuscules blotties entre ces deux grandes îles : un groupe de trois, nommées les Gilis. Gili Trawangan, et sa vie nocturne animée (la préférée des Australiens) ; Gili Meno, quelques hôtels et à peine plus de restaurants de plages ; et Gili Air, tout juste un atoll et quelques hôtels discrets (dont vous apercevez la plage sur la photo ci-dessus, au-delà de la jukung, cette pirogue traditionnelle à balancier). A l’arrière-plan on devine les montagnes de l’île de Lombok.

 

Gili Meno, notre eden pour une semaine, nous accueille à 21:30, après une longue journée de voyage, depuis Kuta, la station touristique de Bali sur laquelle nous étions ancrés depuis cinq jours, sans grand agrément parce que trop touristique (pas notre tasse de thé…). On peut faire plus court comme transfert, mais je l’ignorais encore jusqu’à ce matin : il suffit de prendre le vol de 45 mn depuis Bali jusqu’à Lombok, puis 45 mn de bus entre l’aéroport de Lombok et l’embarcadère pour les Gilis, puis 30 mn de bateau navette pour accéder à Gili Meno. Encore eut-il fallu le savoir…

Plage et lagon sur l’île de Gili Meno, face à Lombok

Gili Meno est un hâvre de paix, peu de touristes et peu de vendeurs solliciteurs. Ici, très peu de vie nocturne, une fois que les derniers restaurants de plage ont rangé leur barbecue, les retardataires sirotent leur dernier cocktail ou leur jus de mangue, avachis (on peut le dire… nous en faisons autant !) sur de vastes lits de bambous au toit de palme rangés face au lagon, puis chacun retrouve le confort plus ou moins chiche de sa chambre d’hôtel. Ici les backpackers peuvent dormir pour 1 € la nuit ! Je n’ai pas vu l’endroit mais ils sont une dizaine à arriver ici chaque jour, sac au dos, tongs aux pieds. Pour des séjours plus « luxueux » vous pourrez avoir un charmant bungalow de bois surélevé, comprenant chambre et moustiquaire, salon, salle de bains à toit ouvert (sympa la douche sous les étoiles) et climatisation. Le tout pour 45 US$ la nuit. Pour les repas, ce sera riz ou nouilles frites, poissons et parfois frites – les fameuses French Fries ! – (pas vraiment dorées, mais ils les servent avec de la mayonnaise, ce qui plaira à nos amis Belges).

 

Peu de touristes en fait ici, parce que peu d’hôtels : vous pourrez profiter des plages quasi désertes. Lors de nos trois premiers jours, nous avions l’impression d’être tout juste une vingtaine d' »étrangers » sur l’île, en sus des 125 habitants à l’année. Nous nous saluions aimablement en nous croisant sur le chemin pavé qui permet à deux petites carioles de bois tirées par des poneys de véhiculer d’un bout à l’autre de l’île les plus paresseux ou les charges plus volumineuses. Ici, point de véhicule à moteur ! Et c’est si rare en Indonésie qu’on peut se permettre de l’apprécier sans condition. Pas de voiture, pas de mobylette, pas de scooter. Pas de pollution ! Les seuls moteurs que nous entendons, parfois, sont ceux des pirogues à balancier (les jukungs) qui s’élancent au-delà du récif pour pêcher les carangues, thons, barracudas qu’on nous propose au dîner. Le matin, blottis confortablement dans l’un des dix bungalows de bois sombre du Gazebo Hotel, nous nous réveillons très tard au chant des oiseaux qui, seuls, troublent le sommeil du touriste fatigué par ses séances de snorkeling de la veille.

 

Le snorkeling (pour les non-initiés il s’agit de nager en surface avec palmes, masque et tuba pour admirer les poissons et les coraux), est ici un atout supplémentaire. Plongeurs avant tout, et donc peu enclins à rester en surface, nous prenons tout de même plaisir à, pour une fois, admirer toute cette faune indonésienne sans plus d’effort qu’un battement de chevilles de temps en temps pour avancer de quelques mètres : bancs de sergents-majors, poissons-clowns, poissons-papillons et chirurgiens, balistes picasso, bourses, poissons-coffres, nasons, carangues, et même… une énorme tortue carette qui se promène nonchalamment moins de trois mètres sous nos palmes. Parce qu’ici on vient aussi pour les tortues qui reviennent chaque année pondre au même endroit.

 

La faune sous-marine indonésienne est réputée pour sa richesse, et Gili Meno ne fait pas exception. Nous avions déjà profité de toute cette incroyable variété lors du tournage de notre épisode en Indonésie en septembre-octobre 2006, puis à Bali en octobre. Dans quelques jours nous plongerons de nouveau autour de Bali, pour renouer avec le plaisir de fouiller les alcyonnaires à la recherche de l’hippocampe pygmée, du nudibranche encore inconnu et observer le mimic octopus sur le sable noir des fonds balinais. Peut-être aurons-nous la chance d’admirer les fameux mola-mola, ces poissons-lune d’environ trois mètres d’envergure. Mais pour l’instant, nous profitons du snorkeling et on nous a promis tortues et raies manta pour cet après-midi !…

 

PS : un grand merci à notre ami et ingénieur du son Jean-Baptiste Benoît qui m’avait parlé de Gili Meno il y a trois semaines pendant que nous étions en tournage ensemble aux Marquises et aux Tonga. Sans sa recommandation (il y est venu récemment en famille), nous n’aurions sans doute même pas tenté l’expérience, et ma foi, après un tournage fatigant, c’est tout de même du bonheur que de pouvoir buller tranquillement sur une île quasi déserte !

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