Récit de plongée île MauricePereybère, au Nord de l’île Maurice. C’est ma troisième plongée de la journée dont la première se déroulait à – 45 mètres, crevée !… Au large de Pereybère, à 40 minutes en bateau de Trou aux Biches, c’est la toute première fois que je descends sur ce site nommé « Jardin de Corail« . Comme quoi il me reste encore des explorations à faire !

Grondin volant île Maurice


J’ai l’appareil photo et je suis en binôme avec un niveau III qui fait de la vidéo. Il dit avoir plongé un peu partout dans le monde, mais il n’a franchement pas l’œil !… Nous suivions Hugues qui a déniché rapidement un grondin (photo dessus), avec ses ailes déployées tel Icare, quand j’ai découvert un superbe magnifique splendide inattendu nudibranche long comme mon index, d’un velours vert bouteille strié de noir, arborant une houppette de branchies et l’ourlet de sa jupe orange fluo ! L’élégance du nudibranche…

Chaque fois je me fais la réflexion que ces bestioles sont des exemplaires uniques, peintes au pinceau dans un labo sous-marin avant d’être dispersés sur les récifs pour le plaisir des plongeurs ! Ensuite sur ces fonds très riches en coraux durs et mous, j’ai photographié trois petites rascasses volantes, une énorme étoile de mer, un bel ange empereur à peine adulte, un poisson flûte presque transparent, une vieille à queue de lyre et ses petits, deux tamarins noirs juvéniles à gros pois blancs,… Un petit aquarium grandeur nature.

Hugues a extirpé un gros poisson-pierre niché sur le corail et a dégagé une épine du bout du doigt pour en extraire le venin mortel, habile démonstration destinée à rendre les plongeurs précautionneux. Puis nous avons joué sur quelques petits champs d’anémones et de poissons dominos qui devrait donner une belle photo en grand angle.

Mais l’attraction du jour, c’était surtout ce type qui s’est mis à l’eau tout nu ! Il fêtait sa 100ème plongée, et il paraît (c’est sa femme qui l’a dit !) qu’il est de tradition de faire sa plongée tout nu. Pourquoi pas ?!… Mais quand on est bâti comme un échalas, et qu’on a un truc trop long (oui mesdames ! ça existe !!!) qui pendouille tristement entre les jambes, on fête sa 100ème dans sa baignoire !!!… Ou bien on demande à sa femme de lui redonner un peu de tonus ! Mais on n’impose pas ce spectacle à une palanquée de plongeurs morts de rire. Imaginez maintenant ce truc en liberté dans l’eau, sous le nez des plongeurs, tout rabougri cette fois sous l’effet du froid et blanc comme un morceau de seiche… Avant la mise à l’eau Hugues lui a recommandé, mi-figue mi-raisin, d’éviter les murènes et les balistes ! Sous l’eau, même s’il prenait soin de rester derrière nous, nous voyions surtout ses fesses éclatantes sous la clarté des rayons lumineux qui transperçaient la surface. Au palier, deux globes laiteux s’agitant parmi les combinaisons néoprènes des confrères. Je ne sais pas pourquoi ils étaient plus enthousiastes à l’idée de ma 100ème à moi…

🙂

extrait de mon journal de plongeuse, Pereybère, île Maurice
(2 décembre 2001)

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