boulerecit.jpgBronchite nourrit par la clim de l’avion entre Paris et Malé, insolation suite à une excursion d’une journée sur un dhooni trop exposé au soleil… je suis en mauvais état sous le soleil des Maldives. Et j’attends depuis une semaine de pouvoir être suffisamment d’aplomb pour me mettre à l’eau.

medium_Maldives-Beach-Vavvaru.jpgCe matin, je tousse moins et je me dirige, déterminée, vers le centre de plongée. Je sais que je ne devrais pas, mais il est hors de question que je reparte des Maldives sans avoir fait au moins une plongée. Je veux faire les deux prévues pour la journée.

Je me heurte d’abord à un Suédois adipeux et désagréable, seul présent au centre. Il me demande ma qualification en plongée, je lui montre ma carte délivrée par la Fédération Française. Il la repousse négligemment : ce n’est pas du PADI, formation prônée par son centre Euro Divers, et il la méprise. Il insiste pour que je fasse un baptême d’abord, alors que mon carnet de plongées affiche fièrement une trentaine de plongées en Martinique, à l’île Maurice et sur La Réunion. Je ne suis pas d’accord et m’y oppose : je lui montre mon carnet de plongées, validé par le tampon officiel et la signature de tous les centres qui m’ont reçu. Il y jette un œil et le fait glisser vers moi sur le comptoir, d’un geste méprisant « it’s not in English ! ».

Euh… non, bien sûr. Je suis Française et j’ai toujours plongé dans des structures francophones, et agréées par la Fédération Française. C’est la première fois que je plonge dans un centre PADI, formation américaine, et malgré ce que les magazines de plongée prétendent, je constate dépitée que l’accueil n’y est pas chaleureux comme on veut nous le faire croire.

Mon enthousiasme fond à vue d’œil, et il commence à m’agacer sérieusement ce sale type. Je demande à parler à son responsable. Il me jette « it’s me » alors que j’ai bien lu le nom d’un autre sur le tableau du centre, et non pas celui qu’il arbore sur son badge, tout en s’occupant ostensiblement d’un autre plongeur francophone à qui il sourit largement et avec lequel il plaisante ouvertement, un peu trop fort. Le Suisse est gêné, et visiblement il ne comprend pas bien cette hostilité. Il demande à l’autre où est le problème et lorsque je fais mine de m’éloigner en déclarant que je vais voir le responsable de l’hôtel pour régler ce problème, le Suédois me montre le local aux bouteilles et me désigne un autre plongeur qui attend déjà sagement à côté d’un équipement complet, et lâche un laconique « your buddy ».

En équipant ma bouteille de plongée, je réfléchis rapidement : le moniteur est hostile à ma présence, et je ne comprends pas du tout pourquoi. Je suis venue pour faire seulement 2 plongées puisque j’étais malade et que je repars dans 24 heures. Sans doute souhaitait-il me vendre un forfait complet avec les 6 plongées habituelles ?…

Il déclare que la mer n’est pas bonne (ah bon ?!… lagon turquoise et mer d’huile…), nous sommes quatre à plonger (plus lui) et il nous fait traverser le quart de l’île avec notre matériel sur le dos, merci pour la bouteille de 15 litres en acier, et nous emmène au bout du ponton d’amarrage des bateaux qui accostent. Il ne vérifie pas notre équipement à mon binöme Anglais et à moi, nous faisons notre check timide mutuel, puis saut droit par-dessus un enchevêtrement de fils barbelés le long du ponton : une chance sur deux de nous abîmer dès le départ !… Dès notre mise à l’eau nous constatons que ce gros con (désolée…) est déjà au moins à trente ou quarante mètres de nous, bien trop loin si nous avions le moindre problème. La visibilité est plus que moyenne, on le distingue à peine. Nous nous rapprochons instinctivement du récif avec mon binôme et commençons à palmer tranquillement. Nous croisons un poisson-perroquet qui se hâte vers d’autres ambitions, un anthias abandonné,… Où sont les poissons des Maldives ?!!!…

Loin devant nous le moniteur s’occupe de l’autre couple, lui montre des éléments que nous ne voyons pas d’aussi loin. Chaque fois que nous nous approchons de cet endroit, nous ne voyons rien d’intéressant. L’eau est verte et grise, chargée en plancton et silencieusement je croise les doigts pour revoir une manta, je n’ose espérer le requin-baleine… Mais foin de mythe !… Après avoir longé le récif pendant vingt minutes, le moniteur fait le signe du demi-tour et il rebrousse chemin accompagné de son couple suisse. Il nous croise sans nous faire le moindre signe pour nous demander où nous en sommes de notre autonomie en air, ni vérifier si nous n’avons pas de problème. Nous sommes à – 21 mètres. Interloquée, je croise le regard de mon binôme aussi surpris que moi et nous vérifions mutuellement notre autonomie. Il a consommé la moitié de sa bouteille sur cette plongée sans risque et sans surprise, il m’en reste un peu plus. Demi-tour malgré tout, je n’ai qu’un niveau I, je devrais être accompagnée obligatoirement d’un moniteur et en aucun cas être laissée seule avec un binôme qui, je vais l’apprendre dès notre sortie de l’eau, n’a aucune certification !

medium_Perroquet-et-chirurgien.jpgSur le chemin du retour, nous croiserons de nouveau deux ou trois perroquets verts, à peine une paire de poissons papillons. Ce récif est pourri, comme raclé par des ancres de bateaux, des coraux détériorés, aucun alcyonnaire, pas de couleurs. Je ne vais garder que le souvenir d’un bain vert de gris dans ces Maldives dont on chante les louanges !!!… Je suis extrêmement déçue par cette plongée, et comme ma toux me reprend avec l’air sec que je respire grâce au détendeur, je décide de ne pas payer de nouveau (et cher) pour une autre plongée que ce pauvre type s’arrangera pour me gâcher.

medium_Papillon-pakistanais.jpgLe lendemain je loue de nouveau le petit appareil photo et je pars en vadrouille dans le lagon, accompagnée de mon père. Je vais prendre dans parfois 50 cm d’eau des poissons de récif qui vont et viennent entre les coraux. Mon plaisir sera de les identifier à mon retour, avec le premier livre que j’achèterai sur la faune sous-marine de l’océan indien. Des photos qui n’ont aucune valeur (voir les clichés ci-contre et ci-dessus) sauf celle, à mes yeux, d’être mes premières photos sous-marines… et si mon unique plongée aux Maldives n’aura été qu’une déception, et un mauvais moment, les Maldives m’auront offert une nouvelle passion : celle de la photographie sous-marine ! Je n’aurai plus de cesse dorénavant de photographier les espèces, la flore et les épaves.

Et mon père venant de s’offrir l’un des premiers appareils numériques, j’ai eu l’occasion de jouer avec aux Maldives (voir l’autre article consacré aux Maldives) et… je m’en suis très vite offert un quelques mois plus tard. Les Maldives m’auront donc aussi offert la fièvre du numérique. Depuis, j’ai laissé tomber le Canon argentique et j’ai apprivoisé Photoshop !…

🙂

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