Plongée sous-marine MarseilleHier le mistral soufflait légèrement sur Marseille et la mer faisait le bonheur des surfeurs, voiliers et kite-surfeurs. Mais ce matin, heureusement, c’est une mer d’huile qui nous attend sous un ciel parfaitement dégagé. Les vacanciers ont envahi les appartements de location et les plages affichent complet. Puisque le vent a eu la courtoisie de s’évanouir pendant la nuit, c’est avec plaisir que je monte à bord du bateau du centre de loisirs des Goudes ancré dans le petit port du même nom.

Marseille plongée site Caramassaigne

Les Goudes, c’est un village charmant du bout du monde : Marseille s’arrête quelques centaines de mètres plus loin, acculée à la Méditerranée, et à moins de vous jeter à l’eau ou d’embarquer sur un esquif, vous serez obligé de faire demi-tour pour regagner vos pénates. On ne vient ici que poussé par la curiosité, s’étonnant d’être pourtant encore dans le 8ème arrondissement de Marseille. Vous Parisiens qui avez une certaine idée du 8ème, ne souriez pas : le 8ème marseillais est d’une beauté sauvage qui n’a rien à envier aux vitrines luxueuses de vos Champs-Elysées. Ici les cabanons succèdent aux petits restaurants (goûtez la friture de supions en terrasse Chez Paul), et la plongée se pratique avec cet unique centre de plongée des Goudes tenu par Bertrand, affable Lyonnais installé dans ce dernier repli calcaire de la ville.

Caramassaigne… quel nom ! Je l’ai fait répéter plusieurs fois avant d’être capable de l’orthographier correctement : Carabosse, caramel, Mascareignes, les noms s’entremêlent pour un site de plongée marseillais dont je n’avais jamais entendu parler. Si l’un d’entre vous sait d’où vient cette appellation, qu’il me renseigne !

C’est malgré tout le nom du site que nous avons exploré ce matin, par vingt mètres de fond maximum, et dans une eau toujours à 17°. Je ne dirai plus que j’avais froid en fin de plongée, il paraît que je le dis trop souvent… Alors compagnes d’infortunes, faites comme moi désormais : grelottez en silence ou on se gaussera alentour…

Marseille plongée site CaramassaigneLe bateau est vitré, ce qui permet de contempler les îles que nous longeons, mais à l’abri du vent. J’apprécie ! Curieusement ce matin je me sens flotter dans ma combinaison 7 mm et je suis plutôt surprise : je l’ai portée la semaine dernière et je n’avais jamais entendu dire jusque là qu’une combi néoprène pouvait se relâcher au point de me faire ressembler à un poupon dans un pyjama trop ample. La combi vrille sur mes chevilles et j’ai beau tenter de l’équilibrer entre mollets et cuisses, rien n’y fait ! Mais c’est en enfilant les manches que la vérité se fraye un chemin dans mon esprit décidément ralenti ce matin : j’ai l’impression d’entrer dans la combinaison d’un cosmonaute et mes mains atteignent à peine les manchons !

Alors que nous avions fait sécher nos combinaisons la semaine précédente, l’Homme a enfourné la mienne dans son sac tandis qu’il déposait la sienne sur le mien ! Hier, il a plongé à l’étroit, en se plaignant des découpes. Ce matin nous réalisons l’échange qu’il a effectué, et c’est une explosion de rire sur le bateau… Il suffit de lire « Lady » sur ma combi au moment où nous arrivons sur le site de plongée pour savoir qu’il me reste une minute pour me changer et enfiler mon vêtement, à ma taille cette fois.

Ce petit malentendu résolu, il est temps de passer à l’eau, à l’aplomb de la pointe de l’île de Riou. Petit choc thermique en entrant dans les 17° (mais j’ai promis de ne plus faire de commentaire sur ce sujet…) et je rejoins l’Homme qui s’est adjoint depuis trois jours la collaboration d’une jeune monitrice pleine de bonne volonté : elle a joué les modèles en mon absence et aujourd’hui l’Homme veut photographier deux plongeuses dans le décor du site de Caramassaigne. Nous piquons tous les trois sous la surface.

Très vite je découvre un nouveau paysage sous-marin, celui que j’ai tant admiré dans les livres consacrés aux fonds méditerranéens : un petit banc de sars nous ouvre le chemin vers le fond, et nous atteignons très vite les vingt mètres pour découvrir les premières gorgones jaunes, petites et délicates. Mais au-delà, à flanc de paroi, un rideau épais de gorgones rouges, roses, violettes, et parfois bleues dans laquelle nous passons quinze bonnes minutes, tentant de réaliser LA photo voulue par l’Homme qui a du mal à gérer deux plongeuses qui ne sont pas habituées à travailler ensemble. Faire le modèle seule devant un photographe, c’est déjà difficile. Mais concilier à deux des poses statiques dans un environnement fragile que nous hésitons à perturber n’est pas chose aisée…

Marseille plongée site CaramassaignePlus loin c’est Morgane qui pose seule derrière un bouquet de gorgones violettes duveteuses, ce qui me laisse le temps de fouiller alentours et d’admirer la flore. Un gros spirographe se dresse en premier-plan mais il disparait sitôt effleuré par la chaleur du faisceau de lampe de Morgane. Nous repartons en exploration, pour quelques mètres…

Là, c’est un tapis d’éponges jaunes qui nous tend littéralement des bras dodus, irrésistibles. Et sous la roche en question l’Homme débusque une grosse rascasse, qui ressemble étrangement à mes poissons-scorpions des tropiques. La rascasse de la bouillabaisse marseillaise…

Au-delà nous retrouvons des gorgones épaisses, velues, qui égrènent la gamme du rose, du clair au thyrien. Enfin ! Me voici bel et bien en Méditerranée !…

Morgane nous fait alors comprendre qu’il est temps de rebrousser chemin pour rejoindre le mouillage du bateau et nous croisons encore quelques poissons aux flancs d’argent. Il nous faut faire un léger palier, ayant traîné un peu trop longtemps au fond, puis nous remontons sur le bateau pour rejoindre le port.

Sur les roches de l’île de Riou, les albatros nous surveillent étroitement et nous saluons de la main les plongeurs d’un autre bateau. Tous ont le sourire, comme nous. Mais si j’en crois ce que je viens de découvrir, à Marseille les plongeurs sont forcément heureux…

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