Plongée Maurice, rascasse volante (Pterois miles)

J’ai laissé passer trois ans avant de revenir sur cette île que j’aime tant, trois ans sans plonger dans ses eaux riches d’une faune diversifiée. Je suis enfin de retour !

Ce matin j’ai plongé sur le site de Bellevue, au large de Grand Baie, dans les eaux de l’île Maurice. Une plongée toute en douceur, sans aucun courant, dans une eau à 24°, un peu chargée en suspensions : c’est normal, nous sommes à quelques jours de l’été austral, en fin de saison d’hiver.

Ma première plongée sur l’île Maurice depuis juin 2008, si vous saviez comme c’est bon !…

J’ai enfilé ma combinaison 3mm avec quelque difficulté. Non je n’ai pas grossi ! Mais elle était on ne peut plus sèche, manquant de souplesse. Les habitués savent qu’après une ou deux plongées la combi est plus facile à enfiler.

Je suis montée sur le bateau du centre Mascareignes Plongée, attaché au charmant hôtel 20° Sud, et nous sommes partis pour 7 minutes à une allure de croisière. Puis j’ai vérifié mes palmes, fixé mon ordi de plongée au poignet, ajusté mon masque et… bascule arrière au large de Grand Baie.

Première impression : une eau chargée en particules donc, et le grand bleu. Les oreilles passent, je suis toute seule avec Jean Lincoln, moniteur et ami mauricien de longue date.

Curieux comme les années s’estompent sous l’eau ; je retrouve mes marques, j’ai l’impression que c’était hier, que je n’ai pas laissé passer autant de temps entre ma dernière plongée ici et mes retrouvailles aujourd’hui avec les poissons chirurgiens bleus qui festoient quelques vingt mètres sous mes palmes.

Descente tranquille…

Étrange destin pour ce pataud qui n’a d’autre option que de se laisser tanguer dans le faible courant…

À 26 mètres nous croisons un banc de lutjans se laissant bercer au-dessus d’un petit éboulis de coraux sur un fond de sable blanc renvoyant la lumière du soleil vers la surface. Puis deux petites murènes tatouées : de fins colliers de perles noires ornent le cou de ces graciles demoiselles couleur coquille d’oeuf tandis qu’elles avancent la tête pour mieux nous voir, laissant apercevoir leurs fines dents acérées.

Je croise un poisson coffre pintade, museau en l’air, presque impertinent.

Puis des poissons chirurgiens à palette, d’un beau bleu roy avec cette étrange virgule noire sur le flanc. Ici, un petit lambi (on ne les mange pas à Maurice tandis qu’aux Bahamas on les transforme en une salade de conque d’une fraîcheur à se damner).

Ailleurs, d’autres coquillages actifs, rampants sur le sable pour rejoindre l’abri des coraux le plus rapidement possible. Non loin veillent des prédateurs friands de coquilles.

Maurice, poisson feuille sous anémone (Taenianotus tricanthus)

Un groupe d’anémones aériennes à la jupe écarlate attire mon attention : sous leurs tentacules ondoyantes, elles abritent non seulement les incontournables poissons dominos (des juvéniles, moins de 3cm de haut, noirs) mais aussi un couple de poissons-feuilles rose thyrien (photo ci-dessus).

Étrange destin pour ce pataud qui n’a d’autre option que de se laisser tanguer dans le faible courant du fait de sa silhouette ressemblant à une feuille fanée. Grâce à ses deux petites pattes latérales dotées de ce qui semblent être 3 doigts, il se déplace en sautillant plus qu’en nageant, sans perturber les maîtres des lieux : les fameux poissons-clowns.

26 minutes de plongée, je commence à ressentir la température de l’eau ne dépassant pas les 24° en cette fin octobre, je ne suis qu’en combi 3mm. Mais pas question de remonter si vite, nous poursuivons notre lente exploration.

Rascasses volantes, plusieurs, alignées sous un corail. Sagement rangées, nageoires venimeuses repliées.

Une seconde murène tatouée, solitaire celle-ci, dissimulée sous la jupe d’une autre anémone.

Des anthias, à foison, qui mettent le feu à l’océan.

Un gaterin noir et blanc, hésitant entre le stade juvénile et l’âge adulte. Sans doute un adolescent en goguette, en quête de son identité.

Et puis les poissons-trompettes, jaune citron. Puis les gris. 

Des bouquets de coraux mous, d’un rose layette, à perte de vue. Une ponte de nudibranche, douce corolle en forme de rose agrippée à une roche. Et une étoile de mer à cinq branches aussi grosses que mes avant-bras ! Jamais vu une étoile aussi grosse dans aucun autre océan.

Ils étaient tous là, pour moi, ce matin. Pour célébrer mes retrouvailles avec l’océan Indien, avec les plongées de l’île Maurice.

Sous l’eau, j’ai grandi ici en compagnie de mes amis formateurs de qualité. Je suis on ne peut plus heureuse de tous les retrouver, ainsi que leurs membres d’équipage tel Navin qui a connu mes débuts en plongée sous la houlette de Hugues Vitry. Infiniment reconnaissante à tous ces messieurs de m’avoir offert la meilleure des formations en plongée sous-marine dans les eaux poissonneuses de l’île Maurice.

C’est une plongée au Nitrox qui aura duré 56 minutes au total, dont 13 minutes de palier (oh…), avec une profondeur maxi de 26,8 mètres. Une plongée tranquille, sans stress ni courant, parfaite pour une remise en palmes. Une plongée à l’image de Jean Lincoln et de son centre Mascareignes Plongée : peu de plongeurs, et que du bonheur.

Et je replongerai demain matin !

Envie d’en apprendre davantage sur mes nombreux voyages et ma vie sur l’île Maurice ? Voici quelques pistes à explorer :

Cet article a été publié une première fois en octobre 2011 sur mon blog de voyages Un Monde Ailleurs (2004-2014), blog qui n’est plus en ligne à ce jour. Les articles re-publiés ici sont tous rassemblés sous le mot-clé « Un Monde Ailleurs ». J’ai ajouté davantage de photos à ces articles en les re-publiant mais malheureusement il a été impossible de réintégrer les commentaires liés à ces articles, seul le nombre de commentaires est resté indiqué.

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